L’information numérique sur la santé au service de l’amélioration de la qualité et de la sécurité de notre système de santé : une discussion franche

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L’information numérique sur la santé au service de l’amélioration de la qualité et de la sécurité de notre système de santé : une discussion franche

L’utilisation de l’information numérique pour les besoins du système de santé suggère une exploitation de la valeur potentielle des données sur la santé. Il est possible d’améliorer la qualité, la sécurité et la rentabilité du système de santé canadien de bien des manières. Or de telles améliorations passent avant tout par la qualité des données.

Nous avons été aux premières loges d’un symposium sur ce sujet à l’occasion de la conférence e-Health 2014. L’ICIS y a réuni des conférenciers locaux et étrangers qui ont pu discuter, de façon franche et ouverte, de l’utilisation de l’information numérique sur la santé dans leurs domaines respectifs. 

Résumé des discussions 

Tendances de l’utilisation de l’information pour les besoins du système de santé au Royaume-Uni et en Australie

En Angleterre, comment le National Health Service (NHS) se sert-il des données pour suivre au fil du temps les tendances au chapitre des soins aux patients de manière à équilibrer la demande et l’offre en services de santé? La réponse nous est venue du Dr Geraint Lewis, directeur général des données au NHS : des millions d’enregistrements d’épisodes d’hospitalisation sont actuellement soumis à la base de données des statistiques sur les épisodes d’hospitalisation (HES). Ces enregistrements servent à décrire, prévoir, évaluer, comparer et vérifier les services de santé offerts dans le tout le pays.

Le Dr Lewis a mentionné que l’utilisation de la base de données HES pose plusieurs défis. Il a présenté des plans visant à ajouter une base de données sur les services liés aux épisodes de soins. Cette base de données contiendra des données hospitalières et, entre autres, de l’information essentielle sur les médecins généralistes et les soins communautaires, ainsi que des données sur la santé mentale et les services sociaux. 

Soins de santé : le pouvoir de choisir

Selon le Dr Lewis, cette gamme de données permettra ultimement de suivre et de prévoir les tendances en matière de soins et les résultats pour les patients. Le soutien nécessaire pourra ainsi être offert au bon endroit. Il a ajouté que les prochaines étapes incluent la mise en commun transparente et pertinente des données recueillies dans le cadre de l’initiative Care.Data, afin de favoriser la responsabilisation dans le système et de permettre aux citoyens de faire des choix quant aux soins de santé. 

Évolution de l’utilisation de l’information pour les besoins du système de santé 

La Dre Louise Schaper, présidente-directrice générale du Health Informatics Society of Australia, a discuté de l’évolution de l’utilisation de l’information pour les besoins du système de santé australien. Elle a mentionné les retombées des événements nationaux portant sur la masse de données et l’analytique de la santé, organisés depuis 2011. « Nous ne sommes pas préparés », a-t-elle déclaré d’emblée. Presque tous les dirigeants de l’information sur la santé sont d’avis que l’analytique de la santé joue un rôle prédominant dans la prestation de soins de santé fondés sur la valeur, mais sur le terrain, 75 % d’entre eux se sont engagés bien modestement à intégrer l’analytique ont manifesté un engagement modéré, voire minimal, envers l’intégration de l’analytique. 

Gestion des données en temps réel 

En 2011, le gouvernement australien a créé d’importantes occasions d’améliorer l’utilisation de l’information pour les besoins du système de santé. Il a fusionné plusieurs organismes (Centrelink, Medicare, Child Support Agency et CRS Australia) pour mettre sur pied le Department of Human Services (DHS). Cette fusion a pour but de créer une ressource publique qui exploiterait les fichiers de données volumineux des services administratifs existants afin de faciliter la gestion du système et la recherche en santé. Au bout du compte, on cherche à gérer toutes ces données en temps réel et à créer un système de santé d’enseignement, a-t-elle ajouté. Écoutez la Dr Schaper qui discute de l’approche australienne (vidéo en anglais). 

