Le 29 septembre 2016 — La santé de la population canadienne s’est grandement améliorée au cours des 50 dernières années, mais lorsqu’on le compare à des pays semblables, le classement relatif du Canada n’a pas changé. Selon le dernier rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), le nombre d’années potentielles de vie perdues (APVP) a diminué au Canada entre 1960 et 2010, passant de 9 113 à 3 113 APVP par 100 000 habitants. Malgré cette amélioration de 66 %, la performance du Canada s’est maintenue dans la moyenne au fil du temps, alors qu’un certain nombre de pays semblables ont connu une amélioration plus marquée.

Dans le rapport Performance du système de santé canadien à l’international sur 50 ans : regard sur les années potentielles de vie perdues, les APVP sont définies comme une mesure de la mortalité prématurée qui donne une estimation du nombre d’années additionnelles qu’une personne aurait vécues, n’eût été son décès avant l’âge de 70 ans. Autrement dit, une personne qui meurt à 50 ans perd 20 années potentielles de vie. L’APVP d’un pays représente le nombre total d’années potentielles de vie perdues à l’échelle de sa population chaque année. L’étude compare la performance du Canada en matière d’APVP avec celle de 17 autres pays à revenu élevé membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur une période de 50 ans.

« En ce qui concerne la performance du système de santé canadien sur la scène internationale, le rapport indique que le Canada peut s’améliorer et tirer des leçons de pays semblables tels que l’Australie », explique Jean Harvey, directrice de l’Initiative sur la santé de la population canadienne à l’ICIS. « Il serait utile d’analyser les stratégies sur les soins de santé, mais également celles en place dans d’autres secteurs tels que les politiques sociales, l’éducation, la promotion de la santé et la prévention des maladies, pour apprendre comment les mettre en application dans le contexte canadien. »

Les Canadiennes accusent un retard au chapitre des APVP

Selon le rapport de l’ICIS, les Canadiennes perdent du terrain (par rapport aux femmes de pays semblables) depuis les années 1990 et accusent un retard par rapport à la moyenne internationale des APVP. En 2010, le nombre d’années potentielles de vie perdues s’élevait à 2 385 par 100 000 Canadiennes, soit 315 de plus que les Australiennes, et 589 de plus que les Japonaises qui restent en tête de peloton. Si on examine les APVP en raison d’affections précises, on constate que les Canadiennes étaient près de la moyenne internationale dans les années 1960 en ce qui concerne le cancer du poumon. Au cours des 50 années à l’étude, les Canadiennes ont cependant perdu du terrain, tandis que d’autres pays semblables amélioraient leur performance à l’égard de cette affection. Ainsi, en 2010, les Canadiennes ont perdu un plus grand nombre d’années potentielles de vie en raison d’un cancer du poumon que les femmes de la plupart des autres pays de l’étude.

Il en va tout autrement pour les Canadiens qui affichent une performance supérieure à la moyenne internationale des hommes depuis les années 1990. En 2010, le Canada affichait 3 836 APVP par 100 000 hommes, soit 204 de plus que les Australiens, et 763 de plus que les Suédois qui restent en tête de peloton.

« Ces résultats cadrent avec ceux d’autres études de l’ICIS qui révèlent que les Canadiennes ne s’en tirent pas aussi bien que les femmes des autres pays de l’OCDE au chapitre du cancer du poumon », indique Deborah Cohen, chercheuse principale, Initiative sur la santé de la population canadienne. « En ce qui concerne la mortalité prématurée en raison d’affections précises, c’est en définissant les domaines dans lesquels le Canada accuse un retard par rapport à la moyenne internationale que nous pourrons mieux cibler les efforts déployés pour améliorer la santé des Canadiens. »

La performance du Canada varie selon la maladie et l’affection

Si on examine des maladies et des affections précises, on constate que le Canada obtient de bons résultats pour certaines, et de moins bons résultats pour d’autres. L’étude révèle que les Canadiens et les Canadiennes affichent une très bonne performance en matière d’APVP en raison d’un AVC. Au cours de la période étudiée, les APVP de cette catégorie ont diminué de plus de 80 % au Canada, passant de 332 APVP par 100 000 habitants en 1960, à 60 en 2010.

Au chapitre des APVP en raison d’une maladie cardiaque, une baisse de près de 85 % a également été observée au Canada au cours des 50 années à l’étude. De 1 471 par 100 000 habitants en 1960, les APVP sont en effet passées à 230 par 100 000 habitants en 2010. En dépit de cette baisse, le Canada demeure sous la moyenne internationale.

Pour l’ensemble des cancers, le nombre d’APVP a diminué de plus de 40 % au cours des 50 années à l’étude. Les Canadiens obtiennent de bons résultats par rapport à la moyenne internationale chez les hommes, tandis que les Canadiennes accusent un retard par rapport à la moyenne des femmes.

Pour obtenir d’autres comparaisons internationales et de plus amples renseignements sur les 17 pays à revenu élevé membres de l’OCDE visés par l’étude, consultez l’outil Web interactif complémentaire accessible sur le site de l’ICIS (www.icis.ca). Cet outil vous permettra de comparer les principales causes d’APVP en raison de cancers, de maladies cardiaques, d’AVC et de causes externes telles que les chutes, les accidents de circulation, l’intoxication accidentelle et les blessures auto-infligées.