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Les changements de politique et les ressources de formation offertes favorisent la réduction du recours à la contention et de l’utilisation d’antipsychotiques inappropriés

En soins de longue durée, les personnes âgées atteintes de démence sont plus à risque d’être placées sous contention physique et de recevoir des médicaments antipsychotiques potentiellement inappropriés que les autres personnes âgées. Cependant, les changements de politique, de même que les programmes qui favorisent un changement de culture significatif dans les foyers de soins de longue durée, ont permis de freiner cette tendance dans les dernières années.

À un stade plus avancé de la démence, les personnes âgées doivent parfois emménager dans un foyer de soins de longue durée (aussi appelé centre de soins infirmiers) si le soutien qu’elles reçoivent à domicile ne suffit plus. Environ le tiers des personnes âgées de moins de 80 ans ayant reçu un diagnostic de démence vivent dans un foyer de soins de longue durée. Cette proportion s’élève à 42 % chez les 80 ans et plus, révèle une analyse de l’ICIS.

Le recours à la contention physique (comme les fauteuils roulants avec ceinture abdominale ou les lits avec enceinte) et à des antipsychotiques potentiellement inappropriés témoigne souvent du défi que représente la prise en charge des résidents qui ont des troubles à la fois physiques et mentaux, de même que des problèmes de comportementRéférence1Référence2.

« C’est un double défi. En plus des comportements à gérer, le déclin des fonctions cognitives chez les personnes âgées atteintes de démence signifie qu’elles ont de la difficulté à marcher ou à accomplir des activités de la vie quotidienne. Beaucoup de résidents ont besoin d’une aide complète notamment pour s’alimenter, se laver, se brosser les dents ou s’habiller. Le comportement difficile le plus fréquent est le refus des soins », affirme Nancy Cooper, directrice, Qualité et Performance, Ontario Long Term Care Association.

 

Apprenez-en plus sur la réduction du recours quotidien à la contention et de l’utilisation de médicaments antipsychotiques potentiellement inappropriés chez les personnes âgées atteintes de démence en soins de longue durée.

Voyez des exemples de changements de politique qui améliorent la qualité des soins aux résidents atteints démence dans les établissements de soins de longue durée.

Obtenez un aperçu des difficultés que rencontrent les membres du personnel des établissements de soins de longue durée lorsqu’ils prennent soin des personnes âgées atteintes de démence.

Voyez la variation des résultats des indicateurs de qualité comme l’utilisation quotidienne de la contention physique, l’utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques en soins de longue durée et les chutes chez les personnes âgées atteintes de démence.

 

Les changements de politique et les ressources de formation offertes contribuent à l’amélioration

Bien que l’utilisation quotidienne de méthodes de contention physique et de médicaments antipsychotiques potentiellement inappropriés chez les résidents atteints de démence en soins de longue durée demeure une préoccupation, les modifications apportées aux politiques et les différentes ressources de formation offertes au cours des 5 dernières années ont permis d’améliorer la tendance.

Recours à la contention chez les personnes âgées atteintes de démence : la tendance s’améliore sur 5 ans

Le recours à la contention chez les personnes âgées atteintes de démence a diminué entre 2011 et 2015, passant de 17 % à 7 % en Ontario, de 16 % à 9 % en Alberta et de 13 % à 10 % en Colombie-Britannique.

Recours à la contention chez les personnes âgées en soins de longue durée, pourcentage, 2011-2012 à 2015-2016 (taux non ajustés)

Le recours à la contention chez les personnes âgées atteintes de démence a diminué entre 2011 et 2015, passant de 17 % à 7 % en Ontario, de 16 % à 9 % en Alberta et de 13 % à 10 % en Colombie-Britannique.

Source
Système d’information sur les soins de longue durée, 2011-2012 à 2015-2016, Institut canadien d’information sur la santé.

Utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques chez les personnes âgées atteintes de démence : la tendance s’améliore sur 5 ans

L’utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques chez les personnes âgées atteintes de démence a diminué entre 2011-2012 et 2015-2016, passant de 38 % à 26 % en Ontario, de 34 % à 21 % en Alberta, et de 40 % à 31 % en Colombie-Britannique. Cette baisse est plus marquée chez les personnes âgées atteintes de démence que chez celles qui n’en sont pas atteintes.

Utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques chez les personnes âgées en soins de longue durée, pourcentage, 2011-2012 à 2015-2016 (taux non ajustés)

L’utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques chez les personnes âgées atteintes de démence a diminué entre 2011-2012 et 2015-2016, passant de 38 % à 26 % en Ontario, de 34 % à 21 % en Alberta, et de 40 % à 31 % en Colombie-Britannique. Cette baisse est plus marquée chez les personnes âgées atteintes de démence que chez celles qui n’en sont pas atteintes.

Source
Système d’information sur les soins de longue durée, 2011-2012 à 2015-2016, Institut canadien d’information sur la santé.

 

Exemples de changements de politique et de ressources de formation

Les modifications apportées aux politiques et les différentes ressources de formation offertes visaient notamment à apprendre au personnel comment gérer les comportements problématiques à l’aide d’une approche centrée sur la personneRéférence2Référence3. Les soins centrés sur la personne mettent l’accent sur la personne plutôt que sur la démence, et misent sur les points forts et les habiletés de la personne plutôt que sur ses faiblessesRéférence4.

Parmi les politiques ayant été modifiées, mentionnons la Loi sur les foyers de soins de longue durée de l’Ontario, en vertu de laquelle les foyers de soins de longue durée sont tenus de réduire autant que possible l’utilisation de la contention (chimique et physique). En réponse, l’initiative Soutien en cas de troubles du comportement en Ontario (STCO) a mis sur pied un programme collaboratif en 2010. Ce programme a pour but d’améliorer les services de santé offerts aux personnes âgées, aux aidants et aux familles de l’Ontario qui vivent ou doivent composer avec des troubles de comportements liés à la démence et à d’autres maladiesRéférence2. Ces comportements comprennent la violence verbale, la violence physique, les comportements socialement inappropriés ou perturbateurs et la résistance aux soins.

Dans le cadre de l’initiative Soutien en cas de troubles du comportement en Ontario, quelques employés dans les foyers de soins de longue durée de l’Ontario ont suivi une formation qui leur a permis d’acquérir des compétences particulières. Ces employés sont devenus les experts internes ayant pour mission de transmettre leurs connaissances. Ils ont montré aux autres à faire comme eux. Lorsqu’un foyer est doté d’une telle équipe, tout le personnel est mieux à même de gérer les soins aux personnes âgées atteintes de démence. — Nancy Cooper

Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, le Centre for Effective Practice et Qualité des services de santé Ontario ont lancé un projet visant à favoriser de bonnes pratiques de prescription d’antipsychotiques. De nombreux foyers de soins de longue durée ont participé à ce projet, ainsi qu’au programme national de réduction de l’utilisation des antipsychotiques de la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé.

En Alberta, l’initiative sur l’utilisation appropriée des antipsychotiques a éclairé les modifications aux normes sur les services de santé en soins de longue durée qui viennent la renforcer. C’est d’une initiative d’amélioration de la qualité qu’est né un projet pluriannuel en soins de longue durée, dirigé par le Seniors Health Strategic Clinical Network des Services de santé de l’Alberta (financé par le ministère de la Santé de l’Alberta). Dans les normes de 2016 sur les services de santé en soins de longue durée, la revue mensuelle obligatoire des antipsychotiques utilisés comme mesure de contention est essentielle à la réduction du recours aux antipsychotiquesRéférence5.

En Colombie-Britannique, la Continuing Care Health and Safety Association, SafeCare BC et l’Alzheimer Society of B.C. ont fait équipe afin d’offrir une formation sur les soins de la démence au personnel du secteur des soins de longue durée. Leur but était d’améliorer la qualité des soins offerts aux résidents et d’accroître la sécurité du personnel à l’aide d’approches de soins centrées sur la personne.

Les changements dans les pratiques sont toujours à l’étude, mais l’analyse de l’ICIS révèle qu’en moyenne, le recours à la contention physique et aux médicaments antipsychotiques a diminué considérablement de 2011-2012 à 2015-2016.

 

Difficultés liées à la prestation de soins aux personnes âgées atteintes de démence en soins de longue durée

Dans les foyers de soins de longue durée, 69 % des résidents étaient atteints de démence en 2015-2016. La proportion de résidents atteints d’une forme de déficience cognitive (dont la démence et d’autres affections comme les accidents vasculaires cérébraux ou les traumatismes) était de 87 %.

« La population en soins de longue durée a changé rapidement dans les 5 dernières années, devenant une population atteinte de démence modérée à sévère. Ce que nous savons c’est que si une personne est en soins de longue durée, elle a une déficience cognitive », ajoute Mme Cooper.

