Plaies difficiles : problème coûteux qui touche tout le système de santé

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Une étude révèle que ce problème souvent évitable touche surtout les personnes diabétiques

Le 29 août 2013 — Les personnes diabétiques admises à l’hôpital sont près de six fois plus susceptibles que les autres patients de présenter des plaies qui guérissent mal, selon l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

D’ailleurs, le risque d’infection après une opération est multiplié par deux chez les personnes diabétiques. Et ils sont 40 fois plus à risque que les autres patients d’avoir des plaies en raison d’une mauvaise circulation sanguine.

En 2011-2012, le diabète a été associé à plus de 2 000 amputations du pied, dont la plupart auraient pu être évitées si des stratégies adéquates de prévention et de prise en charge des plaies avaient été en place.

L’étude de l’ICIS, unique en son genre, traite des plaies persistantes ou « difficiles » — celles infectées ou qui ne guérissent pas, et les ulcères de décubitus (plaies de lit) — chez les Canadiens hospitalisés ayant reçu des services à domicile ou des soins de longue durée au cours de cette même période.

« Les plaies difficiles sont un fardeau pour notre système de santé », explique Kathleen Morris, directrice, Analyse du système de santé et Questions émergentes à l’ICIS. « Pour les patients, elles peuvent être extrêmement douloureuses et causer des problèmes de mobilité et de détresse. »

Bien que toute personne puisse développer une plaie qui guérit mal, le rapport de l’ICIS Les plaies difficiles au Canada souligne les risques accrus associés aux maladies chroniques comme le diabète. Il révèle aussi des possibilités d’intervention évidentes pour diminuer la fréquence du problème.

Un problème très répandu

Aucun milieu de soins n’est à l’abri du problème. Dans les provinces et territoires étudiées, des plaies difficiles ont été observées chez

  • 30 % des patients en soins de longue durée en milieu hospitalier
  • 10 % des résidents des établissements de soins de longue durée
  • 7 % des patients recevant des services à domicile

Le plus faible taux de plaies difficiles, soit 4 %, a été observé en soins de courte durée en 2011-2012.

Cela représente plus de 117 000 patients en soins de courte durée chez qui des plaies difficiles ont été signalées. Il s’agit du seul milieu pour lequel les données de tous les hôpitaux canadiens étaient disponibles.

Le problème pourrait être encore plus répandu qu’il ne paraît, puisque les plaies aux premiers stades de guérison ne sont pas toujours bien identifiées et notées au dossier du patient.

Des plaies souvent évitables

Les cliniciens et gestionnaires du système de santé voient désormais les plaies comme un problème touchant la qualité des soins, la pratique clinique et les politiques. À ce titre, en 2012, les premiers ministres canadiens ont désigné les lésions aux pieds des diabétiques (appelées « pieds diabétiques ») comme une priorité.

Parmi les mesures permettant d’améliorer la prévention et la prise en charge des plaies, on compte les changements fréquents de position des patients alités afin de prévenir les ulcères de décubitus, les examens réguliers des pieds chez les patients diabétiques, et la réduction des infections des sites opératoires.

« Quelle que soit la cause de la plaie, une évaluation complète par une équipe interprofessionnelle, la détection des facteurs de risque, un suivi efficace, des stratégies de prévention appropriées et un processus de référence au besoin sont essentiels », précise Karen Campbell, infirmière autorisée et chercheure au Lawson Research Institute de St. Joseph’s Health Care, London, et membre du corps professoral de la maîtrise ès sciences cliniques spécialisée en guérison des plaies à l’Université Western.

« La détection précoce et une meilleure déclaration des plaies, particulièrement les plaies de lit, aideraient certainement à améliorer la prise en charge des plaies et la qualité de vie de bien des patients. »

 

 

Pour obtenir un document de l'ICIS dans un format de remplacement, remplissez le formulaire de demande d’accès sur le site de l'ICIS.