Les soins hospitaliers en fin de vie pour les patients atteints du cancer varient au Canada

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Objet :

Soins hospitaliers en fin de vie pour les patients atteints du cancer

Le 30 avril 2013 — Le nombre de patients atteints du cancer qui décèdent dans les hôpitaux de soins de courte durée varie dans l’ensemble du Canada. Selon une nouvelle étude publiée par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), environ deux patients sur trois atteints du cancer au Manitoba (69 %) et au Nouveau-Brunswick (66 %) décèdent à l’hôpital, comparativement à deux patients sur cinq en Ontario (40 %) et en Colombie-Britannique (39 %).

L’étude de l’ICIS, Soins hospitaliers en fin de vie pour les patients atteints du cancer, examine l’utilisation des services hospitaliers par les patients atteints du cancer qui décèdent dans les hôpitaux de soins de courte durée au Canada (à l’exception du Québec). En 2011-2012, plus de 25 000 personnes sont décédées en milieu hospitalier des suites d’un cancer, ce qui représente 45 % des décès estimés liés au cancer au cours de la même année.

Les différences dans la disponibilité des lits de soins palliatifs dans certaines provinces, et l’emplacement de ces lits dans d’autres, peuvent contribuer aux variations des décès à l’hôpital.

« Les sondages montrent que la plupart des gens, y compris les patients atteints du cancer, ne veulent pas mourir à l’hôpital. Cependant, près de la moitié des patients canadiens atteints du cancer y décèdent », indique Kathleen Morris, directrice, Analyse du système de santé et Questions émergentes, à l’ICIS. « Cette réalité pourrait être attribuable à de nombreux facteurs, notamment la disponibilité des services à domicile ou des services palliatifs. Les variations entre les provinces montrent qu’il y a de la place à l’amélioration partout au pays. »

Selon les résultats de l’étude, environ un patient sur cinq (22 %) a été admis à l’hôpital sur le seul diagnostic de soins palliatifs. Certains de ces patients auraient pu recevoir des soins en fin de vie dans un lieu autre que l’hôpital. Par exemple, chez plus du tiers des patients (34%) ayant reçu un diagnostic principal de soins palliatifs, la durée du séjour a dépassé deux semaines. Cette période est assez longue pour permettre un changement de milieu de soins, selon la préférence des patients et la disponibilité des soins.

Peu de preuves sur le traitement potentiellement trop radical en fin de vie

La majorité (84 %) des patients visés par l’étude de l’ICIS sont décédés dans un hôpital doté d’une unité de soins intensifs. Toutefois, seulement 11 % de ces patients ont été admis aux soins intensifs durant les deux dernières semaines de leur vie et seulement 8 % y sont décédés.

De plus, très peu de patients (3 %) ont été hospitalisés pour un traitement de chimiothérapie — normalement considéré comme un traitement de survie — durant les 14 derniers jours de leur vie.

L’ICIS a également constaté que plus de quatre patients sur cinq (82 %) avaient reçu un diagnostic documenté de soins palliatifs au cours de leur dernière admission. Dans plus de la moitié des cas (53 %), les soins palliatifs étaient la raison principale de l’hospitalisation pour tous les patients de cette étude.  Cependant, on ignore la nature exacte des services palliatifs reçus ainsi que le nombre de personnes ayant eu accès à ces soins dans d’autres milieux, comme les centres de soins palliatifs ou les services à domicile.

« On estime que deux Canadiens sur cinq développeront un cancer au cours de leur vie et qu’un sur quatre en mourra. Il est donc de plus en plus important d’offrir des soins palliatifs et des services en fin de vie de qualité supérieure », soutient Lee Fairclough, vice-présidente, Gestion et transmission du savoir et Stratégie, Partenariat canadien contre le cancer. « Les données fournies dans le rapport aideront à l’atteinte de cet objectif. Par ailleurs, nous travaillons avec des partenaires afin d’aider les patients, leurs aidants naturels et leur famille à prendre d’importantes décisions quant au lieu de prestation des soins et d’améliorer le vécu des Canadiens qui reçoivent des soins palliatifs et en fin de vie. »

Les patients des milieux ruraux sont plus susceptibles d’être admis plusieurs fois avant leur décès

Les patients atteints du cancer qui habitent en milieu rural étaient plus susceptibles d’être admis à l’hôpital à plusieurs reprises durant les quatre dernières semaines de leur vie que ceux vivant en milieu urbain. Dans les régions rurales, près d’un patient sur trois (30 %) a été admis deux fois ou plus, comparativement à un patient sur cinq (20 %) dans les régions urbaines.

« Les visites multiples en milieu hospitalier peuvent être difficiles tant pour les patients en fin de vie atteints du cancer que pour leurs aidants naturels. Elles peuvent aussi être signe que les services communautaires sont difficiles d’accès », explique Jeremy Veillard, vice-président, Recherche et Analyse, à l’ICIS. « Une bonne coordination des soins peut réduire les admissions fréquentes et non nécessaires et permettre d’éviter les interruptions dans la continuité des soins reçus par le patient. »

L’étude a permis de conclure que la proportion de patients admis à l’hôpital plusieurs fois dans les 28 derniers jours de leur vie était la plus élevée en Saskatchewan (31 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (28 %), et la plus faible en Nouvelle-Écosse (21 %), à l’Île-du-Prince-Édouard (21 %) et au Manitoba (19 %).

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Cell. : 613-725-4076





Figures

Figure 1

Variations provinciales de la proportion des patients atteints du cancer décédés dans un hôpital de soins de courte durée, en pourcentage du nombre total de décès prévus liés au cancer, 2011-2012 (figure 1 du rapport)

Figure 2

Fréquence des admissions en soins de courte durée des patients atteints du cancer, 28 derniers jours de vie (figure 3 du rapport)

Figure 3

Variations provinciales du pourcentage de patients admis à l’unité de soins intensifs dans les 14 derniers jours de vie (figure 7 du rapport)


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