Les soins de santé : trop c’est comme pas assez

Les soins non nécessaires peuvent entraîner des risques de préjudices chez les patients

mai 2017

Les soins non nécessaires sont ceux qui n’aident pas à établir le diagnostic ni à mieux traiter le patient, qui ne reposent pas sur des données probantes et, par-dessus tout, qui n’ont pas de valeur réelle pour le patient. En fait, ces soins sont nuisibles, car ils épuisent les ressources du système de santé en allongeant les temps d’attente et en augmentant le risque de préjudices pour les patients.

La campagne nationale Choisir avec soin vise à aider les professionnels de la santé et les patients à engager un dialogue au sujet des examens et des traitements non nécessaires et à les aider à faire des choix judicieux et efficaces, le but ultime étant la prestation de soins de qualité. Dans son récent rapport produit conjointement avec Choisir avec soin, l’ICIS utilise les données d’analyse pour mesurer à quel point des examens et interventions sont potentiellement non nécessaires pour 8 recommandations sélectionnées (parmi plus de 200) de la campagne Choisir avec soin dans différents secteurs du système de santé : les soins primaires, les soins spécialisés, les soins aux urgences et les soins hospitaliers. Les données présentées dans le rapport illustrent la portée des soins non nécessaires au Canada et les nombreux facteurs complexes derrière ce problème.

Combien de Canadiens sont touchés par les soins non nécessaires?

Les soins non nécessaires au Canada infographieNous avons découvert que jusqu’à 30 % des patients ont subi des traitements, des interventions ou des examens potentiellement non nécessaires visés par les 8 recommandations sélectionnées de Choisir avec soin. Il s’agit de plus d’un million de traitements, d’interventions et d’examens potentiellement non nécessaires effectués au Canada chaque année.

Une variation marquée d’une région et d’un établissement à l’autre a été relevée pour chacune des 8 recommandations, ce qui donne à penser qu’une amélioration est possible et qu’on peut apprendre des autres.

L’une des recommandations porte sur la surutilisation de benzodiazépines et d’autres sédatifs hypnotiques chez les personnes âgées du Canada. Selon les données, un aîné sur 10 a régulièrement recours à un sédatif pour un traitement contre l’insomnie, l’agitation ou le delirium, alors que de nombreuses recommandations de Choisir avec soin dépeignent les effets négatifs de l’utilisation à long terme de ces médicaments. En effet, l’utilisation de benzodiazépines ou d’autres sédatifs hypnotiques peut entraîner chez les adultes plus âgés un risque accru d’accidents de véhicules à moteur, de chutes, de fractures de la hanche et de somnolence diurne.

Au Canada, 1 personne âgée sur 10 prend de la benzodiazépine, un sédatif hynotique, de façon régulière même si les experts ne le recommandent pas.

Éviter les soins non nécessaires

Les Canadiens sont au fait du problème des soins non nécessaires et cherchent à obtenir plus de soutien et d’outils afin de prendre de meilleures décisions et d’avoir des conversations éclairées avec leurs dispensateurs de soins.

Environ un Canadien sur 4 s’est fait recommander par un médecin un examen ou un traitement qu’il ne jugeait pas nécessaire pour sa santé. Les attentes et les préférences des patients influent sur les pratiques en santé. Le dialogue entre les patients et les cliniciens est donc essentiel à l’amélioration des processus de traitement normalisés et peut contribuer à réduire les soins superflus.

Quelques questions simples

Pour enrichir les conversations au sujet de la santé, Choisir avec soin encourage patients et médecins à se poser les 4 questions suivantes :

  • Ai-je (Mon patient a-t-il) vraiment besoin de cet examen, de ce traitement ou de cette intervention?
  • Quels sont les côtés négatifs?
  • Y a-t-il des options plus simples et plus sécuritaires?
  • Que se passera-t-il si je ne fais (mon patient ne fait) rien?

Ces simples questions et le dialogue patient-dispensateur peuvent aider à réduire les soins non nécessaires et les préjudices qui en découlent pour les patients canadiens.

L’ICIS et l’équipe de Choisir avec soin ont organisé un webinaire (en anglais seulement) afin de lancer un dialogue sur les soins non nécessaires au Canada. Différents experts ont participé à une discussion dirigée, notamment David O’Toole, président-directeur général de l’ICIS, Wendy Levinson, présidente et cofondatrice de Choisir avec soin, et le Dr Laurent Marcoux, président désigné de l’Association médicale canadienne. Des représentants du Partenariat canadien contre le cancer, de l’Hôpital général de North York et d’autres organismes sont venus parler de leurs réussites au chapitre des soins non nécessaires. Pour en savoir plus, consultez le rapport Les soins non nécessaires au Canada.