Diagnostic précoce et meilleur cheminement clinique

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Diagnostic précoce et meilleur cheminement clinique : facteurs essentiels à une prise en charge plus opportune des AVC en Ontario

L’étude révèle qu’il y a place à l’amélioration dans la détection et le traitement de l’AVC

Télécharger le rapport : Cheminements cliniques des victimes d'accident vasculaire cérébral en Ontario

Le 12 juillet 2012 — Le nombre de décès attribuables à un accident vasculaire cérébral(AVC) est en baisse en Ontario et ailleurs au Canada en partie grâce à une meilleure prise en charge de la maladie. Toutefois, une nouvelle étude publiée aujourd’hui par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) montre que la rapidité du diagnostic et du traitement de l’AVC pourrait être améliorée davantage. Par exemple, un patient sur dix admis dans un service d’urgence en Ontario en raison d’un AVC, soit plus de 5 000 cas en quatre ans, a été diagnostiqué comme ayant subi un AVC seulement après l’admission à un service hospitalier.

Selon l’étude, le dossier du service d’urgence de ces patients ne faisait état d’aucun AVC ni de symptômes de l’AVC, comme le mal de tête ou les étourdissements. Par conséquent, ces patients étaient moins susceptibles que les autres victimes d’un AVC d’avoir été soumis à une imagerie cérébrale au service d’urgence. Les pratiques exemplaires recommandent que tous les patients présumés victimes d’un AVC soient soumis à une imagerie cérébrale dans l’heure qui suit leur arrivée au service d’urgence afin de déterminer le type d’AVC et le traitement approprié.

« Le processus d’évaluation rapide du patient et de confirmation qu’il a subi un AVC débute le plus souvent au service d’urgence. Un tel effort coordonné entre de nombreux dispensateurs de soins peut poser des défis », explique le Dr Paul Ellis, médecin au service d’urgence de l’University Health Network. « Plus tôt ce processus est effectué, plus rapidement le traitement approprié peut être administré et meilleures sont les chances que le patient s’en remette. »

L’étude de l’ICIS, Cheminements cliniques des victimes d’accident vasculaire cérébral en Ontario, porte sur plus de 62 000 cas d’AVC survenus dans la province de 2006-2007 à 2009-2010. Elle se limite à l’Ontario, la seule province qui fournit à l’ICIS des données exhaustives sur les AVC pour divers milieux de soins. L’étude examine le suivi clinique des patients ayant subi un AVC afin de déterminer quels sont les cheminements de soins les plus communs, et de mettre en lumière les points de transition importants dans leur parcours. Elle permet aussi de mieux évaluer dans quelle mesure le système est intégré et efficace pour les patients.

« La recherche a montré que la détection précoce des symptômes de l’AVC et le traitement rapide de l’AVC sont essentiels à l’amélioration des chances de guérison du patient », affirme Jeremy Veillard, vice-président, Recherche et Analyse, ICIS. « Bien que l’Ontario ait fait des progrès significatifs en matière de soins aux victimes d’un AVC, l’information dont on dispose présente encore des lacunes en ce qui concerne la comparaison de ces soins entre les provinces et la façon dont ils sont dispensés à l’extérieur du milieu hospitalier. L’amélioration de la qualité et de la comparabilité des données dans ce domaine pourrait aider à mieux comprendre les stratégies de cheminement clinique qui donnent les meilleurs résultats pour les patients ayant subi un AVC. »

Caractère opportun des transitions entre les milieux de soins

L’étude permet de relever les retards possibles dans les soins de suivi dispensés à certains patients victimes d’un AVC qui ont obtenu leur congé d’un hôpital de soins de courte durée. Près d’un patient sur cinq (18 %) hospitalisé en raison d’un AVC a passé au moins cinq jours en niveau de soins alternatif (NSA). Cela signifie que le patient continue d’occuper un lit de soins de courte durée en attendant d’être transféré à un milieu de soins plus approprié, le plus souvent en soins continus complexes, en réadaptation pour patients hospitalisés ou en soins de longue durée. À n’importe quel jour donné de l’étude de quatre ans menée en Ontario, 179 patients victimes d’un AVC, en moyenne, étaient en NSA. Ceux en attente d’un transfert vers un lit en soins de longue durée affichaient le séjour le plus long en NSA, soit près de six semaines en moyenne.

« Les séjours prolongés à l’hôpital augmentent le risque de complications pour le patient, comme les infections ou les plaies de lit, et peuvent retarder l’accès à un traitement approprié », affirme Kathleen Morris, directrice, Analyse du système de santé et questions émergentes, ICIS. « La recherche indique qu’un accès rapide aux programmes, aux services et aux établissements de réadaptation procure aux patients ayant subi un AVC de meilleures chances de guérison. »

Les résultats indiquent que 29 % des patients victimes d’un AVC hospitalisés en soins de courte durée ont été transférés en soins de réadaptation pour patients hospitalisés. Il s’agit d’un taux de transfert plus élevé que le taux généralement observé ailleurs au Canada. Selon les pratiques exemplaires, tous les patients victimes d’un AVC modéré ou grave qui sont prêts à recevoir des soins de réadaptation et qui ont des objectifs en ce sens devraient avoir l’occasion de participer à leur réadaptation en milieu hospitalier. Parmi ceux admis en réadaptation pour patients hospitalisés, l’étude a conclu qu’un pourcentage proportionnellement inférieur de patients présentait une incapacité grave (26 %) par rapport à ceux atteints d’une incapacité légère (47 %) ou d’une incapacité modérée (28 %).

Services ambulanciers — le meilleur geste à poser en cas de signes
ou de symptômes d’un AVC : composer le 9-1-1

L’étude indique aussi qu’il est possible d’améliorer la capacité de la population à reconnaître les premiers symptômes d’un AVC et à bien y réagir. Malgré ce qui est recommandé par les pratiques exemplaires, plus d’un patient sur trois qui est victime d’un AVC en Ontario n’arrive pas à l’hôpital en ambulance. Le fait de reconnaître les signes avant-coureurs et les symptômes d’un AVC et de communiquer immédiatement avec les services médicaux d’urgence lorsque nécessaire peut entraîner de meilleurs résultats pour les patients victimes d’un AVC. Le personnel ambulancier de l’Ontario doit suivre des protocoles afin de détecter les cas d’AVC et de transporter les patients vers l’hôpital approprié. Il se doit aussi d’informer l’établissement à l’avance afin que les protocoles de soins de l’AVC soient en place au service d’urgence à l’arrivée du patient.

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