Les transplantations d’organes sont à la hausse, mais la pénurie persiste au Canada

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Des vies sauvées grâce à des organes reçus à temps. Mais le taux de donneurs décédés demeure plus faible au Canada que dans d’autres pays

Bonne nouvelle : un plus grand nombre de Canadiens font don de leurs organes, de leur vivant ou à leur décès, et aident ainsi à répondre aux besoins en transplantation et à améliorer la qualité de vie des patients.

Moins bonne nouvelle : un écart considérable persiste entre les dons et les besoins en organes, et le Canada a encore du progrès à faire par rapport à d’autres pays.

Un rapport récent de l’ICIS intitulé Traitement du stade terminal de l’insuffisance organique au Canada, de 2003 à 2012 résume les données sur les transplantations d’organes des 10 dernières années. Même s’il indique plusieurs secteurs devant faire l’objet d’améliorations considérables, ce rapport brosse un portrait positif pour les Canadiens et offre des points de vue importants aux dirigeants du système de santé et aux responsables de l’élaboration des politiques.

Faits à souligner

Notre rapport indique une hausse notable de la générosité des donneurs au Canada et surtout, une augmentation de 114 % chez les donneurs vivants non apparentés depuis 2003. Autre fait digne de mention, les jeunes Canadiens (de la naissance à 39 ans) forment le plus important groupe de donneurs vivants, suivis de près par les personnes de 40 à 49 ans.

La conclusion la plus importante est sans doute que le taux de donneurs décédés a connu une croissance soutenue ces 10 dernières années. Pour la première fois depuis quelques années, les donneurs d’organes décédés sont plus nombreux que les donneurs vivants au Canada.

Cette statistique est importante, car les donneurs décédés peuvent donner jusqu’à huit organes aux fins de transplantation aux Canadiens qui en ont besoin.

Attendre une transplantation

Les statistiques positives du rapport de l’ICIS s’expliquent en partie par l’augmentation du nombre d’initiatives gouvernementales, comme une inscription en ligne plus facile pour les donneurs. S’ajoute à cela une plus grande sensibilisation de la population en raison d’une couverture médiatique accrue et de campagnes dans les médias sociaux.

Toutefois, malgré la hausse du nombre de donneurs d’organes au Canada, en particulier au cours des quatre dernières années, l’écart persiste : pour chaque groupe d’organe (cœur, poumons, foie et reins), on compte un nombre égal ou supérieur de Canadiens en attente.

Le coût humain de cet écart se répercute dans le nombre de Canadiens qui sont décédés pendant qu’ils attendaient une transplantation, soit 230 en 2012.

L’histoire de Susan

Susan McKenzie est directrice principale du développement au bureau national de la Fondation canadienne du rein. Or elle a aussi reçu un organe.

Susan explique qu’à l’origine, son équipe soignante visait une transplantation rénale préventive afin de contrer les effets de son insuffisance rénale héréditaire. En 2009 toutefois, après 10 ans de stabilité relative, l’état de santé de Susan s’est subitement détérioré et sa maladie s’est mise à progresser, trop rapidement pour qu’on puisse trouver un donneur compatible et procéder à une transplantation rénale. Le temps de le dire, Susan s’est retrouvée en dialyse.

« Du jour au lendemain, ou presque, je suis passée de l’état d’une personne en santé à celui d’une personne nécessitant trois séances de dialyse par semaine. L’adaptation a été difficile. »

Nouveau regard sur la vie

Susan s’est alors mise à chercher un donneur. En raison de la nature de sa maladie, les membres biologiques de sa famille ne pouvaient lui donner un rein. Susan a donc cherché un donneur parmi ses amis et les autres membres de sa famille. Selon elle, les recherches ont porté leurs fruits parce qu’elle les a faites elle-même. Six personnes se sont portées volontaires et les tests de compatibilité ont commencé. « Le simple fait de savoir que des gens se sont présentés pour subir des tests m’a beaucoup aidée, raconte-t-elle. Je voyais la lumière au bout du tunnel. »

À peine un an plus tard, Susan avait un nouveau rein… et une deuxième chance. Elle est maintenant en santé depuis quatre ans.

« Toute cette expérience m’a transformée. Je ne vois plus la vie de la même façon. Après une transplantation, la vision du monde n’est plus la même. »