Les données de l'ICIS ... aident à lutter contre la dépression

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Au Willow Lodge Home for Special Care, en Nouvelle-Écosse, le personnel a toujours eu l’impression que les résidents étaient contents et satisfaits.

Mais lorsque le centre de soins infirmiers de Tatamagouche a commencé à utiliser des indicateurs de la qualité dans le cadre d’un projet pilote provincial, cette opinion a été ébranlée.

Pour évaluer le bien-être des résidents, Betty Matheson a utilisé les outils de mesure conçus par interRAI, un consortium international de chercheurs, et dont l'utilisation au Canada est facilitée par l'Institut canadien d'information sur la santé.« Nos taux de dépression étaient de plus de 50 %, mentionne Betty Matheson, directrice des soins infirmiers au Willow Lodge. Et pendant cette même période, la participation des patients aux activités était faible ou inexistante. Voilà qui nous a vraiment ouvert les yeux. »

Ces outils lui ont permis de surveiller non seulement la situation de chaque patient, mais également celle du centre dans son ensemble, puis de comparer les résultats avec d’autres établissements de soins de longue durée, au moyen d’indicateurs de la qualité des soins fondés sur des faits probants.

Matheson et son équipe ont examiné la médication et les activités des résidents. Selon elle, ils ont adapté leur façon d’aborder les soins dispensés au patient en considérant chaque résident comme une personne distincte ayant des besoins propres. Ils ont remanié le programme d’activités du centre afin qu’il corresponde mieux aux intérêts des 61 résidents.

« À les voir heureux en regardant leur feuilleton favori, on peut penser qu’ils sont simplement assis dans leur chambre et qu’ils ne participent pas, explique madame Matheson. Mais s’ils regardent ce feuilleton chaque jour depuis 50 ans, cela constitue sans l’ombre d’un doute une activité pour eux. »

Les résidents participent maintenant plus que jamais et ont un plus grand choix d’activités, dont la musique, la danse, les jeux de cartes et la zoothérapie.

« Pendant des années, aucun résident n’a exprimé le désir de cuisiner. Nous avons maintenant une dame qui cuisine tous les jours, précise madame Matheson. Cette activité la passionne. En outre, beaucoup de résidents aiment le bingo. »

Il ne faut donc pas s’étonner que les taux de dépression du centre aient diminué de moitié.

« La dépression est un aspect que nous surveillons de près, affirme madame Matheson. C’est un problème majeur chez les personnes âgées. Ils peuvent s’y enfoncer très rapidement. »

Elle est d’avis que sans les données et les indicateurs sur la qualité des soins, ils n’auraient jamais réalisé l’ampleur du problème. Aujourd’hui, le personnel reçoit des données en temps réel.

« C’est formidable. Nous pouvons instantanément voir où nous en sommes et faire des comparaisons dans le temps, explique madame Matheson. Notre personnel est toujours prêt à faire le nécessaire pour le bien des résidents, car notre mandat est avant tout de dispenser des soins. Je ne le ferais pas si je n’y voyais pas des avantages pour nos résidents. Et les données ne mentent pas. »