Des résultats encourageants, mais le Canada tire toujours de l’arrière par rapport à d’autres pays

Le 25 février 2014 — Il y a eu plus de donneurs décédés que de donneurs vivants pour la première fois en dix ans au Canada, selon un nouveau rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Des 2 225 transplantations d’organes enregistrées au pays en 2012 — près de 5 % de plus qu’en 2011 —, 1 686 ont été réalisées avec des organes provenant de donneurs décédés, indique le Rapport annuel du Registre canadien des insuffisances et des transplantations d’organes : traitement du stade terminal de l’insuffisance organique au Canada, de 2003 à 2012.

Les donneurs décédés sont particulièrement importants : ils peuvent fournir jusqu’à huit organes, contre un seul pour les donneurs vivants.

Le rapport de l’ICIS souligne que le taux de donneurs décédés a augmenté de 17 % depuis 10 ans au Canada. Cette hausse s’expliquerait en partie par une plus grande sensibilisation du public, grâce à une meilleure couverture médiatique et à l’augmentation du nombre de campagnes dans les médias sociaux.

Malgré tout, ce taux demeure plus bas que dans d’autres pays.

Selon le Dr Joseph Kim, néphrologue transplantologue au sein du Réseau universitaire de la santé et professeur adjoint de médecine à l’Université de Toronto, « le fossé entre les dons et les besoins demeure important. Nous devons mieux sensibiliser le public et les acteurs du système de santé, et mieux identifier et évaluer les donneurs potentiels. »

Comme l’explique le Dr Kim, la hausse du nombre de donneurs est à la fois importante et encourageante, mais il est tout aussi crucial de mettre en place les ressources suffisantes pour que les patients atteints d’une insuffisance organique au stade terminal soient inscrits sur les listes d’attente.

Le stade terminal de l’insuffisance organique pose des problèmes et des défis complexes pour le système de santé. Prenons par exemple l’insuffisance rénale :

  • La dialyse et la transplantation sont les deux seules options de traitement pour les patients atteints d’insuffisance rénale au stade terminal.
  • En 2012, 58 % des 41 252 Canadiens vivant avec cette maladie recevaient un traitement par dialyse, sous une forme ou une autre.
  • Au 31 décembre, 3 428 personnes étaient inscrites sur la liste d’attente pour une transplantation rénale.

Même si les transplantations ne peuvent pas guérir les patients, elles améliorent grandement leur qualité de vie. Cette option de traitement est également plus rentable.

« Sur cinq ans, une transplantation rénale coûte environ 250 000 $ de moins par patient que la dialyse », explique Greg Webster, directeur des Services d’information sur les soins ambulatoires et de courte durée à l’ICIS. « Tant le patient que le système de santé en profitent. »

Par ailleurs, le diabète de type 2 — une affection largement évitable — demeure la principale cause d’insuffisance rénale au stade terminal au Canada. Selon M. Webster, « il serait possible de réduire à la source le nombre de patients nécessitant une dialyse en mettant l’accent sur la prévention. Par exemple, nous pourrions mieux éduquer la population sur la nutrition et les saines habitudes de vie. »

Infographie

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Organes en demande au Canada en 2012