Sécurité des Canadiens ayant besoin d’une chirurgie ou de soins d’urgence la fin de semaine : des différences minimes, mais significatives

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Sécurité des Canadiens ayant besoin d’une chirurgie ou de soins d’urgence la fin de semaine : des différences minimes, mais significatives

Le 12 juin 2014 — Les Canadiens admis à l’hôpital la fin de semaine pour des soins médicaux ou chirurgicaux d’urgence sont exposés à un risque de décès légèrement plus élevé que ceux admis un jour de semaine. C’est ce que révèle un nouveau rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Selon la même étude, il n’y a toutefois aucune différence dans le cas des admissions la fin de semaine pour des soins obstétricaux, pédiatriques ou en santé mentale.

Le rapport Admissions la fin de semaine et mortalité hospitalière se penche sur les admissions pour des soins urgents de courte durée survenues entre 2010 et 2013. On y apprend que les patients ayant subi une intervention chirurgicale affichaient un risque de décès 7 % plus élevé si l’admission avait eu lieu la fin de semaine. Ce risque était 3 % plus élevé dans le cas des patients admis pour des soins médicaux. Ces chiffres expriment en pourcentage la différence entre le taux de mortalité chez les patients admis la fin de semaine par rapport à celui observé chez les patients admis un jour de semaine, selon le type de soins. Des études réalisées aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Danemark et en Corée du Sud ont fait état de différences plus marquées la fin de semaine. Selon une étude publiée cette année aux États-Unis, par exemple, le patient admis la fin de semaine pour des soins d’urgence est exposé à un risque de décès 15 % plus élevé.

« Les incidences possibles des admissions en soins de courte durée la fin de semaine ont soulevé bien des débats », précise Jeremy Veillard, vice-président, Recherche et Analyse à l’ICIS. « Les résultats de notre étude devraient rassurer le public quant à la sécurité des admissions la fin de semaine. »

L’étude de l’ICIS s’est penchée sur 2 affections pour lesquelles une intervention rapide est primordiale : la crise cardiaque et l’AVC. Dans les 2 cas, la réussite de l’intervention repose sur l’accès rapide aux tests diagnostiques. L’étude révèle toutefois des résultats mitigés : les patients admis pour une crise cardiaque ou un AVC ont attendu plus longtemps la fin de semaine avant de subir leur intervention diagnostique, mais seules les victimes d’une crise cardiaque ont affiché un risque de décès plus élevé (8 %) la fin de semaine.

Les effectifs pourraient aussi influer sur la différence observée la fin de semaine. Le rapport fait état d’une étude de cas concernant des différences sur le plan de la dotation en personnel la fin de semaine. Le personnel infirmier demeure le même la fin de semaine, tandis que le nombre de médecins et d’employés de soutien médical — thérapeutes, pharmaciens et techniciens affectés à des services diagnostiques spécialisés — est réduit.

Il se peut également, selon l’étude, que les patients qui présentent des problèmes moins graves attendent un jour de semaine avant de se présenter pour un traitement, le taux quotidien d’admission la fin de semaine chutant de 11 % en moyenne.

Kathleen Morris, directrice, Analyse du système de santé et Questions émergentes, déclare : « Il ne faut pas oublier que l’étude a permis d’analyser seulement l’issue la plus grave : le décès. Les hôpitaux sont mieux placés pour évaluer les principaux facteurs qui ont donné lieu à des résultats positifs pour leurs patients, notamment le traitement approprié, l’expérience du patient et le temps d’attente. »

L’information est tirée des données de l’ensemble des provinces et territoires. Les comparaisons interprovinciales ne sont toutefois pas disponibles en raison du faible nombre de décès attribuables aux admissions la fin de semaine au Canada. Le rapport contient également un sommaire des études canadiennes et internationales
déjà réalisées.



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