Les indicateurs de l’ICIS… en appui à la qualité des soins

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Le Dr Mark Duerksen est un pionnier de l'ère de l'information en médecine familiale.

En tant que président du Steinbach Family Medical Center du Manitoba, il utilise les dossiers médicaux électroniques (DME) depuis onze ans. De plus, sa clinique est parmi les premières au Canada à intégrer l’évaluation de la qualité directement aux activités des médecins au moyen des indicateurs de soins de santé primaires (SSP).

Mis au point par l’Institut canadien d’information sur la santé, les indicateurs de SSP permettent aux dispensateurs de soins d’utiliser les données des DME pour évaluer de nombreux aspects de leurs pratiques.

Avant l’intégration des indicateurs aux DME, le Dr Duerksen affirme que son groupe de pratique ne disposait d’aucune méthode systémique pour la détection préventive et la gestion des affections chroniques comme le diabète et l’hypertension. Les taux de dépistage de chaque médecin sont maintenant extraits des DME tous les trois mois.

« Nous avons constaté que les données en soi sont une source de motivation. Elles nous permettent en effet de nous pencher sur les procédés à mettre en place pour apporter des améliorations », déclare-t-il.

Pour favoriser la prestation de soins plus complets et préventifs, le logiciel de la clinique Steinbach comprend des rappels qui avertissent les médecins quant aux tests et examens nécessaires. Même si une patiente se présente en raison d’une douleur à la cheville, un écran apparaîtra sur le moniteur du Dr Duerksen, l’avisant que la patiente a besoin d’un contrôle du cholestérol et d’un test Pap. Il peut maintenant suivre, au fil du temps, l’assiduité de ses patients à ces tests.

Les indicateurs de SSP constituent des repères essentiels pour l’initiative de renouvellement des soins de santé primaires du Manitoba, particulièrement le Physician Integrated Network (PIN) auquel le groupe du Dr Duerksen a participé.

« Nous ne pouvons prétendre à la qualité sans disposer d’indicateurs pour la mesurer, » déclare Jeanette Edwards, conseillère spéciale du sous-ministre de la Santé et de la Vie saine du Manitoba en matière de soins primaires. « Nous avons adopté ces indicateurs et nous avons beaucoup appris. » Elle fait remarquer que les DME jumelés aux indicateurs ont en outre permis à de nombreux médecins de mieux comprendre leurs groupes de patients.

« Auparavant, nous traitions les patients de façon individuelle. Nous avons maintenant ce profil de pratique global qui nous amène à réfléchir sur les éléments à améliorer, » affirme le Dr Duerksen. « Lorsque nous pratiquons une intervention, c’est bien que des données nous indiquent si celle-ci a fonctionné. »

Les résultats du RIM sont éloquents. Une clinique a vu son nombre de tests de dépistage du cancer colorectal augmenter de plus de 31 % au cours de la première phase et, dans une autre clinique, les tests de dépistage du diabète ont grimpé de 44 % et les contrôles de l’hypertension, de près de 17 %.

 

« Les indicateurs ont été d’une importance capitale », déclare le Dr Alan Katz, professeur agrégé de médecine familiale et de sciences de la santé communautaire à l’Université du Manitoba. « Le processus de collecte (de données pour eux) a eu une énorme incidence sur la façon dont les médecins utilisent les DME pour le bien des patients. La compréhension à l’égard de la responsabilité des médecins en matière de soins a changé. On pense en fonction des populations à risque. »