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Le nombre de personnes qui vivent avec la démence ne cesse d’augmenter. Cette hausse est attribuable à la croissance de la population âgée, qui devrait représenter 68 % de la population du Canada au cours des 20 prochaines années. On s’attend donc à ce que les systèmes de santé du Canada soient davantage sollicités.

La prestation de soins aux personnes âgées atteintes de démence comporte son lot de problèmes et de défis complexes, qui changent à mesure que la maladie évolue :

  • Puisque la majorité des personnes âgées atteintes de démence résident dans la collectivité, les médecins de soins primaires et les aidants naturels ont besoin d’un soutien adéquat pour gérer les soins de la démence.
  • En soins de longue durée, les personnes âgées atteintes de démence continuent d’être plus souvent placées sous contention et de recevoir des médicaments antipsychotiques potentiellement inappropriés, même si des changements de politique ont permis d’améliorer les tendances.
  • Les personnes âgées atteintes de démence sont hospitalisées plus souvent et plus longtemps. Leurs séjours plus longs à l’hôpital les rendent plus à risque d’y subir un préjudice, comme une infection urinaire, une pneumonie ou une chute.

Le présent rapport utilise les données et l’information de plusieurs sources pour mettre en relief les conséquences de la démence sur les systèmes de santé du Canada ainsi que sur les membres de la famille et les autres personnes qui fournissent des soins à la maison. Il s’inscrit également dans l’engagement qu’a pris l’ICIS à l’égard des questions touchant les personnes âgées et le vieillissement afin d’aider les décideurs du secteur des soins de santé à planifier les besoins futurs. Le rapport explore l’accessibilité et l’utilisation des services de santé comme les services à domicile, les établissements de soins de longue durée ou les centres de soins infirmiers, les services d’urgence, les hôpitaux et les soins de fin de vie. Il se penche aussi sur la démence à début précoce, l’état de préparation des médecins de famille, ainsi que la prévention et le traitement de la démence.

 

Principaux résultats

  • Parmi les personnes âgées de 85 ans et plus, environ une sur 4 a reçu un diagnostic de démence
    La population canadienne âgée de 65 ans et plus augmente; par conséquent, le nombre de personnes vivant avec la démence augmente lui aussi.

    La prévalence de la démence augmente de plus du double par tranche de 5 ans chez les Canadiens de 65 ans et plus, passant de moins de 1 % chez les 65 à 69 ans à environ 25 % chez les 85 ans et plus. La démence touche davantage les femmes que les hommes, et l’écart se creuse avec l’âge.

    Lire sur les conséquences de la démence pour les Canadiens  
  • Les personnes âgées atteintes de démence qui vivent à la maison ont besoin de soutien pour que tout se passe bien
    Environ 261 000 personnes âgées atteintes de démence au Canada résident à l’extérieur des établissements de soins de longue durée et des centres de soins infirmiers financés par le secteur public. Ces personnes âgées sont plus nombreuses que les autres à présenter une déficience cognitive grave, des comportements réactifs et des signes de dépression.

    Lire sur la démence à domicile et en soins communautaires  
  • Baisse du recours à la contention et aux antipsychotiques chez les personnes âgées atteintes de démence en soins de longue durée
    En 2015-2016, plus des deux tiers des résidents dans les établissements de soins de longue durée ou les centres de soins infirmiers étaient atteints de démence. Ces résidents sont plus à risque que les autres de prendre des antipsychotiques sans avoir reçu de diagnostic de psychose et d’être placés sous contention. Les changements de politique et les ressources de formation offertes dans ce domaine ont permis d’améliorer la situation dans plusieurs provinces qui soumettent des données à l’ICIS.

    Lire sur la démence en soins de longue durée  
  • Les personnes âgées atteintes de démence attendent plus longtemps à l’urgence et sont plus susceptibles d’être admises à l’hôpital et de subir des préjudices
    Étant donné que les patients atteints de démence ont besoin de soins complexes, ils passent plus de temps à l’urgence, ont des taux d’hospitalisations plus élevés et séjournent plus longtemps à l’hôpital que les autres personnes âgées. Les séjours plus longs sont l’un des motifs pour lesquels les personnes âgées atteintes de démence sont 1,5 fois plus nombreuses à subir des préjudices à l’hôpital que celles qui n’en sont pas atteintes.

