Le temps d’attente pour des soins primaires ou spécialisés est plus long au Canada que dans 10 autres pays

Printer-friendly version

Le temps d’attente pour des soins primaires ou spécialisés est plus long au Canada que dans 10 autres pays

Résultats de l'Enquête internationale de 2014 auprès des adultes âgés sur les politiques de santé du Fonds du Commonwealth

Le 29 janvier 2015— Les personnes de 55 ans et plus au Canada disent attendre plus longtemps et avoir plus de difficulté à consulter un médecin ou une infirmière lorsqu’elles ont besoin de soins médicaux que celles des 10 autres pays. Toutefois, lorsqu’elles peuvent consulter leur médecin, les résultats sont plus positifs pour de nombreux aspects des soins de santé que ceux des adultes âgés dans les autres pays. 

C’est ce genre d’information que présente l’Enquête internationale de 2014 auprès des adultes âgés sur les politiques de santé du Fonds du Commonwealth, publiée aujourd’hui par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

« La situation des temps d’attente au Canada, comparativement aux 10 autres pays qui ont participé à l’enquête, ne s’est pas beaucoup améliorée », indique David O’Toole, président-directeur général de l’ICIS. « Les patients âgés au Canada nous ont donné leur opinion sur la capacité — et l’incapacité — de notre système de santé à répondre à leurs besoins. Les données recueillies nous portent à conclure qu’ils ne peuvent avoir rapidement accès à un médecin ou à une infirmière. »

L’Enquête internationale sur les politiques de santé a été menée en 2014 auprès d’adultes de 55 ans et plus dans 11 pays (Allemagne, Australie, Canada, États-Unis, France, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse). Quelque 5 300 Canadiens ont participé à l’enquête. Le rapport complémentaire Résultats du Canada : Enquête internationale de 2014 auprès des adultes âgés sur les politiques de santé du Fonds du Commonwealth présente pour la première fois des résultats provinciaux, de même qu’une nouvelle analyse qui met en évidence les écarts significatifs entre les résultats canadiens et la moyenne internationale.

Accès aux soins

Le rapport révèle qu’il n’y a eu aucune amélioration des temps d’attente pour des soins primaires et des soins spécialisés au Canada depuis la première publication de ces résultats en 2007. De tous les pays qui ont participé à l’enquête, c’est au Canada que les adultes âgés attendent le plus longtemps pour consulter un médecin ou une infirmière lorsqu’ils ont besoin de soins médicaux. En effet, plus de la moitié attendent plus de 2 jours et près du tiers (30 %), 6 jours ou plus.

Ce sont aussi les Canadiens âgés qui déclarent les plus longs temps d’attente pour consulter un spécialiste; 25 % d’entre eux ont attendu 2 mois ou plus. Malgré certaines variations au pays, les périodes d’attente dans chaque province étaient sensiblement plus longues que la moyenne internationale.

Enfin, 51 % des adultes âgés au Canada ont plus de difficulté à obtenir des soins médicaux après les heures normales de travail et la fin de semaine que ceux des autres pays. Ainsi, 37 % des répondants ont affirmé s’être déjà rendus à l’urgence pour un problème de santé qui aurait pu être traité par leur médecin attitré. 

Qualité des soins

Lorsqu’ils consultent un médecin, les Canadiens âgés estiment recevoir des soins de qualité égale ou supérieure à la moyenne internationale.

Au Canada, les adultes âgés ont plus tendance à passer leurs médicaments en revue avec un professionnel de la santé (80 %) que ceux des autres pays. Ils sont également plus susceptibles d’avoir discuté avec leurs fournisseurs de soins des saines habitudes de vie et des objectifs du traitement pour leurs problèmes de santé chroniques.

Toutefois, la continuité des soins entre le médecin attitré et le spécialiste pourrait être améliorée. En effet, 25 % des Canadiens âgés ont dit que leur médecin attitré ne semblait pas informé des soins qu’un spécialiste leur avait prodigués. 

Aidants naturels et soins de fin de vie

Les adultes âgés au Canada passent plus de temps comme aidants naturels que ceux des autres pays; ils consacrent également plus de temps à planifier leurs soins de fin de vie.

Au Canada, près d’un adulte âgé sur 5 est un aidant naturel, une proportion similaire à la moyenne internationale. Cependant, un pourcentage plus élevé d’aidants naturels canadiens (47 %) dispensent des soins à un proche pendant au moins 10 heures par semaine.

Environ le tiers des aidants naturels ont signalé avoir éprouvé de la détresse, de la colère ou des symptômes de dépression pendant qu’ils dispensaient des soins à un être cher. La détresse est plus fréquente chez les aidants naturels qui offrent des soins pendant au moins 10 heures par semaine.

Par ailleurs, les adultes âgés au Canada étaient plus susceptibles d’avoir parlé de leurs souhaits de fin de vie ou d’avoir un plan écrit que ceux des autres pays. Toutefois, la planification des soins de fin de vie varie grandement au pays : 44 % des répondants de l’Ontario disent avoir un plan écrit, comparativement à seulement 18 % à Terre-Neuve-et-Labrador.

À propos de l’Enquête internationale de 2014 auprès des adultes âgés sur les politiques de santé du Fonds du Commonwealth

Le Fonds du Commonwealth est une fondation privée dont le but est de promouvoir un système de soins de santé très performant qui offre un meilleur accès, des services de meilleure qualité et une efficacité accrue, en particulier aux groupes les plus vulnérables de la société.

Le financement de base de l’Enquête internationale sur les politiques de santé, menée en 2014 auprès d’adultes âgés, provient du Fonds du Commonwealth. Les organismes non canadiens suivants ont également participé au financement de l’enquête : la Haute Autorité de santé (France), la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (France), l’Institut BQS pour la qualité et la sécurité des patients, le ministère fédéral de la Santé de l’Allemagne, le ministère de la Santé, du Bien-être et des Sports des Pays-Bas, l’Institut scientifique pour la qualité des soins de santé de l’Université Radboud de Nimègue (Pays-Bas), le Centre norvégien d’information pour les services de santé, le ministère de la Santé et des Affaires sociales de la Suède, l’Office fédéral de la santé publique de la Suisse et le Bureau d’information sur la santé de la Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Beaucoup de partenaires d’autres pays ont également participé.

Au Canada, les organismes suivants ont fourni du financement pour que l’échantillon canadien soit élargi : l’ICIS, les IRSC, le Health Quality Council of Alberta, le Commissaire à la santé et au bien-être du Québec, et Qualité des services de santé Ontario.

Pour obtenir un document de l'ICIS dans un format de remplacement, remplissez le formulaire de demande d’accès sur le site de l'ICIS.