Utilisation de l’information pour assurer la qualité et la sécurité du système de santé canadien

Mike Barron, président-directeur général du Newfoundland and Labrador Centre for Health Information, a présenté l’historique et le mandat du Centre. Il a ensuite parlé des défis stratégiques que pose l’utilisation de l’information pour les besoins du système de santé à l’échelle provinciale. La population de Terre-Neuve et Labrador connaît le vieillissement le plus rapide au pays et les services y sont largement distribués dans la province. Or, selon M. Barron, la province est confrontée à un défi majeur : il faut convaincre les consommateurs qu’il est possible d’améliorer le système de santé à partir de données qui répondent à ses besoins. M. Barron espère que ce défi pourra être relevé à mesure que le Centre se développera et intègrera ses données afin de répondre aux besoins des utilisateurs.

Comprendre les problèmes liés aux soins de longue durée

Le Dr John Hirdes, président du réseau interRAI Network of Canada et professeur à l’Université de Waterloo, a fait état des progrès réalisés au chapitre de la gamme de produits interRAI, surtout dans le secteur des soins de longue durée. Il a souligné l’importance de bien comprendre les problèmes de qualité associés à l’utilisation des données recueillies au point de service en soins de longue durée. Selon lui, cette compréhension nous permettra de nous sur la résolution de ces problèmes et sur le soutien dont ont besoin certains de nos patients les plus vulnérables.

Le Dr Hirdes a expliqué, par exemple, comment les données ont permis de démontrer la mauvaise qualité des services dans des établissements de soins à domicile au Michigan et en Ontario, et de l’améliorer dans les domaines pertinents. Il a souligné 2 grandes idées à méditer : garder les personnes hors des centres de soins infirmiers, mais si elles doivent vraiment y aller, améliorer la qualité du service. Visionnez l’exposé intégral du Dr Hirdes (vidéo en anglais).

Abandon progressif des dossiers électroniques et papier 

Le Dr Bill Clifford, chef du service de l’information médicale de l’autorité sanitaire Northern en Colombie-Britannique, s’est prononcé sur la mise en œuvre et l’utilisation des dossiers médicaux électroniques dans le milieu des soins de santé primaires. Il a insisté sur l’importance d’abandonner les dossiers à la fois électroniques et papier, et des silos qu’ils créent, au profit d’une meilleure utilisation des dossiers et des données de qualité qui favoriseront la mise en commun des connaissances au sein de la profession médicale. Visionnez la présentation intégrale du Dr Clifford (vidéo en anglais). 

Diffusion pertinente des résultats

Le Dr Douglas Cochrane, président et représentant provincial de la sécurité des patients et de la qualité des soins, B.C. Patient Safety and Quality Council, a discuté de la mise en œuvre récente d’évaluations par les pairs dans le cadre des travaux sur l’imagerie diagnostique en radiologie. Il a souligné à quel point il peut être difficile d’appliquer une solution techniquement simple à un système régional complexe et adaptable, qu’il appelle un « système fondé sur la personne ». Il a ensuite insisté sur l’importance de compter sur la participation des dispensateurs de soins à la conception des systèmes d’information, simplement parce qu’ils savent mieux que quiconque ce qui constitue un bon résultat. « Certes, les systèmes se sont améliorés, a-t-il ajouté, mais il ne suffit pas de produire des mesures. Il faut aussi trouver des moyens pertinents de diffuser les résultats. 

Des avantages qui valent vraiment la peine 

Brent Diverty, vice-président des programmes à l’ICIS, a bouclé le symposium en soulignant que le Canada, l’Angleterre et l’Australie font un travail remarquable au chapitre de l’utilisation de l’information pour les besoins du système de santé, mais qu’il reste encore beaucoup à faire.

D’après M. Diverty, le processus comporte des risques doivent être gérés. Les systèmes de collecte de données doivent intégrer des normes de contenu qui favorisent une utilisation durable de l’information par le système. Les avantages valent vraiment la peine. En continuant la collaboration du côté de l’offre et en trouvant des occasions de partenariat commercial, il est possible de faire progresser le programme d’utilisation de l’information pour les besoins du système de santé.