Des initiatives fructueuses visant à réduire l’utilisation inappropriée des antipsychotiques en SLD donnent lieu à l’émergence de tendances positives

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Rapport : Utilisation d’antipsychotiques chez les personnes âgées résidant dans les établissements de soins de longue durée, 2014

Condensé : Tendances liées aux médicaments en SLD

25 février 2016  — Malgré les risques connus que présentent les antipsychotiques pour la santé, 39 % des résidents en soins de longue durée (SLD) se sont vu prescrire un antipsychotique au moins une fois en 2014. C’est ce que révèle un nouveau rapport sur l’utilisation générale des antipsychotiques (y compris les cas où leur utilisation est appropriée) publié par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Les antipsychotiques sont souvent prescrits aux personnes âgées pour le traitement des symptômes de la démence, comme l’agressivité et l’agitation, ainsi que de la schizophrénie et d’autres psychoses, mais ils peuvent causer des effets secondaires dangereux. 

Selon le rapport, intitulé Utilisation d’antipsychotiques chez les personnes âgées résidant dans les établissements de soins de longue durée, 2014, l’utilisation d’antipsychotiques était plus élevée chez les résidents présentant une déficience cognitive grave et un comportement très agressif. Cependant, le taux d’utilisation de ces médicaments chez les personnes âgées au comportement très agressif (51,3 %) suggère que des approches non pharmacologiques ont été envisagées, même dans les cas les plus graves où les résidents ou le personnel soignant risquaient de subir des blessures.

« Certaines initiatives mises en œuvre au pays ont permis de réduire l’utilisation des antipsychotiques en soins de longue durée », affirme Jordan Hunt, gestionnaire de la division Pharmaceutique à l’ICIS. « Bien sûr, il reste du chemin à faire, mais beaucoup de travail a été accompli. »

Voici quelques exemples de réussite : 

  • Avec l’aide de la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé (FCASS), plus de 50 établissements de SLD au Canada ont utilisé les données pour apporter des solutions axées sur le patient et prendre soin des résidents atteints de démence.

  • Par exemple, de 2010 à 2014, l’utilisation d’antipsychotiques dans les établissements de SLD au Manitoba est passée d’environ 38 % à 31,5 %. Pendant cette période, l’Office régional de la santé de Winnipeg a participé au Programme de formation pour cadres FORCES de la FCASS, ce qui a incité le personnel de première ligne à trouver ensemble des solutions créatives pour gérer les comportements liés à la démence, et à n’utiliser les médicaments qu’en dernier recours. 

Apprenez-en davantage sur ces initiatives fructueuses (en anglais seulement).

Tendances de l’utilisation des antipsychotiques

La rispéridone, dont l’utilisation est approuvée de façon très restrictive pour le traitement des symptômes de la démence chez les personnes âgées, arrive au deuxième rang des médicaments prescrits à cette fin (14 %). La quétiapine, qui n’est pas approuvée pour le traitement des symptômes de la démence au Canada, est l’antipsychotique le plus souvent utilisé par les résidents, soit par 19 % d’entre eux.

L’utilisation concomitante de médicaments psychotropes augmente le risque d’effets secondaires, y compris les chutes. Parmi les résidents faisant une utilisation chronique d’un antipsychotique (22 %), près des 2 tiers (64 %) étaient également des utilisateurs chroniques d’un antidépresseur et environ un sixième, d’une benzodiazépine, ce qui peut augmenter le risque d’effets secondaires.

Un portrait des antipsychotiques au Canada

Dans cette analyse, l’ICIS brosse un portrait unique de l’utilisation générale des antipsychotiques en SLD, s’appuyant à la fois sur les données des demandes de remboursement de médicaments et sur les données d’évaluation des résidents en SLD. L’étude de l’utilisation des antipsychotiques dans les établissements de SLD permet de localiser les problèmes et d’orienter les travaux dans la bonne direction.

L’ICIS publie également des données sur l’utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques en SLD. Les résultats sont présentés à l’échelle des provinces, des régions et des établissements dans l’outil Web Votre système de santé : En détail

 

Pour obtenir un document de l'ICIS dans un format de remplacement, remplissez le formulaire de demande d’accès sur le site de l'ICIS.