Il peut être fort difficile de dispenser des soins aux résidents atteints de démence dans les foyers de soins de longue durée. Outre une déficience cognitive grave (40 % des résidents), 50 % avaient des comportements réactifs, 31 % affichaient des signes de dépression et 82 % nécessitaient une aide considérable ou étaient dépendants dans les activités de la vie quotidienne.

 

Les soins aux résidents atteints de démence peuvent représenter un défi

Caractéristiques des personnes âgées atteintes de démence en soins de longue durée, 2015-2016
Caractéristiques % parmi les résidents atteints de démence

Source
Système d’information sur les soins de longue durée, 2015-2016, Institut canadien d’information sur la santé.

Déficience cognitive grave (échelle de rendement cognitif ≥ 4) 40 %
Tout comportement réactif (échelle des comportements agressifs ≥ 1) 50 %
Signes de dépression (échelle de mesure de la dépression ≥ 3) 31 %
Dépendance relativement aux AVQ (échelle hiérarchique des activités de la vie quotidienne ≥ 3) 82 %
Signes d’instabilité de la santé (échelle de mesure des changements dans l’état de santé, des maladies en phase terminale, des signes et des symptômes ≥ 1) 59 %
Au moins une occurrence d’errance dans les 7 derniers jours 21 %
Au moins une hospitalisation dans les 90 derniers jours 6 %
Au moins une visite à l’urgence dans les 90 derniers jours 4 %

Voyez les caractéristiques des personnes âgées atteintes de démence qui reçoivent des services à domicile et des soins communautaires dans le tableau Les soins aux personnes atteintes de démence peuvent représenter un défi.

 

Les résultats des indicateurs de qualité en soins de longue durée varient

Les indicateurs de qualité donnent de l’information importante sur les aspects de la santé comme les capacités fonctionnelles, la sécurité et la qualité de vie. Leurs résultats servent à améliorer et à maintenir la qualité de vie des résidents en soins de longue duréeRéférence6.

Malgré les améliorations importantes au chapitre de la réduction du recours à la contention et aux médicaments antipsychotiques, les résidents atteints de démence en soins de longue durée affichaient des résultats moins souhaitables que les autres résidents pour certains indicateurs de qualité (taux non ajustés). En particulier, en 2015-2016,

  • le pourcentage de résidents atteints de démence qui prenaient des antipsychotiques sans avoir reçu de diagnostic de psychose était plus de 2 fois celui des résidents qui n’en étaient pas atteints (27 % contre 11 %);
  • le pourcentage de résidents sous contention physique quotidienne était 3 fois plus élevé chez ceux atteints de démence que chez ceux qui n’en étaient pas atteints (9 % contre 3 %);
  • le pourcentage de résidents ayant fait une chute était plus élevé chez ceux atteints de démence que chez ceux qui n’en étaient pas atteints (16 % contre 11 %).

Pour d’autres indicateurs de qualité — comme les infections, les nouveaux ulcères de pression, et l’aggravation des problèmes d’humeur ou des symptômes de dépression — les résidents atteints de démence affichaient des résultats comparables à ceux qui n’en étaient pas atteints.

 

Les résultats aux indicateurs de qualité varient chez les personnes âgées en soins de longue durée selon qu’elles sont atteintes de démence ou pas

Indicateurs de qualité chez les personnes âgées avec et sans démence en soins de longue durée, 2015-2016 (taux non ajustés)
Indicateur de qualité (taux non ajustés) Avec démence Sans démence

Source
Système d’information sur les soins de longue durée, 2015-2016, Institut canadien d’information sur la santé.

A pris des antipsychotiques sans diagnostic de psychose 27 % 11 %
Contention physique quotidienne 9 % 3 %
A fait une chute 16 % 11 %
Détérioration ou dépendance relative à la performance dans les AVQ associée à une perte d’autonomie intermédiaire (transfert ou déplacement) 40 % 32 %
Détérioration des fonctions cognitives 12 % 9 %
Aggravation des symptômes comportementaux 14 % 8 %
A une ou plusieurs infections 9 % 11 %
Aggravation d’un ulcère de pression de stade 2, 3 ou 4 3 % 3 %
A un nouvel ulcère de pression de stade 2, 3 ou 4 3 % 3 %
Aggravation des symptômes de dépression 23 % 22 %