Avant d’éloigner leur bateau-dragon du quai, les membres du Team Transplant lancent vers le ciel quelques œillets verts en souvenir des êtres chers disparus et des donneurs qui leur ont fait le cadeau de prolonger leur vie.

Donna Fleming, âgée de 64 ans, a fondé Team Transplant il y a 20 ans dans le but de rassembler les receveurs d’organes, les patients en dialyse, les travailleurs de la santé, les proches des donneurs et les personnes toujours en attente d’une transplantation

« Nous avons créé des liens forts — les membres de l’équipe, ce sont des amis pour la vie », témoigne Donna. « Tristement, nous en avons perdus plus d’une dizaine au fil des ans. »

Mme Fleming reconnaît la chance qu’elle a eue. Née avec un seul rein fonctionnel, elle avait à peine 16 ans lorsqu’elle a commencé à subir de la dialyse à l’Hôpital pour enfants de Toronto, à raison de 3 fois par semaine. Ces soins, qui demandent beaucoup de temps, l’ont forcée à terminer sa dernière année du secondaire en deux ans plutôt qu’un.

« J’avais l’habitude de dire que la dialyse enlise les patients dans une routine : le traitement de dialyse, les médicaments, le régime alimentaire spécial… tout tournait autour de moi », relate Donna.

Puis, en 1973, 8 mois après avoir commencé les traitements de dialyse, elle reçoit un rein d’un donneur décédé. Ce rein, qu’elle appelle affectueusement son « haricot », lui a permis de vivre une vie active et en santé pendant 46 ans.

Mme Fleming reconnaît que son cas est exceptionnel. En effet, les plus récentes statistiques de l’ICIS sur les dons d’organes montrent que, si 74 % des Canadiens ayant subi une transplantation rénale ont un rein encore fonctionnel après 10 ans, seulement 16 % des Canadiens en dialyse survivent au-delà de cette période.

Les résultats pour les receveurs d’une transplantation sont liés à la survie des organes greffés, tandis que les résultats des traitements par dialyse sont liés au taux de survie des patients. Si le rein transplanté cesse de fonctionner normalement, le patient peut se tourner vers la dialyse. Après avoir joui d’une bonne santé pendant 46 ans, Mme Fleming doit retourner à la dialyse. Cette fois-ci, il s’agit de dialyse nocturne, ce qui l’oblige à passer 3 nuits par semaine à l’Hôpital général de Toronto, mais lui permet d’occuper un emploi de jour comme transcriptrice médicale au centre de santé St. Joseph’s.

« Retourner à la dialyse a été une des choses les plus difficiles que j’ai eues à faire dans ma vie », confie Donna. « Je pensais y être prête, mais quand le jour J est arrivé après une si longue pause, j’ai fondu en larmes. La dialyse accapare le quotidien. »

Donna subit actuellement des examens devant déterminer si sa santé est suffisamment stable pour qu’elle reçoive une seconde transplantation. Entre temps, elle fait tout pour demeurer aussi active et en santé que possible.

En attendant la suite des choses, elle travaille activement à faire entendre son message : les dons d’organes sauvent des vies.

« Le rein que j’ai reçu vaut tout l’or du monde. Il est encore là et fonctionne encore comme il le peut », explique Donna. « Je suis reconnaissante d’en avoir profité si longtemps, et que mon cas puisse donner espoir à d’autres greffés. »

Donna Fleming tient d’une main la mascotte du Team Transplant et, de l’autre, le prix Gloria Santini qu’on lui a décerné pour son travail de sensibilisation au don d’organes et à la transplantation

Ressources connexes

Transplantations d’organes au Canada : statistiques annuelles du RCITO, 2018