Risques sur quatre roues

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Les véhicules récréatifs à quatre roues sont rapides et amusants, mais n’oublions pas l’envers de la médaille.

Nos données démontrent que le nombre de blessures graves en lien avec un véhicule tout-terrain (VTT) augmente plus rapidement que celui des blessures graves liées à tout autre type d’activité majeure sur roues ou dans l’eau.

En 2009-2010, près de 3 400 personnes ont été hospitalisées pour des blessures liées à un VTT au Canada, soit une majoration de 31 % depuis 2001-2002.

Ce chiffre ne comprend pas les blessés qui ont été traités dans une clinique sans rendez-vous ou un service d’urgence ou par leur médecin de famille. Il ne comprend pas non plus les personnes qui sont décédées des suites de leurs blessures sur les lieux de l’accident.

Presque toutes les provinces et tous les territoires ont connu une hausse du nombre de blessures. Les hospitalisations en Alberta sont passées de 576 en 2001 à 868 en 2009. Au cours de cette même période, en Colombie-Britannique, les admissions en raison d’une blessure liée à un VTT sont passées de 213 à 493.

« Ces deux provinces contribuent grandement à cette augmentation », affirme Patricia Sidhom, chef de la Section de l’information sur les soins de santé primaires et des registres cliniques à l’ICIS.

Le groupe des jeunes hommes de 15 à 19 ans a enregistré le plus grand nombre de blessures.

« La règlementation concernant l’âge minimum de conduite des VTT et la formation sur la sécurité varie d’une province à l’autre. Dans certains cas, les enfants et les adolescents trop jeunes pour obtenir un permis de conduire ont le droit de conduire un VTT », explique Sidhom.

L’augmentation du nombre de blessures peut être attribuable au fait qu’un plus grand nombre de personnes utilisent des VTT. Cependant, leur popularité auprès des jeunes, et particulièrement auprès des jeunes hommes, peut également en être responsable.

Selon la Dre Natalie Yanchar, les enfants, étant donné leur petite taille et leur force restreinte, prennent des risques lorsqu’ils utilisent ces machines lourdes et peuvent manquer de jugement. Ils ne perçoivent pas les dangers aussi bien que les adultes, notamment la vitesse, les véhicules en approche, les chaussées rocheuses ou les pentes prononcées.

« Leur cerveau en développement a besoin de temps pour acquérir ces mécanismes cognitifs de réaction et de protection, déclare le directeur des soins de traumatologie du Centre de soins de santé IWK à Halifax. Cette capacité vient avec l’âge et l’expérience de vie. » 

Chez les jeunes plus âgés et les adultes, la consommation d’alcool et de drogues combinée à la taille et à la rapidité des VTT peut être désastreuse, voire fatale.

Au Centre de soins de santé IWK, centre de traumatologie pédiatrique de niveau I des Maritimes, les fractures aux bras et aux jambes sont les blessures liées à un VTT les plus courantes. Parmi les blessures graves se trouvent les ruptures du foie et de la rate, les contusions et affaissements pulmonaires, ainsi que les lésions de la moelle épinière qui se produisent lorsque les occupants sont expulsés du véhicule, ou qu’ils sont écrasés ou coincés par le véhicule.

« Les blessures les plus graves sont les traumatismes crâniens, dit la Dre Yanchar. Le port du casque permet de réduire ce risque, mais pas à 100 %. » 

Selon Statistique Canada, 187 décès en lien avec un VTT sont survenus en 2007 (une hausse par rapport à 142 en 2000). Parmi les personnes décédées, 18 étaient des enfants âgés entre 1 et 14 ans.

« Ces décès n’auraient pas dû se produire, affirme la Dre Yanchar. Il s’agit de plus de la moitié d’une salle de classe ».

Au cours des 30 dernières années, on a adopté de nouvelles lois et fait circuler des messages sur les risques de faire des tonneaux avec les VTT, sur les dangers de consommer de l’alcool et de conduire et sur le fait qu’enfants et VTT ne vont pas de pair.

Au cours de cette période, les automobiles et les routes sont devenus plus sécuritaires; il y a eu moins d’hospitalisations et de décès en raison de collisions impliquant un véhicule à moteur, et ce, malgré l’augmentation du trafic sur les routes et les autoroutes au Canada. La Dre Yanchar aimerait qu’un changement similaire s’opère dans l’univers des VTT. Si les VTT sont là pour rester et que la hausse continue du nombre de blessures reflète les risques qu’ils représentent, elle est d’avis que des mesures devraient être prises pour réduire ces risques. Parmi ces mesures, mentionnons des changements dans la conception des véhicules et leur vitesse, ainsi qu’une interdiction concernant les accessoires qui permettent de transporter des passagers, ce qui déstabilise les véhicules.