Les données sur les remplacements articulaires changent des vies

Printer-friendly version
Les données sur les remplacements articulaires changent des vies

Nous savons tous que depuis des dizaines d’années, les consommateurs et les détaillants au Canada bénéficient de l’enregistrement et du suivi efficaces des produits au moyen des codes à barres normalisés, ainsi que de l’association de cette information aux consommateurs qui utilisent ces produits. Toutefois, vous ne savez peut-être pas que l’ICIS utilise une méthode semblable pour aider les décideurs et les cliniciens à mieux comprendre quels appareils médicaux conviennent à quels patients.

Lancé en 2000, le Registre canadien des remplacements articulaires (RCRA) est le seul registre pancanadien des appareils médicaux qui associe l’information sur les implants de la hanche et du genou aux dossiers d’hospitalisation des patients, et ce, dans le but d’améliorer la qualité des soins et des résultats pour les patients. L’ICIS et les orthopédistes du Canada travaillent de concert pour assurer la réussite continue du RCRA. Une telle collaboration pourrait d’ailleurs servir éventuellement de modèle pour la collecte et l’utilisation de l’information sur les appareils médicaux.

Améliorer la qualité des soins et les résultats pour les patients

L’an dernier, l’ICIS a révélé que les patients portant un certain type d’implant de la hanche métal sur métal (de diamètre large) étaient 1,6 fois plus susceptibles de subir une reprise dans les cinq ans suivant le remplacement de l’implant que les patients portant l’implant métal sur plastique le plus courant.

Ces statistiques, fondées sur une analyse de huit années de données du RCRA, sont importantes, car les patients dont les hanches artificielles doivent être remplacées plus tôt que prévu après un premier remplacement articulaire nécessitent une deuxième chirurgie qui affectera leur qualité de vie. De plus, une reprise engendre des dépenses plus élevées qu’un remplacement articulaire initial. En effet, une reprise pratiquée à l’hôpital coûte environ 45 % de plus qu’une chirurgie initiale (sans compter les frais des médecins et les coûts de réadaptation). Aussi, ces patients sont hospitalisés 17 % plus longtemps en moyenne que ceux qui subissent un remplacement articulaire initial.

Les chirurgiens peuvent utiliser l’information dans le RCRA pour prendre des décisions éclairées sur les implants appropriés pour leurs patients, en tenant compte notamment de leur âge, de leur sexe et de leur niveau d’activité physique.  

L’évolution du RCRA

Auparavant, la déclaration au RCRA n’était pas obligatoire et le niveau de soumission à ce registre était au-dessous de 50 % à l’échelle du Canada. En d’autres termes, seulement la moitié environ de tous les remplacements articulaires de la hanche et du genou étaient consignés dans le registre. En 2012, conscient qu’une méthode de soumission plus simple pourrait augmenter la participation au RCRA partout au Canada, l’ICIS a créé un nouveau fichier minimal pour le RCRA sur recommandation de l’International Society of Arthroplasty Registries (ISAR). Cette initiative a permis de réduire considérablement le nombre d’éléments de données soumis ainsi que le temps nécessaire pour saisir l’information.

Depuis l’adoption du fichier minimal du RCRA, la Colombie-Britannique et l’Ontario exigent de tous leurs hôpitaux qu’ils soumettent des données au RCRA, tandis que le Manitoba est passé à la déclaration entièrement électronique pour 2013-2014. En conséquence, la participation au registre à l’échelle du Canada est passée de 43 % en 2011-2012 à presque 74 % en 2012-2013, et l’ICIS a bon espoir que ce pourcentage continuera d’augmenter.  

L’ICIS est également à améliorer la qualité et la convivialité des données du registre en 

  • acceptant uniquement les soumissions électroniques depuis avril 2013;
  • balayant l’information sur les implants à partir de codes à barres au lieu de saisir l’information manuellement;
  • collaborant avec des partenaires tels que GS1 Canada pour que les fabricants adoptent les normes internationales des codes à barres pour les implants de la hanche et du genou et soumettent l’information sur les implants dans un répertoire centralisé.

« À mesure que les provinces et territoires rendront obligatoire la participation au RCRA, les données brosseront un tableau plus complet pour les chirurgiens et les décideurs du système de santé », remarque Greg Webster, directeur, Services d’information sur les soins ambulatoires et de courte durée. « Grâce à des données fiables et exactes, les patients recevront de meilleurs soins et nécessiteront moins de reprises précoces. »