Les données de l’ICIS établissent un profil d’une population de patients

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Les données de l’ICIS établissent un profil d’une population de patients

Lors de sa mise sur pied en juin 2009, la mission du Réseau rénal de l’Ontario (ORN) (en anglais seulement) était d’améliorer la qualité des soins dispensés aux personnes vivant avec une maladie rénale chronique dans la province et d’examiner les sources de financement de ces soins.

Avant d’être en mesure de remplir ce mandat décerné par le Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario (MSSLD), l’ORN devait toutefois en apprendre davantage sur les patients traités.

Le point de départ? La consultation de l’Ontario Renal Reporting System, qui est en gros une version provinciale du Registre canadien des insuffisances et des transplantations d’organes (RCITO) de l’ICIS. Les données de ce système ont permis à une équipe d’experts cliniques et de programme de classer les patients atteints d’une maladie rénale chronique en sept catégories cliniquement significatives, chacune caractérisée par des besoins en matière de soins et de ressources.

« Une fois catégorisés les patients inscrits au RCITO, nous avons déterminé les services à dispenser à ces patients et en avons estimé les coûts », affirme Graham Woodward, directeur de la planification, des rapports et de l’évaluation à l’ORN.

À ce jour, le système de soins a plutôt reposé sur des suppositions. Au début de chaque année, chacun des 26 programmes hospitaliers sur la maladie rénale chronique dans la province estime le nombre total de services néphrologiques que l’hôpital prévoit offrir au cours de l’année, et chaque service se voit attribuer un montant de financement.

« Je suis médecin et je soigne des patients atteints d’une maladie rénale chronique; je ne saurais trop insister sur l’importance de ce travail », souligne la Dre Judith Miller, directrice médicale de l’ORN. « Tout d’abord, les taux de financement ont été établis en 1996 et n’ont pas été modifiés depuis. Deuxièmement, le financement est lié aux services plutôt qu’aux patients, ce qui nuit à notre capacité d’évaluer les résultats des soins et de mettre l’accent sur la qualité. Je crois que notre modèle de financement entraînera de meilleurs résultats au chapitre des soins dispensés aux patients, qu’il favorisera les efforts visant la qualité des soins et qu’il fournira des éléments probants quant aux types de soins qui offrent de meilleurs résultats. »

Bien que le RCITO recueille l’information sur les patients qui subissent une transplantation ou un traitement de dialyse, il ne comprend pas de renseignements sur les autres activités liées aux soins des patients. L’ORN a donc pris l’initiative de consulter les enregistrements du Système national d’information sur les soins ambulatoires (SNISA) et de la Base de données sur les congés des patients (BDCP) de l’ICIS.

« Nous pouvons ainsi nous faire une meilleure idée de la façon dont les patients utilisent les soins ambulatoires et les services aux patients hospitalisés, poursuit M. Woodward. Nous obtenons en outre un profil plus précis du niveau de soins nécessaires à ces patients. »

M. Woodward mentionne que l’ORN continuera de collaborer avec l’ICIS, le MSSLD et le personnel de saisie des données dans les hôpitaux afin d’apporter de légères modifications qui permettront d’obtenir de meilleurs renseignements pour le financement et la prise de décisions.

La mise en place d’un mode de financement axé sur les patients atteints d’une maladie rénale chronique en Ontario est amorcée. Le Dr Peter Magner, président du comité de financement de l’ORN, est enthousiaste à l’idée de voir tomber les inégalités actuelles entre les hôpitaux afin que ces derniers disposent d’un financement semblable fondé sur les soins à dispenser selon le type de patient. Comme le paiement repose sur les pratiques exemplaires recommandées, il s’attend à voir une plus grande uniformité dans la qualité des soins néphrologiques dispensés à l’échelle de la province.

« L’objectif premier est de faire en sorte que les fonds suivent le patient et financent des soins de qualité, ce qui améliorera la planification et la responsabilisation, dit-il. Nous saurons ainsi où va l’argent. »

À la base, les données sont au cœur du changement : « Nous n’aurions pu y arriver sans les données de l’ICIS », conclut M. Woodward.