À l’appui de l’Énoncé de principes communs sur les priorités partagées en santé, l’ICIS collabore de près avec les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux afin d’élaborer un ensemble commun d’indicateurs visant à mesurer l’accès à l’échelle du Canada aux services en santé mentale et en toxicomanie, ainsi qu’aux services à domicile et aux soins communautaires.

Dans le cadre de cette collaboration, l’ICIS a consulté les Canadiens pour faire la lumière sur ce que signifie pour eux « l’accès aux services » et sur la forme que devraient prendre des mesures significatives de l’accès. Au moyen de groupes de discussion, d’un sondage en ligne et d’entrevues avec des informateurs clés, l’opinion du public — y compris celle de personnes ayant fait l’expérience des services — a fortement contribué aux travaux sur les priorités partagées en santé et au processus de sélection des indicateurs.

Les Canadiens se sont exprimés

Selon les membres du public qui ont participé aux consultations, les temps d’attente et l’accessibilité des services pertinents sont des priorités évidentes en ce qui concerne les services en santé mentale et en toxicomanie ainsi que pour les services à domicile et les soins communautaires. Leurs commentaires ont surtout souligné l’importance des éléments suivants :

  • Temps d’attente plus courts
  • Accessibilité des services pertinents
  • Amélioration de l’expérience des patients
  • Soutien au cheminement dans le système de santé

Les participants ont indiqué ne pas bien comprendre comment fonctionnent les 2 secteurs, quels services sont offerts et comment y avoir accès. Dans le cas des services en santé mentale et en toxicomanie en particulier, les participants ont mentionné la prévention et la promotion comme étant des priorités importantes.

« La structure de notre système nuit aux personnes atteintes d’une maladie mentale qui continuent toutefois de bien fonctionner. (…) Les personnes qui fonctionnent bien malgré la maladie mentale passent entre les mailles du filet. La seule façon pour elles d’obtenir de l’aide est de se faire hospitaliser. »

« Les ressources et les places sont tout simplement insuffisantes pour le nombre de patients. »

« La confusion règne : on ne sait pas où aller... ni par où commencer. »

Les participants estiment que les patients devraient recevoir les services appropriés au bon moment.

Les Canadiens ont du mal à obtenir des services à domicile et des soins communautaires.

« Les programmes sont là, mais si vous n’avez aucun moyen d’y accéder ou si personne ne vous les offre assez rapidement, vos besoins ne sont pas satisfaits et votre état stagne ou se détériore. Cette situation n’est vraiment pas idéale. »

« Mon frère est sorti de l’hôpital sans que personne lui parle des services à domicile. Il a été oublié dans les lourdeurs administratives. Les services à domicile ne sont fournis que dans les cas urgents. »

L’accès rapide aux services est important pour les Canadiens et les gestionnaires du système, car il rend compte de la réactivité du système de santé et influe sur l’expérience des patients.

« Il est plus favorable de recevoir des services à domicile que des soins hospitaliers. Aujourd’hui, les patients qui subissent une intervention chirurgicale à l’hôpital veulent retourner chez eux le plus vite possible pour avoir une meilleure convalescence. Le système fonctionne bien, mais il ne met pas suffisamment l’accent sur les services à domicile. »

De nombreux patients doivent souvent attendre avant de recevoir leur congé de l’hôpital parce que les services à domicile appropriés ne sont pas disponibles. Les participants ont déclaré avoir eu des expériences positives avec les services à domicile et les soins communautaires, mais les longs temps d’attente et les démarches complexes réduisent l’accessibilité de ces services.

Les Canadiens méritent d’avoir accès à des services en santé mentale et en toxicomanie au moment où ils en ont besoin.

« Pourquoi faut-il attendre d’être en état d’incapacité totale avant de voir un professionnel et d’obtenir de l’aide? »

Les Canadiens considèrent que le système de santé offre de bons services en santé mentale et en toxicomanie, mais disent qu’une personne doit être en crise pour y avoir accès. Les visites répétées au service d’urgence, dans un centre de soins d’urgence ou à l’hôpital peuvent indiquer que les personnes ont du mal à obtenir les services et le soutien dont elles ont besoin dans la collectivité. Du point de vue des patients, cette situation peut résulter d’un manque de sensibilisation ou d’accès aux services offerts dans la collectivité et peut donner lieu à une absence de continuum des soins, à des expériences négatives et à de mauvais résultats.

Les participants ont aussi indiqué que la santé mentale devrait être considérée au même titre que la santé physique. Ils ont ajouté que les personnes souhaitent avoir accès aux services en santé mentale sans devoir justifier leur besoin et ne devraient pas recevoir de l’aide seulement en situation de crise.

« Tout le monde a accès à un dispensateur de soins en cas de maladie physique. Il devrait en être de même pour la santé mentale. »

« Il est important d’établir un pont entre les services en santé mentale, les soins communautaires et les services sociaux lorsqu’une personne a besoin de ces 3 types de services, car ils jouent un rôle essentiel dans la satisfaction de vivre. Il faut décloisonner les secteurs de la santé et des services sociaux pour que les personnes éprouvent une satisfaction de vivre malgré la maladie mentale. »

Les Canadiens veulent des soins préventifs plus efficaces en santé mentale et en toxicomanie.

« Il faut parfois se battre pour obtenir des services — certaines personnes n’ont pas assez d’énergie pour cheminer efficacement dans le système de santé et passent entre les mailles du filet, n’ayant pas le soutien nécessaire pour faire avancer les choses. Comment les personnes dépressives et non fonctionnelles peuvent-elles y arriver? »

Les Canadiens jugent importants les services de prévention et de promotion en santé mentale et en toxicomanie, car ils permettraient de réduire les pressions exercées sur le système de santé, de combattre les préjugés et de mieux informer le public sur l’aide disponible et les façons de soutenir les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie. En particulier, les participants ont indiqué que les patients doivent souvent être en crise pour obtenir une consultation et que l’accès aux soins préventifs est difficile.

« Il existe des services gratuits, mais bien des personnes l’ignorent — elles n’y ont pas recours ou ont peur de les demander. La population doit être mieux informée. »