Les patients en dialyse de moins de 18 ans sont les plus susceptibles d’être hospitalisés

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Le 2 février 2017 — Plus de 21 000 Canadiens (à l'exclusion des Québécois) étaient en dialyse en 2015 et leur risque d'hospitalisation, selon un nouveau rapport, était plus élevé pendant la première semaine de dialyse. Le rapport Coûts et risques élevés : regard sur les possibilités de réduire les hospitalisations chez les patients en dialyse au Canada, publié par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), montre que les patients pédiatriques (0 à 17 ans) et les patients autochtones sont davantage à risque d'être hospitalisés que les autres patients en dialyse.

La dialyse est un procédé qui permet de nettoyer artificiellement le sang. Elle est principalement utilisée chez le patient au stade terminal de l'insuffisance rénale (STIR), une affection qui peut être causée par l'hypertension, des lésions aux reins, des maladies héréditaires et, en tête de liste, le diabète. Bon nombre des patients en dialyse sont en attente d'une transplantation rénale.

Les données de l'ICIS ont révélé que le nombre de patients en dialyse a augmenté de près de 30 % en 10 ans, passant de 16 388 en 2006 à 21 214 en 2015. Les patients en dialyse sont susceptibles d'obtenir de mauvais résultats pour la santé et d'être hospitalisés en raison de complications attribuables à une infection ou à d'autres facteurs. Dans le rapport, l'ICIS examine les facteurs associés aux hospitalisations, contribuant ainsi aux efforts d'amélioration des résultats pour les patients en dialyse.

Hospitalisations

Selon l'étude de l'ICIS, les patients en dialyse sont plus susceptibles d'être hospitalisés durant leur première semaine de traitement. Qui plus est, les patients en dialyse péritonéale risquent d'être hospitalisés 27 % plus souvent que ceux en hémodialyse.

Au cours de la dialyse péritonéale, une solution de dialyse est injectée dans l'abdomen, où les déchets du sang se dissolvent. Dans le cas de l'hémodialyse, le sang du patient circule à travers une machine dans laquelle il est exposé à une solution de dialyse qui en extrait les déchets.

Comparativement aux autres groupes d'âge, les patients pédiatriques présentaient un risque d'hospitalisation plus élevé de 173 %, même après ajustement en fonction de l'origine raciale ou ethnique, du sexe et d'autres facteurs. Une hospitalisation sur 4 était attribuable à l'insuffisance rénale et une sur 8, à une infection associée à la dialyse.

L'étude a également révélé que le risque d'hospitalisation est plus élevé chez les patients autochtones que chez les autres patients en dialyse, dans une proportion de 30 % pour les infections liées à la dialyse et de 20 % toutes causes confondues. Selon une étude sur le STIR réalisée par l'ICIS en 2013, les patients autochtones sont également plus susceptibles que les autres patients de nécessiter une dialyse et de parcourir une grande distance pour recevoir des traitements. Ils sont cependant moins susceptibles de recevoir une transplantation rénale que les autres patients en dialyse et ont un taux de survie inférieur.

« De nombreux patients en dialyse doivent être hospitalisés, souvent en raison d'une infection liée à la dialyse qu'il aurait été possible de prévenir », affirme Greg Webster, directeur des Services d'information sur les soins ambulatoires et de courte durée à l'ICIS. « Notre rapport souligne que les pratiques de dialyse des dispensateurs de soins et des patients jouent un rôle essentiel dans la réduction des risques d'infection, une cause majeure d'hospitalisations, particulièrement chez les patients pédiatriques ou autochtones. »

Coûts

Chaque année, près de 310 millions de dollars sont affectés aux hospitalisations de patients en dialyse au Canada, à l'exclusion du Québec. Le coût annuel moyen des hospitalisations est près de 3 fois plus élevé chez les patients pédiatriques que chez les patients plus âgés; en effet, il s'élève à 27 344 $ chez les patients de 0 à 17 ans et à 10 982 $ chez les patients de 45 à 64 ans.

Dans une autre étude intitulée Statistiques annuelles sur les transplantations d'organes au Canada : dialyse, transplantation et don d'organes, 2006 à 2015, l'ICIS explore l'incidence de la dialyse sur la qualité de vie du patient. Selon cette étude, moins de la moitié (45 %) des patients en dialyse ont survécu au moins 5 ans.

Les patients en dialyse doivent limiter leur consommation de liquides et, par conséquent, ont souvent soif ou ne se sentent pas toujours bien. Pour les patients en hémodialyse, les déplacements sont difficiles, voire parfois impossibles, car ils reçoivent au moins 3 traitements par semaine, chacun d'une durée d'environ 4 heures. Certains patients refusent la dialyse, optant plutôt pour des soins de soutien sans dialyse qui leur permettent de maintenir leur qualité de vie.

« La transplantation rénale n'est pas une solution miracle, mais elle est préférable à la dialyse », souligne Elizabeth Myles, directrice générale nationale de la Fondation canadienne du rein. « Elle offre au patient une bien meilleure qualité de vie, mais aussi un meilleur état de santé et de plus grandes chances de survie. La transplantation rénale libère les patients des traitements de dialyse de routine et des restrictions alimentaires. Une transplantation peut aussi avoir des répercussions financières et émotionnelles positives pour la famille, car elle permet au patient de retourner au travail et de reprendre ses activités sociales. »

Faits et chiffres

  • À la fin de 2015, 36 251 Canadiens (à l'exclusion des Québécois) étaient au STIR; ce nombre a augmenté de 36 % par rapport à 26 729 en 2006.
    • Parmi ces patients, 21 214 étaient en dialyse et 15 037 vivaient avec un greffon rénal fonctionnel.
  • Le nombre de transplantations réalisées au Canada a augmenté au cours des 5 dernières années, passant de 2 116 transplantations en 2010 à 2 515 en 2015.
  • En 2015, il y a eu 649 donneurs d'organes décédés et 563 donneurs d'organes vivants.
  • À la fin de 2015, plus de 4 500 Canadiens étaient en attente d'une transplantation d'organe. De ce nombre, plus de 200 personnes sont décédées avant de recevoir leur nouvel organe.

Pour en savoir plus sur les transplantations d'organes, consultez le document Statistiques annuelles sur les transplantations d'organes au Canada : dialyse, transplantation et don d'organes, 2006 à 2015.

À propos de l’ICIS

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