Les jeunes femmes sont les plus fréquemment hospitalisées pour des troubles de l’alimentation

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De temps à autre, on demande à l’ICIS de soumettre des données à des comités parlementaires pour orienter leurs discussions sur d’importants problèmes de santé chez les Canadiens. Tout récemment, le Comité permanent de la condition féminine de la Chambre des communes a demandé à l’ICIS de l’appuyer dans son travail afin de mieux comprendre les troubles de l’alimentation et autres affections connexes chez les femmes et les filles.

La contribution unique de l’ICIS aux travaux du comité consistait à analyser des données pertinentes sur les soins ambulatoires, les soins pour patients hospitalisés et les services cliniques, et à les regrouper dans un mémoire destiné au comité permanent qui illustre des comparaisons entre provinces et groupes d’âge.

À la suite de la présentation du mémoire, l’ICIS s’est dit que l’information pourrait présenter de l’intérêt pour un public plus large. De là la publication d’une fiche d’information et de tableaux de données connexes sur les troubles de l’alimentation au Canada. Les tableaux de données portent sur les taux d’hospitalisation d’hommes et de femmes souffrant de troubles de l’alimentation, de même que sur les tendances en matière d’hospitalisation et de durée du séjour chez les femmes. Les observations suivantes sont exposées dans la fiche d’information et le mémoire :

  • Le taux d’hospitalisation était 15 fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes.
  • Les jeunes femmes (de 10 à 19 ans) présentaient le taux d’hospitalisation le plus élevé de tous les groupes d’âge pour chaque année de la période d’observation. Plus de la moitié (55 %) des 1 585 hospitalisations pour troubles de l’alimentation en 2012-2013 touchaient des jeunes filles âgées de 10 à 19 ans.
  • Les jeunes filles (de 10 à 19 ans) présentaient la plus grande variation des taux d’hospitalisation, soit une augmentation de 42 % au cours des 2 dernières années de la période d’observation.
  • Les jeunes filles de ce groupe d’âge (de 10 à 19 ans) sont aussi celles qui se sont présentées le plus souvent au service d’urgence au cours de cette période. En Alberta et en Ontario (les provinces pour lesquelles des données complètes sur les services d’urgence sont disponibles), le taux de visites au service d’urgence en raison de troubles de l’alimentation pour ce groupe d’âge est passé de 27 à 45 visites pour 100 000 femmes.

Maladie mentale avec importantes complications médicales

Le Dr Mark Norris, spécialiste en médecine de l’adolescence au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario et nouveau président de l’Association des troubles alimentaires du Canada, a examiné les données soumises au comité relativement à ses travaux, notamment une étude publiée dans l’ International Journal of Eating Disorders. « Les troubles de l’alimentation sont des maladies mentales complexes associées à d’importantes complications médicales, précise-t-il. Les hospitalisations pour troubles de l’alimentation sont courantes chez les adolescents et les jeunes adultes, et les taux d’hospitalisation de ce groupe d’âge ont augmenté au Canada au cours des 2 dernières années. Les données de l’ICIS ont contribué à faire la preuve statistique de ce qu’un grand nombre de médecins, d’infirmières et d’autres dispensateurs de services considèrent comme un problème d’une importance croissante ».

Chez les jeunes femmes souffrant de troubles de l’alimentation, d’autres affections peuvent contribuer à l’augmentation du taux d’hospitalisation. « Les taux d’hospitalisation dans ce groupe d’âge ont augmenté chez les patients hospitalisés principalement pour un trouble de l’alimentation et également chez ceux ayant reçu un diagnostic de trouble de l’alimentation secondaire souvent hospitalisés pour tentative de suicide associée à la dépression et à un trouble de l’alimentation), explique le Dr Norris. On sait que les patients souffrant de troubles de l’alimentation reçoivent des diagnostics de comorbidité, dont les troubles de l’humeur et les troubles anxieux sont les plus couramment observés. » 

Perspectives d’avenir 

Les constatations du comité permanent seront présentées à la Chambre des communes dans les prochains mois.

« Même si je crois que nous avons fourni des renseignements très utiles au comité, il est possible de faire encore mieux, affirme Brent Diverty, vice-président, Programmes, ICIS. Par exemple, l’ICIS ne recueille pas les données de tous les services d’urgence au Canada et des services offerts par les cliniques communautaires, où un grand nombre de personnes atteintes de troubles de l’alimentation vont chercher de l’aide ». L’ICIS entend continuer à travailler avec les provinces et les territoires pour accroître la participation aux programmes d’information sur les soins ambulatoires et les services de santé communautaires.