Soins de santé en fin de vie

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Soins de santé en fin de vie

La notion de « belle mort » semble une contradiction en soi.

Mais à bien y penser, c’est ainsi que chacun de nous aimerait finir ses jours. Selon un article publié dans le British Medical Journal en 2000, la notion de belle mort repose sur 12 principes clés, dont le contrôle de la douleur, le fait de connaître l’heure de sa mort et de conserver un certain contrôle de la situation, et le droit à la dignité et l’intimité lors de nos derniers instants.

Et bien sûr, le choix de l’endroit où mourir se trouve également sur la liste. Bien que la plupart des gens souhaitent mourir à la maison, ce n’est toutefois pas la réalité pour la majorité des patients. Une nouvelle analyse effectuée par l’ICIS montre que 63 % des 18 427 adultes de la région de l’Atlantique qui sont décédés en 2007−2008 ont terminé leurs jours dans un hôpital. Environ 59 % d’entre eux ont reçu des soins palliatifs.

Selon le rapport Utilisation des soins de santé en fin de vie dans les provinces de l’Atlantique , ces personnes ont passé plus de 475 900 jours à l’hôpital, pour une moyenne d’environ 26 jours par personne, au cours des 360 derniers jours de leur vie.

Selon Statistique Canada, les deux tiers (67 %) des Canadiens décédés en 2007 sont morts à l’hôpital.

Bien que la plupart des patients en fin de vie souhaitent finir leurs jours à la maison, le domicile pourrait ne pas être l’endroit le plus approprié pour mourir si les dispensateurs de soins n’y disposent pas d’un soutien suffisant.

Face à une population vieillissante et à ce qu’un sénateur canadien a qualifié de tsunami imminent de patients en soins palliatifs, il nous faut évaluer la capacité de notre société et de notre système de santé à gérer la prestation future des soins en fin de vie.

Et cette situation s’applique particulièrement au Canada atlantique, où la population est plus âgée qu’ailleurs au pays. D’ici 2031, les personnes âgées représenteront le quart de la population. Or cette vague touchera les provinces de l’Atlantique 25 ans avant celles du reste du Canada.

Ce rapport, fondé sur les statistiques de l’état civil et les données administratives des hôpitaux, vise à fournir aux gestionnaires des programmes de santé, au personnel ministériel, aux responsables de l’élaboration des politiques et autres de l’information qui favorisera la prestation appropriée des soins en fin de vie. Il est important de connaître l’endroit où les personnes décèdent pour mieux planifier et dispenser de tels soins. La connaissance des tendances en matière d’utilisation des hôpitaux et du lieu de décès peut contribuer à mieux adapter les services de santé aux patients en fin de vie.

« Nous voulions faire la lumière sur les soins en fin de vie dispensés dans notre région, étant donné que ce service de santé essentiel est souvent occulté par les priorités concurrentes des autres domaines de soins de courte durée, affirme Terri Ann Brophy, chargée de projets spéciaux, bureau de l’Atlantique, ICIS.

« Nous savons que de répondre aux besoins complexes de ces patients pose un immense défi pour les planificateurs et dispensateurs de soins de santé. Et puisque la mort est le destin inévitable de tous les êtres humains, nous espérons que l’information contenue dans ce rapport aidera un plus grand nombre de personnes à connaître une belle mort. »