Les données aident à mettre les principes en pratique

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Dans la région sanitaire de Saskatoon, les données ont aidé à transformer un virage philosophique en changements pratiques sur les premières lignes de soins.

À l’établissement de soins Pleasant View à Wadena, les indicateurs de qualité ont révélé que plus de 50 % des résidents avaient été contraints physiquement sur une base quotidienne en 2005, malgré l’entrée en vigueur d’une politique de contention minimale en 2004. La directrice de l’établissement, Dayle Maryniak, se souvient d’avoir été décontenancée par ces résultats.

« C’était terrible », dit-elle. « Les membres du personnel n’avaient jamais recours aux mesures de contention par méchanceté. Ils essayaient simplement d’assurer la sécurité de leurs patients. Mais on s’habitue à soigner les résidents d’une certaine manière, jusqu’à ce que les chiffres nous brossent un portrait réel de la situation. »

Les indicateurs ont été créés par interRAI, un réseau de recherche international, et modifiés par l’ICIS aux fins d’utilisation au Canada. Ils ont permis à Mme Maryniak d’évaluer chaque résident et de comparer le centre de soins à d’autres établissements de soins de longue durée.

Les indicateurs montraient aussi que certains établissements affichaient un bon rendement, mais que près de la moitié des centres de soins infirmiers de la région dépassaient le seuil quotidien de contention des résidents fixé à 8,7 %.  

Il y a 10 ans, on immobilisait toute personne ayant une propension à faire des chutes ou à errer. Mais en raison de l’évolution des démarches d’intervention, ces pratiques ne sont plus acceptables. À la lumière des nombreux risques liés à la contention, Sherri Solar, coordonnatrice de projets de soins de soutien dans la région, a travaillé avec son équipe pour s’assurer que les gens envisagent toutes les autres solutions d’abord.

« Nous avons commencé par examiner les cas de deux clients et nous nous sommes demandé quelles seraient nos options si on éliminait les mesures de contention », relate Mme Maryniak. « C’est ainsi que nous avons entrepris de renseigner notre personnel et nos clients et d’interagir avec eux pour appliquer la même démarche aux autres résidents. »

L’utilisation des mesures de contention a diminué de 20 % dans la région et de 40 % à Pleasant View, malgré une augmentation des cas de démence et de fragilité chez les résidents. Aujourd’hui, on utilise ces mesures pour une courte durée seulement, et la décision ne se prend jamais unilatéralement. Les équipes de soins et les membres de la famille prennent part à la décision.

« C’est extraordinaire. Un changement culturel est en train de se produire »,

affirme Mme Solar. « Mais je ne pense pas qu’on aurait pu y arriver sans examiner les données. »

Selon Mme Maryniak, les résultats sont éloquents : les résidents sont visiblement plus heureux. Les hurlements et les cris d’angoisse, de même que les plaintes du personnel au sujet de morsures, de coups de poing et de coups de pied, ont diminué, alors qu’ils étaient monnaie courante six ans auparavant.

Vous pouvez obtenir plus d’information sur les indicateurs interRAI ici