Les jeunes Canadiens sont très nombreux à utiliser les services de santé en raison de troubles mentaux

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Le 7 mai 2015 — Les taux d’hospitalisations et de visites au service d’urgence (SU) en raison de troubles mentaux chez les enfants et les jeunes ont considérablement augmenté au pays depuis 2006-2007.

Les soins aux enfants et aux jeunes atteints de troubles mentaux, une nouvelle étude de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), révèle que les taux (soit le nombre de patients par 100 000 habitants) de visites au SU en raison de troubles mentaux chez les enfants et les jeunes (de 5 à 24 ans) ont augmenté de 45 % de 2006-2007 à 2013-2014. De même, les taux d’hospitalisations d’au moins une nuit ont grimpé de 37 % chez les enfants et les jeunes au cours de la même période.

Malgré l’utilisation accrue des services hospitaliers, rien n’indique que la prévalence des troubles mentaux a augmenté au sein de ce groupe d’âge.

« La hausse des taux de visites à l’hôpital en raison de troubles mentaux chez les jeunes Canadiens peut s’expliquer par divers facteurs », fait remarquer Jeremy Veillard, vice-président, Recherche et analyse à l’ICIS. « C’est peut-être parce que la stigmatisation entourant la maladie mentale diminue et que les jeunes vont plus volontiers chercher de l’aide. Du point de vue du système de santé, il faut se demander si l’hôpital est le meilleur endroit pour dispenser les soins, ou si les jeunes ne seraient pas mieux pris en charge dans les milieux de soins de santé primaires ou communautaires. »

Hausses les plus marquées chez les 10 à 17 ans

La ventilation par groupe d’âge (de 5 à 24 ans) révèle que les jeunes de 15 à 17 ans sont ceux affichant les volumes les plus élevés de visites au SU et d’hospitalisations depuis 2006-2007. Les résultats indiquent par ailleurs une hausse marquée des taux d’utilisation des services hospitaliers dans ce groupe d’âge depuis 2006-2007, les taux de visites au SU ayant augmenté de 53 % et les taux d’hospitalisations, de 74 %.

L’utilisation des services hospitaliers a aussi augmenté considérablement chez les jeunes de 10 à 14 ans, même si ce groupe d’âge constitue une proportion nettement moins importante des patients. L’étude révèle en effet que chez ces jeunes, le taux de visites au SU a grimpé de 68 % et le taux d’hospitalisations, de 64 %.

Un jeune sur 12 a reçu des médicaments pour le traitement d’un trouble mental

L’étude révèle par ailleurs qu’au Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique, un jeune de 15 à 24 ans sur 12 a pris un médicament pour traiter un trouble de l’humeur, un anxiolytique ou un antipsychotique en 2013-2014. Ce taux d’utilisation de médicaments a lui aussi beaucoup augmenté, principalement chez les jeunes en région urbaine ou en banlieue et qui ont reçu des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et de la quétiapine, l’antipsychotique le plus fréquemment prescrit. Une analyse plus poussée des doses de médicaments a révélé que la quétiapine était souvent prescrite à de faibles doses, ce qui indiquerait le traitement de troubles autres que la schizophrénie ou les troubles bipolaires (p. ex. comme agent somnifère ou pour traiter les symptômes du trouble d’hyperactivité avec déficit d’attention ou des troubles des conduites).

Rapport connexe de la Commission de la santé mentale du Canada

Ensemble à l’œuvre pour changer le système! Le Conseil des jeunes de la Commission de la santé mentale du Canada a créé une version jeunesse de Changer les orientations, changer des vies : stratégie en matière de santé mentale pour le Canada. Les membres du Conseil des jeunes ont adapté la stratégie initiale pour tenir compte du point de vue des jeunes. À partir de leurs expériences personnelles, ils ont allégé un document de politique imposant de façon à interpeller les jeunes dans un langage qui leur est plus accessible. Téléchargez la Stratégie en matière de santé mentale pour le Canada : une perspective axée sur les jeunes à partir du site Web www.commissionsantementale.ca.

Pour obtenir un document de l'ICIS dans un format de remplacement, remplissez le formulaire de demande d’accès sur le site de l'ICIS.