Les données de l’ICIS...

jettent la lumière sur les plus petits patients du système

Tout a commencé par des histoires. Lorsque le conseil de la santé de la mère et de l’enfant de l’Ontario (Provincial Council for Maternal and Child Health) (en anglais seulement), a voulu améliorer les pratiques et l’accès aux soins des plus petits patients de l’Ontario, plusieurs médecins ont évoqué l’incidence des bébés nés à l’hôpital de mères qui font usage de stupéfiants et de méthadone.

Ces nouveau-nés atteints du syndrome de sevrage néonatal (SSN) s’explique par les drogues que leur mère consommait durant la grossesse.

L’Ontario affichant le taux le plus élevé de toxicomanie au Canada, les médecins constataient une augmentation des cas de SSN et de la durée des hospitalisations.

Dans les services de néonatalité, il devenait de plus en plus difficile de déplacer les patients d’un lit à l’autre. Soit des soins intensifs de niveau 3 (pour les bébés gravement malades et nécessitant une ventilation artificielle) vers des lits de soins spécialisés de niveau 2 une fois que leur état s’était amélioré.

On soupçonnait que les lits de niveau 2 étaient bloqués par le nombre accru de cas de SSN.

Le conseil s’est alors tourné vers les données de l’ICIS. Ils apprennent qu’en 2003-2004,
171 nourrissons ont reçu un diagnostic de SSN. En 2010-2011, 654 cas ont été enregistrés. La même année, les bébés atteints du SSN ont occupé en moyenne 23,4 lits d’hôpital par jour à l’échelle de la province, contre 5,6 par jour en 2003-3004.

De plus, en 2004, la durée moyenne du séjour d’un nouveau-né en bonne santé était d’un jour et demi, par rapport à près de 14 jours pour un bébé atteint du SSN. En 2010-2011, ce nombre avait légèrement diminué pour atteindre 13,1 jours.

« Les soupçons étaient confirmés, mais le problème était beaucoup plus important que prévu », affirme la Dre Kimberly Dow, néonatologiste à l’Hôpital général de Kingston. « Je crois que nous avons tous été surpris d’apprendre que 23 lits en néonatalogie étaient occupés quotidiennement par ces patients. »

Le conseil a donc créé un groupe de travail sur le SSN, coprésidé par la Dre Dow. L’objectif était d’encourager le dépistage précoce et d’aider les cliniciens à déterminer la meilleure façon de prendre en charge les femmes enceintes et leurs bébés.

Le groupe d’experts souhaitait aussi trouver une façon de prévenir le problème. Même s’il n’existe aucune solution miracle, le groupe a inclus dans son rapport (en anglais seulement) de juin 2011 des lignes directrices pour le dépistage et le traitement chez les nouveau-nés.Ces lignes directrices ont été distribuées à tous les services de néonatalité qui dispensent des soins à des bébés de niveau 2 et 3, et tous les pédiatres en exercice en ont été informés. Le conseil a également publié de nouvelles directives cliniques sur son site Web.

« Cette population et sa prise en charge posaient problème », raconte Marilyn Booth, directrice générale du conseil. « Nous voulions adopter une approche uniforme afin d’éviter à chaque hôpital la tâche de trouver une solution par lui-même. »

La Dre Dow précise que les données ont joué un rôle déterminant, car elles ont attiré l’attention sur le SSN et sur l’amélioration de la sécurité des bébés et de leurs mères.

« Sans elles, nous n’aurions pas pu déterminer l’ampleur du problème dans la province. Il est impossible de résoudre un problème lorsqu’on en ignore la nature. Les données ont confirmé nos inquiétudes, mais surtout, elles nous ont surpris. L’ampleur du problème était bouleversante. »