L’insuffisance rénale due au diabète entraîne une hausse de la demande pour des transplantations

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Le 21 avril, 2015 — Le nombre de Canadiens au stade terminal de l’insuffisance rénale (STIR) a augmenté de 35 % au cours des 10 dernières années. Durant une période similaire, le nombre de Canadiens souffrant du diabète — la cause principale du STIR — s’est accru de 60 %. Avec près de 42 000 Canadiens au STIR à la fin de 2013, la demande pour des traitements de dialyse réguliers et des transplantations rénales était sans précédent.

Publié par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), le rapport annuel du Registre canadien des insuffisances et des transplantations d’organes (RCITO) montre que le diabète était la principale cause du STIR chez près de 36 % des nouveaux patients. Les Canadiens plus âgés étaient particulièrement touchés par cette affection. De 2003 à 2013, le nombre de Canadiens au STIR âgés de 45 à 64 ans a augmenté de 46 %, contre 66 % pour ceux de 65 ans et plus. Au cours de la même période, le nombre de Canadiens diabétiques âgés de 45 ans et plus a augmenté de plus de 60 %.

En 2013, environ 58 % des patients au STIR recevaient un traitement de dialyse, sous une forme ou une autre. Parallèlement, les patients qui ont bénéficié d’une transplantation rénale montraient des résultats et une qualité de vie bien supérieurs.

« Pour la majorité des patients au STIR, la transplantation rénale représente la meilleure option de traitement. Ces patients vivent d’ailleurs plus longtemps et jouissent habituellement d’une bien meilleure qualité de vie que les patients qui dépendent d’un traitement de dialyse. Malheureusement, en ce qui concerne les dons de reins, la demande continue de dépasser l’offre. »

– Greg Webster, directeur des Services d’information sur les soins ambulatoires et de courte durée à l’ICIS

La dialyse peut avoir des incidences majeures sur la qualité de vie des patients. Plus des 3 quarts des patients en dialyse recevaient des traitements par hémodialyse à l’hôpital, ce qui occasionne des visites en clinique plusieurs fois par semaine. La dialyse coûte également plus cher au système de santé qu’une transplantation : jusqu’à 250 000 $ de plus par patient sur une période de 5 ans.

La prévention et la prise en charge

Les patients au STIR ont normalement de meilleurs résultats lorsqu’un diagnostic est posé et qu’on les prend en charge très tôt pour ralentir la progression de la maladie.

« Le déclin de la santé des Canadiens est l’objet de discussions depuis longtemps. L’obésité et le diabète de type 2 sont à la hausse et peuvent entraîner d’autres problèmes de santé tels que la maladie rénale chronique. Si la santé de la population s’améliorait globalement, probablement moins de Canadiens auraient besoin d’un traitement pour une insuffisance organique, telle que la dialyse et la transplantation. Toutefois, il faut maintenir les efforts pour que ces traitements soient accessibles aux personnes qui en ont besoin, notamment en améliorant les taux de dons d’organes. »

– Dr Joseph Kim, directeur médical du Programme de transplantation rénale à l’Hôpital général de Toronto (Réseau universitaire de la santé) et président du Conseil d’administration du RCITO

Les dons d’organes au Canada

Les données de 2013 révèlent une hausse progressive du nombre de dons d’organes au Canada. Elles montrent aussi que les donneurs vivants sont maintenant plus nombreux que les donneurs décédés. En 2013, on a dénombré 588 donneurs vivants et 553 donneurs décédés (une hausse de 49 et de 12 donneurs, respectivement, par rapport à 2012).

Même si le nombre de donneurs vivants et de donneurs décédés augmente au Canada, un écart persiste entre le nombre de patients en attente d’un organe et le nombre de dons d’organes. À la fin de 2013, 4 433 patients étaient en attente d’une transplantation d’organe plein.

Dans un récent rapport, Donneurs décédés potentiels au Canada, l’ICIS soulignait qu’en raison de la complexité du processus de don d’organes, les organes de près des 2 tiers des donneurs potentiels décédés de moins de 70 ans n’ont pu être transplantés. Selon l’étude, il serait possible d’accroître sensiblement le nombre de dons après un décès cardiocirculatoire ou provenant de donneurs âgés au Canada. d’après les estimations, 3 577 organes auraient pu être transplantés si on avait pu mieux identifier les donneurs et coordonner le processus de don d’organes.

Les transplantations d’organes en chiffres

2 432 organes solides ont été transplantés au Canada en 2013 :

  • Reins : 1 419
  • Foies : 509
  • Poumons : 247
  • Coeurs : 192
  • Pancréas : 65

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