Les ordonnances de ne pas réanimer en soins de longue durée sont courantes et presque toujours respectées

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Le 2 juin 2016 Environ les 3 quarts (76 %) des résidents canadiens en soins de longue durée ont donné l’ordre de ne pas être réanimés en cas d’arrêt cardiaque ou d’insuffisance respiratoire.

Par ailleurs, selon l’Analyse en bref Aperçu des directives préalables en soins de longue durée : qu’en est-il des ordres de ne pas hospitaliser et de ne pas réanimer?, publiée par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), cette directive est presque toujours respectée en milieu hospitalier. Parmi les résidents en soins de longue durée ayant une ordonnance de ne pas réanimer, environ un sur 2 500 a été réanimé dans un hôpital de soins de courte durée après y avoir été transféré pour recevoir un traitement. Ces résultats semblent indiquer que l’ordonnance est transmise efficacement entre les établissements de soins et bien comprise par tous les dispensateurs de soins.

La situation est plus ambiguë dans le cas des ordres de ne pas hospitaliser, qui s’appliquent uniquement lorsque les patients ne sont plus à même de décider s’ils veulent être hospitalisés ou non pour recevoir des soins de santé. Parmi les résidents en soins de longue durée qui avaient donné l’ordre de ne pas être hospitalisés (environ un sur 5 ou 21 %), près de 7 % (un sur 14) ont été admis dans un hôpital de soins de courte durée au cours de la période à l’étude.

Dans certains cas, il se peut que le transfert à l’hôpital était approprié s’il a été effectué avec l’accord d’un résident en possession de toutes ses facultés mentales ou d’un mandataire spécial. En effet, l’étude révèle que

  • les résidents avec une ordonnance de ne pas hospitaliser qui étaient en meilleure santé physique ou mentale étaient plus susceptibles d’être admis à l’hôpital;
  • les affections traitables, comme les blessures résultant de chutes, comptent parmi les causes les plus courantes de transferts à l’hôpital;
  • le taux d’hospitalisation des résidents qui n’avaient donné aucune directive était 2 fois (14 %) celui de ceux qui avaient une ordonnance de ne pas hospitaliser (7 %).

Dans d’autres situations, il est possible que le transfert ait été effectué contre la volonté du résident. Les études à ce sujet semblent indiquer que la décision de transférer un résident en soins de longue durée dans un hôpital est souvent prise par les membres de la famille.

Dans l’ensemble, l’étude révèle que le nombre d’hospitalisations chez les résidents en soins de longue durée a baissé environ de moitié au cours de la période à l’étude. Cette diminution coïncide avec les efforts déployés pour améliorer la qualité des soins dans les établissements de soins de longue durée. Selon les résultats de l’étude, il est possible de réduire davantage le nombre d’hospitalisations. Pour ce faire, il faut

  • offrir plus de services de soins palliatifs dans les établissements de soins de longue durée pour éviter les transferts à l’hôpital;
  • miser sur la prévention — près de la moitié des hospitalisations (46 %) étaient de causes évitables, comme des infections (p. ex. pneumonie, infection urinaire) et des blessures résultant de chutes.

L’étude de l’ICIS repose sur les évaluations annuelles de près de 200 000 résidents en soins de longue durée effectuées entre 2009‑2010 et 2011‑2012, ce qui en fait la plus grande cohorte à faire l’objet d’une étude sur le sujet au Canada.

Citation

« Les soins de fin de vie alimentent les discussions au pays. Les directives préalables permettent à un résident de faire part de ses préférences en matière d’intervention et de traitement dans l’éventualité où il ne serait plus en mesure de décider par lui-même. Bien que de telles conversations soient souvent pénibles, il est important que les familles discutent avec leur être cher du type de soins qu’il souhaite recevoir ou non à la fin de sa vie. »

— Kathleen Morris, vice-présidente, Recherche et Analyse, ICIS

 

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