    Lire sur la démence dans les hôpitaux  
  • Les Canadiens qui reçoivent un diagnostic de démence avant l’âge de 65 ans font face à des défis uniques
    Peu importe le type de soins reçus, la proportion de Canadiens atteints de démence à début précoce est d’environ 3 %. Bon nombre d’entre eux souffrent d’une forme rare et héréditaire de la maladie. Les Canadiens atteints de démence à début précoce peuvent être davantage victimes de préjugés liés à la maladie et ils doivent relever des défis uniques, car ils sont probablement encore sur le marché du travail.

    Lire sur la démence à début précoce  
  • Les médecins de famille au Canada se sentent moins prêts que ceux des autres pays à gérer les soins aux personnes âgées atteintes de démence
    La prestation de soins aux personnes âgées atteintes de démence peut s’avérer complexe. Les données de l’Enquête de 2015 du Fonds du Commonwealth auprès des médecins de famille montrent que seulement 41 % des médecins canadiens se sentent prêts à soigner ces patients. L’enquête, qui renferme des comparaisons internationales, révèle que les médecins des pays dotés d’une stratégie nationale sur la démence se sentent davantage prêts à gérer les soins aux personnes âgées atteintes de démence.

    Lire sur l’état de préparation des médecins de famille  
  • Les taux de blessures causées par une chute sont plus élevés chez les personnes âgées qui sont atteintes de démence et qui habitent un quartier à faible revenu
    Bien que toutes les personnes âgées soient sujettes aux chutes, les taux d’hospitalisations sont 23 % plus élevés chez les personnes âgées atteintes de démence qui habitent un quartier à faible revenu que chez celles qui habitent un quartier plus aisé. L’analyse explore les hospitalisations liées à une chute selon 5 niveaux de revenu.

    Lire sur la démence et les chutes  
  • Les personnes âgées qui ont reçu un diagnostic de démence sont moins susceptibles de recevoir des soins de fin de vie
    Les personnes âgées atteintes de démence ont un taux de mortalité plus élevé que les autres personnes âgées, mais elles sont moins susceptibles d’être orientées vers des soins de fin de vie, ce qui peut comprendre des médicaments appropriés pour soulager la douleur et des soins palliatifs.

    Lire sur les soins palliatifs et de fin de vie  
  • Plus de détresse et d’heures de soins déclarées par les aidants naturels
    Les aidants naturels des personnes âgées atteintes de démence passent plus de temps à dispenser des soins et éprouvent un degré de détresse plus élevé que les aidants naturels des autres personnes âgées. En effet, selon les données de l’ICIS, ils passent en moyenne 26 heures par semaine à s’occuper de leur proche, par rapport à 17 heures pour les aidants naturels des autres personnes âgées.

    Les aidants naturels des personnes âgées atteintes de démence sont presque 2 fois plus nombreux que les aidants naturels des autres personnes âgées à présenter des symptômes de détresse, comme la colère, la dépression ou le sentiment de ne plus pouvoir continuer à s’acquitter de leur rôle (45 % contre 26 %).

    Cette section du rapport présente également le récit de 2 aidantes naturelles qui nous ont parlé des défis auxquels elles se heurtent dans l’exercice de leur rôle.

    Lire sur les défis et le soutien des aidants naturels  

Le 22 juin 2017, le Canada est devenu le 30e pays à entamer une stratégie nationale sur la démence. Depuis l’adoption du projet de loi C-233, la Loi concernant une stratégie nationale sur la maladie d’Alzheimer et d’autres démences, le gouvernement du Canada travaille pour répondre à l’ampleur, aux conséquences et au coût de ces maladies. L’information et les données fournies dans le présent rapport ont pour but d’appuyer la prise de décisions sur les questions entourant les soins de la démence qui sont importantes pour les personnes atteintes de cette maladie, leurs aidants naturels et leurs dispensateurs de soins.