Repérer les signaux d’alerte en vue d’améliorer les soins aux clients de services de santé mentale

Printer-friendly version
Repérer les signaux d’alerte en vue d’améliorer les soins aux clients de services de santé mentale

De nouveaux outils lancés par l’ICIS au début du mois permettent de repérer les signaux dans le but d’améliorer la qualité des soins et de vie des clients atteints de problèmes de santé mentale. En effet, grâce à ces outils, les dispensateurs de soins seront au courant des problèmes potentiels avant qu’ils ne se présentent ou qu'ils ne dégénèrent.

Les nouveaux guides d'analyse par domaine d’intervention (GAD) ont été conçus par le réseau de recherche international interRAI avec l’appui de l’ICIS et d’autres cliniciens et chercheurs. Les 21 guides examinent la sécurité, la vie sociale, les problèmes économiques et l'autonomie des clients, ainsi que la promotion de la santé. Ils couvrent de nombreux sujets, de l’automutilation et du risque pour autrui aux activités criminelles, en passant par les chutes et les événements traumatisants.

Les GAD remplaceront les anciens protocoles d'évaluation de la santé mentale (MHAP), qui ont été conçus en 1999. Le remaniement a commencé par un examen des lignes directrices internationales sur les pratiques exemplaires. Ensuite, avec l’aide des organismes partenaires comme l’ICIS, de vastes consultations ont été menées auprès d’experts en la matière de partout dans le monde, y compris des évaluations directes des GAD par les cliniciens.

L’analyse des données d’interRAI sur la santé mentale faisait également partie du processus. Elle comprenait des données du Système d'information ontarien sur la santé mentale (SIOSM) de l’ICIS, ainsi que des données recueillies à partir d’évaluations menées à Terre-Neuve-et-Labrador.

« Cette initiative est vraiment le fruit d’un effort international, affirme John Hirdes, associé canadien principal et membre du Conseil d’administration, interRAI. Des experts de neuf pays ont participé à la recherche sur les nouveaux GAD. »

Comment fonctionnent-ils?

En Ontario, par exemple, chaque adulte admis dans un établissement de santé mentale ou dans l’unité de santé mentale d’un hôpital est évalué. Les protocoles puisent dans cette information et, d'après les réponses d'un client, un GAD peut être relevé, ce qui représente un signal, en quelque sorte. Des considérations et des directives fondées sur des preuves sont ensuite présentées dans le but d'aider les dispensateurs de soins à améliorer la planification des soins.

« Les GAD permettent de recenser les personnes qui sont susceptibles de connaître un bon ou un mauvais résultat, explique M. Hirdes. Ils permettent de recenser les personnes qui devraient connaître un résultat clinique différent. »

L’information est obtenue en temps réel, ce qui permet de surveiller les résultats. « Étant donné que les GAD mettent l’accent sur le rétablissement et les interventions connexes, il est aussi important de noter les protocoles qui ne sont pas relevés, explique Chris Perlman, directeur adjoint du Homewood Research Institute, qui a également travaillé sur l’élaboration des GAD. L’absence de signal peut indiquer l’existence de forces potentielles, explique-t-il. En santé mentale, ce renseignement est important, car il permet d’indiquer qu'il n'y a pas de problème. »

Les GAD sont plus précis et sensibles que les MHAP.

« Maintenant, il est possible d’établir des plans de soins pour les personnes qui vont réellement en bénéficier, » affirme M. Hirdes. « Autre aspect important, les GAD s’appliquent aux milieux de soins aux patients hospitalisés comme aux services communautaires en santé mentale, ce qui améliorera la continuité des soins. »