Près d’un patient sur 5 pourrait être soigné ailleurs qu’à l’urgence

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Près d’un patient sur 5 pourrait être soigné ailleurs qu’à l’urgence

6 novembre 2014 — Selon une nouvelle étude de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), environ un patient sur 5 s’est rendu à l’urgence pour un problème de santé évitable ou qui aurait pu être traité par un médecin de famille.

L’étude Sources des visites potentiellement évitables aux services d’urgence porte sur 2 groupes de patients : ceux qui se sont rendus à l’urgence pour un problème de santé bénin ne nécessitant pas d’hospitalisation et les personnes âgées qui résident dans un établissement de soins de longue durée.

Les Canadiens ont effectué environ 17 millions de visites à l’urgence en 2013-2014. Ils sont parmi les plus grands utilisateurs des services d’urgence au monde, comparativement, entre autres, aux Australiens, aux Américains et aux Britanniques.

« Une visite à l’urgence n’est pas toujours évitable. Parfois, c’est la meilleure option pour obtenir des soins », reconnaît Jeremy Veillard, vice-président, Recherche et Analyse, à l’ICIS. « En repérant les cas qui pourraient être traités dans un cadre plus approprié et en offrant à ces patients d’autres options de traitement, on rendrait service aux patients et à leur famille, et la charge des services d’urgence en serait allégée. »

Patients présentant un problème de santé bénin

De tous les patients, ce sont les jeunes enfants qui visitent le plus l’urgence pour un problème de santé bénin. Les infections des voies respiratoires et les otites moyennes sont les motifs les plus fréquents de consultation à l’urgence pour les enfants de moins de 5 ans. Les gens vivant en milieu rural sont également plus nombreux à visiter l’urgence pour un problème de santé bénin que les citadins.

Dans un sondage pancanadien mené dans le cadre de l’étude, 47 % des répondants ont dit avoir opté pour l’urgence, parce qu’ils ne pouvaient consulter leur médecin de famille assez rapidement.

« Un parent peut choisir d’amener son enfant à l’urgence plutôt que d’attendre un rendez-vous avec son médecin de famille », mentionne Kathleen Morris, directrice, Analyse du système de santé et Questions émergentes. « Dans les régions rurales du Canada, l’urgence est parfois le seul endroit où un patient peut recevoir des soins qui, en régions urbaines, sont offerts dans des cabinets de médecine familiale. »

Patients en soins de longue durée

Les personnes âgées résidant dans des établissements de soins de longue durée représentent 1 % des patients à l’urgence. Toutefois, comme elles ont accès à des soins de base 24 heures par jour, certains cas auraient pu être mieux traités sur place qu’à l’urgence.

« Une visite à l’urgence peut être pénible pour les patients en soins de longue durée », ajoute Mme Morris. « Beaucoup souffrent d’une déficience cognitive, comme la démence, ou présentent un état de santé complexe. Le transfert de la résidence à l’urgence peut être stressant pour ces patients et leur famille. Il cause aussi une interruption dans la continuité des soins. »

Selon les données, environ une visite à l’urgence sur 3 serait évitable pour les personnes âgées en soins de longue durée. Les infections des voies urinaires, les pneumonies et les chutes sont les principaux motifs de visites potentiellement évitables. Un diagnostic précoce et un meilleur accès aux soins sur place permettraient de traiter certains cas dans les établissements et d’éviter une visite à l’urgence.

Autres renseignements

L’étude repose sur des données soumises au Système national d’information sur les soins ambulatoires (SNISA), dans lequel sont consignées environ 60 % des visites à l’urgence au Canada. Vous trouverez les données sur l’utilisation des services d’urgence pour 2013-2014 sur la page des Statistiques éclair.

Une infographie vous permet de mieux comprendre le contexte des visites à l’urgence pour les 2 groupes de patients observés dans le cadre de l’étude.

 

Pour obtenir un document de l'ICIS dans un format de remplacement, remplissez le formulaire de demande d’accès sur le site de l'ICIS.