Point de mire

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La performance du système de santé : le Canada perd-il du terrain?
Étudier les comparaisons et tendances internationales pour comprendre la performance des systèmes de santé au Canada

Au cours des dernières années, la performance du système de santé canadien sur la scène internationale a fait l’objet de nombreuses discussions. Les Canadiens estiment qu’ils ont l’un des meilleurs systèmes de santé au monde. Toutefois, on se questionne de plus en plus à savoir si notre système de santé est au même niveau que ceux d’autres pays.

Inspirés par une récente étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques qui mesure le fardeau de la maladie, des blessures et des facteurs de risque dans les pays de l’OCDE, nous avons décidé d’examiner la performance du Canada en matière de mortalité prématurée. Notre rapport, Performance du système de santé canadien à l’international sur 50 ans : regard sur les années potentielles de vie perdues, répond à la question « La performance du système de santé du Canada est-elle égale ou inférieure à celle des pays les plus performants? »

Que sont les APVP?

Afin de comprendre la performance du système de santé du Canada en matière de mortalité prématurée, il est essentiel d’examiner les comparaisons et les tendances internationales sur les années potentielles de vie perdues (APVP). Mais que sont ces « années potentielles de vie perdues »? Il s’agit d’une mesure de la mortalité prématurée qui donne une estimation du nombre d’années additionnelles qu’une personne aurait vécues, n’eût été son décès avant l’âge de 70 ans. Autrement dit, une personne qui meurt à 50 ans perd 20 années potentielles de vie. Les APVP d’un pays représentent le nombre total d’années potentielles de vie perdues chaque année à l’échelle de la population.

Que sont les APVP? La personne A meurt à 50 ans. Elle a perdu 20 années potentielles de vie. La personne B meurt à 40 ans. Elle a perdu 30 années potentielles de vie. La personne C meurt à 65 ans. Elle a perdu 5 années potentielles de vie.

Qu’avons-nous découvert?

Notre analyse, qui porte sur 50 ans, fait apparaître certains bons résultats pour le Canada. Elle montre notamment qu’entre 1960 et 2010, les APVP au Canada sont passées de 9 113 à 3 113 par 100 000 habitants, une amélioration de 66 %. Toutefois, par rapport aux autres pays de l’OCDE, le Canada s’est toujours maintenu en milieu de peloton. Entre 2000 et 2010, des pays qui suivaient habituellement la trajectoire du Canada ont commencé à gagner du terrain par rapport aux autres pays de l’OCDE.

La performance moyenne du Canada est encore plus évidente lorsqu’elle est comparée à celle de l’Australie. Si les 2 pays se maintenaient en milieu de peloton pendant la plus grande partie de la période à l’étude, l’Australie s’est démarquée au cours des 10 dernières années, pendant que le Canada stagnait. D’autres pays, comme l’Espagne, la Suisse, la Norvège et l’Italie, dont la performance se comparait pour une certaine période à celle du Canada, ont également fait des progrès importants au cours des dernières années.

Les APVP varient grandement selon le sexe; d’ailleurs, l’écart entre les hommes et les femmes au Canada est considérable. Les Canadiennes perdent du terrain par rapport à la moyenne internationale, particulièrement dans le cas des années de vie perdues en raison du cancer du poumon. Les Canadiens s’en tirent mieux et leur moyenne est supérieure à celles des autres pays depuis les années 1990.

Peut-on faire mieux?

Deborah Cohen, coauteure de l’étude, suggère que ces résultats doivent mener à une discussion sur la performance du Canada.

« Notre rapport montre que le Canada peut s’améliorer et tirer des leçons de pays semblables. Il serait utile d’analyser les stratégies sur les soins de santé, mais également celles en place dans d’autres secteurs tels que les politiques sociales, l’éducation, la promotion de la santé et la prévention des maladies, pour apprendre comment les mettre en application dans le contexte canadien. »

En définissant les domaines dans lesquels le Canada accuse un retard par rapport à la moyenne internationale en matière de mortalité prématurée, nous pourrons mieux cibler les efforts déployés pour améliorer la santé des Canadiens.

En plus du rapport intégral, vous pouvez consulter l’outil Web interactif complémentaire. Il vous permettra de mieux comprendre les principales causes des APVP imputables au cancer, aux maladies cardiaques, aux accidents vasculaires cérébraux ainsi qu’aux causes externes comme les chutes, les accidents de circulation, les intoxications accidentelles et les blessures auto-infligées dans les 18 pays de l’OCDE à revenu élevé étudiés.