Pourquoi appeler une ambulance pourrait vous sauver la vie : l’histoire de Mike

Crises cardiaques et AVC nécessitent une aide d’urgence mais les victimes n’appellent pas toutes une ambulance

Samedi matin 4 juin 2016, Mike Bertrand, 63 ans, aide un ami âgé à préparer son déménagement. Mike et son fils Mathew, 28 ans, font des boîtes et les chargent dans une camionnette. Même si Mike est en bonne condition physique, il se fatigue rapidement, à un point tel qu’il doit faire une pause. Il commence à se sentir mal. Il dit à son fils que quelque chose ne va pas et pense d’abord rentrer simplement à la maison.

Puis Mike se rend compte que ses symptômes sont sérieux et demande plutôt à son fils de le conduire à l’hôpital, mais il ne lui passe pas par la tête qu’il fait une crise cardiaque. Mécanicien de chantier à la retraite, Mike a toujours été actif et a su maintenir son poids, ce dernier ne variant jamais de plus de 10 livres. En allant vers l’hôpital, Mike commence à se sentir encore plus mal et demande calmement à son fils d’appeler le 911 pour qu’une ambulance vienne à leur rencontre. Ils poursuivent leur chemin et voient bientôt l’ambulance arriver de l’autre côté de la route. Mathew brûle un feu rouge et fait demi-tour pour aller rejoindre l’ambulance.

Une fois Mike à bord, l’ambulancier constate rapidement qu’il fait une crise cardiaque. Mike est étonné d’entendre le diagnostic. L’ambulancier lui fait une injection de nitroglycérine et appelle le campus Civic de l’Hôpital d’Ottawa pour avertir le service d’urgence qu’un patient aura besoin de soins immédiats dès son arrivée. Quand Mike arrive à l’hôpital, il est attendu par le chirurgien et son équipe.

Mike récupérera totalement, mais il s’estime chanceux d’avoir été cueilli par l’ambulance sur la route, d’y avoir reçu immédiatement un traitement et d’avoir été accueilli par un chirurgien préparé et prêt à l’opérer à son arrivée. Mike pense que le fait d’avoir pris l’ambulance pour aller à l’hôpital lui a sauvé la vie.

Une semaine avant le déménagement, Mathew avait mangé des mets chinois avec sa femme et sa belle-famille. Après le repas, il avait trouvé dans son biscuit le message suivant : « Vous serez le héros de quelqu’un ». Mathew a amené rapidement son père jusqu’à l’ambulance et, en définitive, a contribué à lui sauver la vie. Il ne fait aucun doute qu’il est un héros.

Quand devrait-on appeler une ambulance?

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les crises cardiaques nécessitent une aide d’urgence, préférablement une ambulance. L’ICIS a publié récemment une analyse éclair intitulée Utilisation d’une ambulance pour une affection exigeant une aide d’urgence : AVC et crise cardiaque, en collaboration avec la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada. Cette courte analyse indique les proportions de patients victimes d’un AVC et d’une crise cardiaque qui arrivent à l’hôpital en ambulance, et met en relief les caractéristiques de ceux qui n’utilisent pas d’ambulance.

Résultats

Figure 1 Certaines caractéristiques des patients et leur influence sur l’utilisation d’une ambulance (AVC et crise cardiaque)

Facteurs liés à une probabilité plus élevée d’utiliser une ambulance pour un AVC ou une crise cardiaque, par ordre décroissant de degré d’influence : être plus âgé, vivre plus loin de l’hôpital, vivre dans un quartier au quintile de revenu plus bas, et être une femme. 
Facteurs liés à une probabilité moins élevée d’utiliser une ambulance pour un AVC ou une crise cardiaque, par ordre décroissant de degré d’influence : être plus jeune, vivre plus près de l’hôpital, vivre dans un quartier au quintile de revenu plus élevé, et être un homme.

En 2014-2015, au Canada (Québec exclu), plus de 34 000 personnes ont été admises à l’hôpital à la suite d’un AVC, et plus de 75 000 à la suite d’une crise cardiaque. Il est recommandé que toute personne qui présente des signes d’AVC ou de crise cardiaque appelle une ambulance. Pourtant, un patient sur 3 victime d’un AVC et un patient sur 2 victime d’une crise cardiaque n’arrive pas à l’hôpital en ambulance.

En général, les patients victimes d’un AVC ou d’une crise cardiaque qui étaient le moins susceptibles d’arriver à l’hôpital en ambulance

  • étaient jeunes (45 ans ou moins)
  • étaient de sexe masculin
  • vivaient près de l’hôpital
  • vivaient dans un quartier à revenu plus élevé

L’influence de ces facteurs était plus forte chez les patients victimes d’une crise cardiaque. Même après un ajustement en fonction des variables de gravité de l’affection (comorbidités, nombre d’interventions, durée du séjour et décès), ces caractéristiques demeuraient significatives.

En savoir plus

Au Canada, on recommande que toute personne qui présente des signes d’AVC ou de crise cardiaque appelle une ambulance. Les ambulanciers peuvent évaluer le patient et le prendre en charge, prévenir l’hôpital et transporter le patient jusqu’à l’hôpital le mieux en mesure de le traiter.

Selon la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, les signes d’une crise cardiaque varient d’une personne à l’autre et ne sont pas toujours soudains ou aigus. Même si une douleur ou un inconfort thoraciques sont les symptômes les plus courants d’une crise cardiaque chez les hommes et les femmes, certaines personnes ne ressentent pas cette douleur ou cet inconfort ou alors faiblement seulement. Certaines personnes n’ont qu’un symptôme, d’autres éprouvent une combinaison de symptômes.

Si vous pensez que vous — ou l’un de vos proches — faites une crise cardiaque ou un AVC, appelez une ambulance. Vous aussi pourriez être un héros.


. Institut canadien d’information sur la santé. Votre système de santé. Consulté le 20 mai 2016.