Prise de décisions fondée sur des données probantes

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Lorsque l’Association des hôpitaux de l’Ontario (OHA) a entrepris d’aider le gouvernement provincial à « amortir la courbe des coûts » liés aux soins de santé, elle s’est tournée vers les données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) pour y parvenir.

Réalisée en 2010 en partenariat avec l'Association des centres d'accès aux soins communautaires de l'Ontario et la Fédération des programmes communautaires de santé mentale et de traitement des toxicomanies de l’Ontario, l’analyse de rentabilisation Ideas and Opportunities for Bending the Health Care Cost Curve: Advice for the Government of Ontario avait pour but d’aider la province à répondre à la demande grandissante en soins de santé en période de restrictions budgétaires. 

L’analyse a présenté 16 recommandations tangibles fondées sur des données probantes pour réaliser des économies tout en améliorant l’accès à des soins de qualité. Parmi ces recommandations, on retrouvait des stratégies pour mieux prendre en charge les maladies chroniques coûteuses, assurer une transition appropriée des services hospitaliers vers la collectivité, ainsi que réduire les dépenses liées aux médecins et aux médicaments afin qu’elles correspondent davantage à celles des autres provinces.

« L’analyse regorge d’idées pour dispenser de meilleurs soins et faire des économies, affirme Tom Closson, ancien président-directeur général de l’Association des hôpitaux de l’Ontario. À l’aide des données de l’ICIS, elle vise à guider le gouvernement. »

Chaque année, l’Association des hôpitaux de l’Ontario utilise également le rapport de l’ICIS sur les dépenses de santé pour comparer les dépenses de l’Ontario avec celles des autres provinces et territoires, notamment les dépenses par habitant liées aux hôpitaux, aux médicaments et aux médecins. 

Au chapitre des dépenses liées aux hôpitaux, Closson mentionne que, « en Ontario, les dépenses par habitant liées aux hôpitaux se situent environ à 300 $ en deçà de celles des autres provinces. Ce chiffre semble peu, mais si on le multiplie par les 13 millions d’habitants de la province, on obtient des économies d’environ 4,1 milliards de dollars pour l’année en cours. »

Autrement dit, en 2010, si le gouvernement de l’Ontario avait financé ses hôpitaux de la même façon que les autres provinces, il aurait dépensé 4,1 milliards de dollars de plus.

« C’est ce que l'on appelle le dividende de l'efficience des hôpitaux, ajoute Closson. Nous savons que l’Ontario effectue moins d’admissions par habitant et tend à avoir des séjours de plus courte durée; nous avons donc pensé traduire cela en dollars. » 

Bien que, dans la province, les dépenses par habitant liées aux médicaments et aux médecins dépassent celles des autres provinces et territoires et, de près de 20 % dans le cas des médecins, Closson souligne qu’en Alberta, les dépenses par habitant liées aux hôpitaux sont 54 % plus élevées que celles de l’Ontario.

« Ce chiffre est considérable, surtout parce que la population de l’Alberta est très jeune, affirme‑t-il. Seuls 10,5 % des habitants sont âgés de 65 ans ou plus, et ce sont les personnes âgées qui ont le plus recours aux services des hôpitaux. »

Le dividende de l’efficience s’élevait à 3,5 milliards de dollars en 2009 et à 2,8 milliards l’année précédente.

« Nous ne cherchons pas à obtenir 4,1 milliards de plus du gouvernement, affirme Closson. Nous faisons seulement remarquer que les hôpitaux de l’Ontario sont dirigés de façon efficace. Les données nous permettent de montrer que les Ontariens en ont pour leur argent. Et nous sommes en mesure de dégager cet argent et de l’utiliser à d'autres fins. »