Les données de l’ICIS...

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Les données de l’ICIS... permettent d’établir le coût réel des soins

La transplantation d’organes n’a rien d’un jeu d’enfant.

Outre l’intervention en soi, les soins préopératoires et postopératoires peuvent nécessiter une longue attente, sans compter les semaines, les mois ou les années consacrés aux analyses, aux évaluations, aux diagnostics et aux rapports de laboratoire.

Dans la base de données sur les transplantations de l’hôpital Sick Children de Toronto, les enfants qui reçoivent des soins avant, pendant et après la transplantation sont tous considérés comme des patients actifs. Leur statut ne change que s’ils décèdent ou atteignent l’âge de 18 ans (ils sont alors considérés comme des patients adultes). Au cours des dernières années, le nombre d’enfants en attente d’une transplantation a connu une croissance constante, sans toutefois être équilibré par une proportion équivalente de personnes rayées de la liste; il en a résulté un effet cumulatif sur les coûts.

« Le problème réside dans les mécanismes de financement qui visent habituellement seulement l’épisode où a lieu l’intervention , indique Irene Blais, directrice de l’aide à la décision à l’hôpital Sick Kids. Mais cela ne tient pas compte du continuum des soins et des répercussions sur l’organisme qui en découlent. »

Bien que certaines dépenses préopératoires et postopératoires soient subventionnées, la portée du financement n’est pas représentative du coût intégral du programme de transplantation et les taux de financement n’ont pas été revus depuis plusieurs années.

Pour en avoir le cœur net, Mme Blais s’est tournée vers les données intégrées et les systèmes d’établissement des coûts de l’hôpital. En illustrant les activités au-delà de la seule transplantation, son équipe a été en mesure de montrer que les facteurs d’accroissement des coûts et des activités augmentaient plus rapidement que le financement du ministère.

Méthode

L’équipe s’est d’abord penchée sur le système d’inscription de l’hôpital Sick Kids, car il comprend tous les patients en attente d’une transplantation ainsi que les receveurs d’organes et les patients évalués.
Ce faisant, elle a pu examiner le continuum des soins afin de saisir la portée entière des activités liées aux patients. Après avoir classé les données par groupe d’organes, Mme Blais a collaboré avec des équipes cliniques afin de mettre au point des protocoles cliniques indiquant la fréquence des visites rendues au patient ainsi que les interventions et les tests subis par ce dernier, ce qui a permis de saisir la portée entière des activités.

Son équipe a validé ces résultats en fonction du système global d’établissement des coûts par cas de l’établissement, qui repose sur 18 sources intégrées de données sur les finances, les diagnostics, la pharmacie, les laboratoires et la salle d’opération, entre autres. Ce système est si sophistiqué que Mme Blais a pu déterminer, à la minute près, le nombre d’heures consacrées quotidiennement à chaque patient par le personnel infirmier.

Parmi les 18 sources de données figurent également la Base de données sur les congés des patients (BDCP) et le Système national d’information sur les soins ambulatoires (SNISA) de l’ICIS. La BDCP a enregistré les raisons pour lesquelles les patients retournaient à l’hôpital après avoir obtenu leur congé, qu’il s’agisse du rejet d’une greffe ou d’une question sans lien avec la transplantation, compte tenu des besoins complexes de ces patients. Les données du SNISA ont notamment indiqué à l’hôpital quels patients subissent une dialyse ou se retrouvent au service d’urgence.

« La BDCP et le SNISA sont incontournables, car il s’agit d’un point de départ pour mieux classer les patients et comprendre des groupes de patients précis, signale Mme Blais. Sans ces bases de données, nous n’aurions pas connu la raison du retour des patients. »

Aperçu précis des coûts

Au moyen des données, Mme Blais et son équipe ont été en mesure d’illustrer le coût réel des transplantations.

« Alors que la majorité des coûts (41 %) est consacrée aux patients hospitalisés, 33 % des soins sont dispensés en consultation externe, dit-elle. Il s’agit d’un montant énorme dont ne tiennent pas compte les formules de financement actuelles. »

Tout ce qui dépasse la proportion de 41 % relève du budget global de l’hôpital, ce qui ajoute un fardeau supplémentaire étant donné le nombre croissant de patients en attente d’une transplantation.

L’hôpital Sick Kids a présenté ces renseignements au ministère de la Santé et des Soins de longue durée et a bénéficié d’un rajustement à son financement de base en matière d’infrastructure.

« Nous avons réussi à améliorer notre capacité d’influer sur le financement et nous espérons qu’à un moment donné, la méthodologie ainsi que les taux sur lesquels s’appuie le financement des transplantations seront revus, indique Mme Blais. »

L’hôpital applique désormais ces pratiques aux analyses de rentabilisation dans tout le continuum des soins.

« Selon moi, grâce au processus de transformation des données en information, l’organisme est mieux renseigné, estime Mme Blais. Ces conclusions s’appliquent à toutes les facettes de l’établissement, notamment les activités opérationnelles, l’amélioration des processus, la planification stratégique, la recherche et la gestion. Avec des données intégrées et fondées sur des preuves, nous pouvons améliorer notre prise de décision. »