Les données de l’ICIS...

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Grâce à nos données, un établissement de soins de longue durée de Winnipeg n’utilise plus les antipsychotiques comme traitement de première ligne, mais s’en sert plutôt en dernier recours.

Le premier indice de la surutilisation de ces médicaments est apparu dans les données recueillies à l’aide d’indicateurs élaborés par interRAI, un réseau de recherche international et dont l’utilisation au Canada est appuyée par l’ICIS. Même si l’utilisation d’antipsychotiques dans la région paraissait conforme, voire légèrement inférieure, à la moyenne nationale, lorsque le personnel de l’Office régional de la santé de Winnipeg a examiné les données de ses 38 établissements de soins de longue durée, il a constaté que certains d’entre eux dépassaient largement cette moyenne. Parmi ceux‑ci, le Middlechurch Home de Winnipeg affichait un taux d’utilisation de 43 %, par rapport à 30 % pour la région.

Au Programme de soins à domicile de la région, Joe Puchniak, directeur du système RAI-MDS et de l’aide à la prise de décisions, et Cynthia Sinclair, directrice des initiatives, ont entrepris d’aider le centre Middlechurch à réduire son taux d’utilisation d’antipsychotiques dans le cadre d’un projet mené en collaboration avec le programme Formation en utilisation de la recherche pour cadres qui exercent dans la santé (FORCES) de la Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé (FCRSS). Ils ont ainsi présenté à tout le personnel du centre un modèle de soins aux personnes atteintes de démence selon lequel les médicaments constituent un traitement de dernier recours pour les problèmes de comportement.

Grâce à un encadrement hebdomadaire, le personnel a pu élaborer des plans de soins qui offraient des solutions de rechange aux médicaments. La semaine suivante, tous se réunissaient pour rendre compte de l’efficacité des solutions trouvées. Pendant ce temps, les données du RAI étaient régulièrement affichées afin que chacun puisse constater les résultats de ses efforts.

En six mois, le taux d'utilisation d'antipsychotiques a diminué de plus de 25 % chez les résidents à qui on en administrait au moment du lancement du projet. Encouragé par les données, le personnel a de plus en plus manifesté la volonté de soigner les résidents différemment. Selon Laurie Kuivenhoven, directrice exécutive du centre Middlechurch, les familles sont ravies que leurs proches prennent moins de médicaments. Depuis le début du projet, elle n’a reçu aucune plainte au sujet de résidents qui auraient été surmédicamentés.

Puisque les outils permettent de surveiller de nombreuses facettes des soins, les données ont également démontré que les problèmes de comportement et l’utilisation de moyens de contention n’avaient pas augmenté au cours du projet. Les possibilités d’économies sont également considérables : « Si tous les établissements réduisaient leur taux d’utilisation de 5 à 10 %, nous économiserions probablement un million de dollars par année », affirme Mme Sinclair.

M. Puchniak ajoute : « Ce projet nous permet d’économiser de l’argent et d’offrir de meilleurs soins, n’est‑ce pas formidable? Les données sont réellement au cœur du changement! On n’insistera jamais assez là‑dessus. Ceux qui n’utilisent pas les données pour changer les choses manquent une occasion incroyable. »