Quand il faut remplacer des articulations

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Quand il faut remplacer des articulations

Margaret, 84 ans, a un horaire chargé. Membre active et bénévole dans un grand centre pour personnes âgées d’Ottawa, elle fait l’aller-retour par le transport en commun quatre fois par semaine. Les grands changements de température peuvent poser des problèmes, peu importe l’âge. Or, la seule chose qui ait interrompu la routine de Margaret, c’est la douleur qui réduisait sa mobilité avant le remplacement articulaire et la période de récupération qui a suivi.

Margaret a subi autant de remplacements articulaires qu’elle a de petits-enfants : sept. Elle vit au Canada depuis 47 ans (après avoir émigré de l’Écosse), mais ce n’est qu’au cours de la deuxième moitié de son séjour ici qu’elle a dû subir ses chirurgies. Heureusement, grâce à sa famille vivant à proximité, elle a pu récupérer de ses opérations à la maison, dans la mesure du possible, avec l’aide de ses proches.

« Ce sont mes genoux qui ont guéri le plus facilement », dit Margaret. « La guérison de ma cheville a été plus longue, car pendant six semaines, elle ne pouvait supporter aucun poids. Je dépendais entièrement des autres pour m’habiller et me laver et pour les autres besoins de base. »

Comme l’Australie et le Royaume-Uni, le Canada possède un registre national — le Registre canadien des remplacements articulaires (RCRA) de l’ICIS— pour assurer le suivi de ces types de chirurgies. D’après le plus récent rapport, le Canada a recensé 93 446 hospitalisations pour l’ensemble des remplacements de la hanche et du genou en 2010-2011, ce qui représente une augmentation de 13 % en cinq ans. La Nouvelle-Écosse a connu l’augmentation la plus marquée, avec des hausses respectives de 26 et 59 % des taux de survie après cinq ans associés aux remplacements de la hanche et du genou.

Bien que la plupart des remplacements de la hanche ou du genou soient dus à l’arthrose, Margaret est atteinte de polyarthrite rhumatoïde. Au cours des 15 dernières années, cette maladie auto-immune a entraîné chez elle le remplacement des hanches, des genoux, des épaules et de la cheville gauche.

La chirurgie représente une expérience sérieuse pour tout le monde, surtout pour les personnes à l’âge de la retraite. Aussi le RCRA a-t-il pour objectif premier d’améliorer les résultats cliniques et réduire le recours à une chirurgie de reprise. Un récent rapport de l’ICIS s’est penché sur plusieurs facteurs, dont le type de surface de la prothèse, qui influent sur le risque de devoir subir une chirurgie de reprise. Le rapport a conclu que certaines prothèses de hanche de type métal sur métal sont plus susceptibles d’entraîner une reprise, ce qui se reflète aussi dans les registres internationaux et la littérature médicale.

Heureusement, aucune des sept interventions de Margaret n’a nécessité de reprise. C’est sans doute ce qui l’a aidée à conserver sa santé, son autonomie et sa qualité de vie. « Il faut demeurer actif, surtout quand on a subi des remplacements articulaires », dit-elle.

L’ICIS tente d’assurer le suivi de tous les Canadiens qui ont besoin d’un remplacement articulaire. Jusqu’à maintenant, la Colombie-Britannique, le Manitoba et l’Ontario ont rendu obligatoire la déclaration au RCRA. Ailleurs, les chirurgiens et les hôpitaux soumettent leurs données sur une base volontaire, à l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard qui ne fournit pas de données pour l’instant.