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La plupart des personnes âgées au Canada désirent rester chez elles aussi longtemps que possible. Pourtant, certaines personnes ayant des limitations physiques ou des problèmes de santé légers à modérés sont admises en soins de longue durée même si elles auraient pu recevoir des soins à domicile avec le soutien approprié.

Notre dernière analyse mesure le pourcentage de personnes nouvellement admises en soins de longue durée qui présentent des caractéristiques de santé semblables à celles recevant des soins à domicile avec le soutien formel approprié. Nous avons découvert qu’en 2018-2019, environ un résident nouvellement admis en soins de longue durée sur 9 aurait pu recevoir des soins à domicile. Cela représente plus de 5 000 places en soins de longue durée dans les provinces et les territoires déclarants.

La plupart des gens se réjouissent de vivre chez eux le plus longtemps possible. Par le fait même, ils contribuent à réserver les lits en soins de longue durée aux patients qui ont des besoins complexes et exigent des soins continus. Les données recueillies par l’ICIS peuvent mettre en évidence les lacunes dans les services et susciter des changements qui améliorent concrètement l’expérience en matière de soins de santé des patients et de leur famille.  — Mélanie Josée Davidson, directrice, Performance du système de santé

Environ un résident nouvellement admis en soins de longue durée sur 9 aurait pu recevoir des soins à domicile.

Pourquoi certaines personnes sont-elles admises en soins de longue durée de façon précoce?

Les résidents admis en soins de longue durée et les membres de leur famille nous ont décrit les divers obstacles au maintien à domicile :

La difficulté à cheminer dans le système de santé — L’incertitude concernant les personnes à joindre, les services offerts, le temps requis pour coordonner les services et le manque de continuité dans le système de santé ont entraîné des difficultés et de la confusion pour certaines personnes.

Les obstacles financiers — Les programmes publics de financement des services à domicile ne couvrent pas tous les frais associés au maintien d’un patient à la maison. Certaines familles ont donc dû engager des dépenses personnelles importantes. Les personnes vivant en région rurale ou éloignée ont dû assumer des frais de déplacement plus élevés pour les rendez-vous médicaux et composer avec la disponibilité limitée du soutien et des services à domicile.

Le manque de réactivité — Les répondants ont insisté sur l’importance de la fiabilité du personnel, de même que sur la nécessité d’offrir des services adaptés aux besoins changeants de la personne qui les reçoit.

La difficulté d’obtenir des services spéciaux — Les répondants ont souligné la nécessité d’offrir du soutien social et affectif, de l’aide pour les besoins non médicaux et des services adaptés à leur langue et à leur culture.


Les nouveaux résidents en soins de longue durée qui auraient pu recevoir des soins à domicile sont plus susceptibles de vivre en zone rurale et de vivre seuls comparativement aux autres nouveaux résidents.

Quelles personnes auraient pu recevoir des soins à domicile?

Par rapport aux habitants des régions urbaines, les personnes vivant en région rurale étaient 50 % plus susceptibles d’être admises en soins de longue durée alors qu’elles auraient pu recevoir des soins à domicile. Le nombre réduit de services à domicile offerts dans les régions rurales et éloignées peut expliquer ce résultat.

Même si leurs besoins en matière de soins sont plus légers, les personnes vivant seules étaient 2 fois plus susceptibles d’être placées en soins de longue durée que celles qui habitent avec des proches.


Comme pour les autres nouveaux résidents, 2 sur 3 sont des femmes, et plus de 50 % ont 85 ans ou plus.

Au Canada, les femmes sont plus nombreuses à être admises en soins de longue durée, car elles vivent en moyenne plus longtemps que les hommes. Pour cette raison, elles sont plus susceptibles de vivre seules et moins susceptibles de pouvoir compter sur le soutien d’un aidant naturel, ce qui peut contribuer à leur admission précoce en soins de longue durée.

Quelles sont les répercussions de la COVID-19 sur les soins de longue durée?

Les données recueillies dans le cadre de cette analyse précèdent la pandémie de COVID-19. Or, la pandémie a entraîné des difficultés persistantes, particulièrement dans le secteur des soins de longue durée. En effet, un nombre élevé de décès et d’éclosions attribuables à la COVID-19 a été observé dans les établissements de soins de longue durée, les résidences avec services et les autres résidences pour aînés au pays. Cette nouvelle réalité a souligné la nécessité de réserver les soins de longue durée aux personnes qui en ont le plus besoin. Les données de l’ICIS peuvent établir un cadre de référence qui permettra aux Canadiens de recevoir les soins dont ils ont besoin, au bon moment et dans le milieu approprié.

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