Point de mire

Les points de vue sur les temps d’attente au Canada
L’accès aux soins et les longues attentes touchent tous les Canadiens

avril 2017

L’accès aux soins et les longues attentes, qui touchent tous les Canadiens, influent grandement sur l’expérience des patients dans les systèmes de santé. Il faut prendre en compte les divers aspects du dialogue national sur les temps d’attente; par ailleurs, l’attente dépend largement du type de soins requis et de la situation géographique.

Pour que le portrait de la situation soit le plus précis possible, nos suivis et nos rapports sur les temps d’attente ont trait à différentes facettes des systèmes de santé au pays.

Les interventions prioritaires

Nous produisons des rapports sur l’attente pour des interventions prioritaires — remplacement de la hanche, remplacement du genou, chirurgie de la cataracte, réparation d’une fracture de la hanche et radiothérapie — depuis plus d’une dizaine d’années.

En 2016, selon nos données les plus récentes, 3 patients canadiens sur 4 ont subi leur intervention dans le délai recommandé sur le plan médical, bien que ces résultats variaient selon le type d’intervention.

Notre outil Web permet d’observer les tendances relatives aux interventions prioritaires; il propose à la fois une vue d’ensemble historique et un aperçu de la situation actuelle.

Le point de vue du patient

Selon les résultats de l’Enquête internationale du Fonds du Commonwealth sur les politiques de santé, que nous avons publiés en février dernier, les patients canadiens sont d’avis que la rapidité de l’accès aux soins médicaux ne va pas en s’améliorant.

Au moins 3 Canadiens sur 4 subissent leur intervention dans un délai médicalement acceptable, mais cette donnée varie selon l’intervention subie et le lieu de résidence. Le délai médicalement acceptable pour une réparation d’une fracture de la hanche est de 48 heures. 86 % des Canadiens ont subi leur chirurgie de réparation d’une fracture de la hanche dans les 48 heures en 2016; il s’agit d’une amélioration par rapport à 81 % en 2012. Le délai médicalement acceptable pour une chirurgie de la cataracte est de 112 jours, ou environ 4 mois. Moins de Canadiens ont subi leur chirurgie de la cataracte dans un délai de 4 mois en 2016 (73 %) qu’en 2012 (83 %). Le délai médicalement acceptable pour un remplacement articulaire est de 182 jours, ou environ 6 mois. Environ 75 % des Canadiens ont attendu 6 mois ou moins pour un remplacement de la hanche ou du genou; cette donnée variait toutefois considérablement d’une province à l’autre, soit de 38 % à 85 %. Le délai médicalement acceptable pour une radiothérapie est de 28 jours, ou environ 1 mois. 97 % des Canadiens ont attendu 1 mois ou moins pour recevoir une radiothérapie. Pour en savoir plus sur les temps d’attente au Canada, consultez l’outil en ligne de l’ICIS à tempsdattente.icis.ca.  En fait, les Canadiens, par comparaison avec les citoyens de pays semblables, font état des temps d’attente les plus longs pour voir un médecin ou un spécialiste ou pour une visite à l’urgence. Même si la plupart des Canadiens (93 %) ont un médecin régulier ou un endroit régulier de soins, les résultats du Canada demeurent sous la moyenne quant à 7 mesures de l’accès rapide aux soins de santé sur 8.

Moins de la moitié des Canadiens, la dernière fois qu’ils ont eu besoin de soins médicaux, ont pu obtenir un rendez-vous avec le médecin de famille ou à l’endroit régulier de soins le même jour ou le jour suivant.

Il est plus difficile au Canada que dans la plupart des autres pays d’avoir accès à des soins après les heures de travail. À peine un patient sur 3 a pu obtenir des soins médicaux le soir, la fin de semaine ou un jour férié sans se rendre au service d’urgence.

Les Canadiens se rendent plus souvent au service d’urgence que les résidents des autres pays et ils attendent plus longtemps avant d’y obtenir des soins.

Les Canadiens déclarent par ailleurs les plus longues attentes pour voir un spécialiste, plus de la moitié d’entre eux ayant attendu au moins 4 semaines, par rapport à la moyenne internationale de 36 %.

Les médecins participent au dialogue

Lors de l’Enquête internationale de 2015 du Fonds du Commonwealth, les médecins ont déclaré que l’accès aux soins durant et après les heures de travail s’était amélioré. Les médecins ayant participé à l’enquête ont toutefois précisé que les patients canadiens faisaient encore face à d’importants temps attentes.

Selon l’enquête, la proportion de médecins qui ont dit que leurs patients devaient souvent attendre longtemps avant d’être traités à la suite d’un diagnostic a diminué de 2009 à 2015.

Au cours de la même période, la proportion de médecins qui ont dit que la plupart de leurs patients peuvent obtenir un rendez-vous le jour même ou le jour suivant a augmenté. D’un autre côté, 40 % des médecins de soins primaires canadiens ont indiqué que leurs patients avaient souvent de la difficulté — de longs temps d’attente, par exemple — à obtenir des examens diagnostiques spécialisés (examen par TDM ou IRM, mammographie, etc.).

Au-delà de nos frontières

Pour tous les travailleurs de la santé au pays, les temps d’attente demeurent une priorité. Les comparaisons internationales montrent non seulement les progrès que les provinces et territoires ont pu réaliser, mais aussi les secteurs où des pays semblables ont pu aller encore plus loin. Une telle vue d’ensemble peut orienter nos actions futures en vue d’améliorer cet aspect des soins de santé au Canada.

Les comparaisons internationales que l’ICIS continue d’explorer alimentent au plus haut point le dialogue. L’analyse et la diffusion de données provenant d’organisations importantes, notamment l’Organisation de coopération et de développement économiques et le Fonds du Commonwealth, permettent d’aborder les temps d’attente en s’appuyant sur leur connaissance de la question.