Les chirurgies pour le cancer du sein : des données à l’action

Printer-friendly version
Les chirurgies pour le cancer du sein : des données à l’action

La Saskatchewan Surgical Initiative (SSI) est un programme quadriennal dont l'objectif est de réduire de trois mois les temps d’attente pour une chirurgie d’ici 2014. Son but est d’améliorer l’expérience des patientes qui subissent une intervention chirurgicale.

Pour ce faire, la SSI a regroupé des professionnels de la santé (et même des patientes) de toutes les régions de la province afin de comprendre la grande variation des taux de chirurgie révélée par les statistiques. Elle cherche ainsi à savoir dans quelle mesure les choix de traitement influent sur cette variation et si des écarts existent dans la qualité des soins.

La SSI avait déjà accès aux données sur la santé de sa propre province  pour ses analyses. L’automne dernier, elle a pu tirer parti de nouvelles statistiques révélatrices fournies par un rapport de l’ICIS sur les chirurgies pour le cancer du sein. Produit en collaboration avec le Partenariat canadien contre le cancer (PCCC), ce rapport compare les taux de mastectomies avec les taux de chirurgies conservatrices du sein (tumorectomies), les taux de réexcisions ainsi que les taux d’autres chirurgies et complications. Il a dévoilé de grandes variations dans les types de chirurgies du cancer du sein pratiquées d’un bout à l’autre du pays.

Soixante-cinq pour cent

Le Dr Peter Barrett, médecin principal de la SSI, indique que peu après la publication du rapport, l'Initiative a mis sur pied un groupe de travail sur les mastectomies chargé exclusivement d’étudier les données de l’ICIS. Selon lui, les variations significatives constatées par le rapport ICIS-PCCC que l’on ne pouvait expliquer pouvaient laisser croire à un problème de qualité des soins. « En Saskatchewan, cette question a suscité un vif intérêt », dit le Dr Barrett, un ancien membre du Conseil d’administration de l’ICIS.

Voici ce qui a le plus intéressé le groupe de travail : un taux brut de mastectomies de 65 % en Saskatchewan, le deuxième au pays après celui de Terre-Neuve-et Labrador (69 %). (Le taux de mastectomies variait grandement au Canada; au Québec, il était aussi bas que 26 %.) Le groupe s’est aussi penché sur les variations entre les régions et les établissements.

Les chirurgiens spécialistes du cancer du sein qui formaient le groupe de travail provenaient de toute la province et ils étaient motivés et déterminés à trouver des réponses. Les premières explications qu’ils ont trouvées concernaient les conclusions du rapport, notamment que la localisation d’un centre de chirurgie pourrait avoir une incidence sur les choix de traitement d’une patiente. Cette explication n’était toutefois pas convaincante : avec un taux brut de mastectomies de 36 %, la situation était très différente au Manitoba, la province voisine. 

« Comment expliquer que la Saskatchewan enregistre le deuxième taux le plus élevé et que celui du Manitoba est beaucoup plus bas, alors que ces deux provinces sont voisines et ont la même géographie? » demande le Dr Barrett. Faute de trouver des explications précises, le groupe s’est lancé à la recherche de réponses.

Pourquoi?

Il s’agit de la perpétuelle question. Pour déterminer ce qui motive les choix de traitement des patientes atteintes du cancer — question inspirée en partie par le rapport ICIS-PCCC —, l’Université de la Saskatchewan a entrepris de mener une étude. Cet été, elle fera des entrevues avec les patientes afin de lever un coin du voile sur les facteurs qui poussent les patientes à choisir une mastectomie ou une chirurgie conservatrice du sein.

Pour le Dr Barrett, « il sera fascinant de découvrir pourquoi les patientes choisissent un traitement du cancer du sein plutôt qu’un autre. Il pourrait exister toute une foule de raisons auxquelles nous n’avons jamais pensé. »

Il ajoute que sous peu, les données deviendront incontournables. Lui-même un chirurgien accompli, il suggère que le système adopte une nouvelle démarche et qu'au lieu de se limiter à financer davantage d’interventions chirurgicales, qu’il s’efforce de raccourcir les listes d’attente.

« Nous n’accordons pas assez d’attention à la mesure des résultats déclarés par les patientes », dit-il. « Ces mesures favorisent la prise de décisions communes. Elles aident à montrer aux patientes les résultats et les étapes auxquels elles peuvent s’attendre selon le traitement choisi. »

Il s’agit sans aucun doute des informations qui intéressent en premier lieu les patientes atteintes du cancer du sein au moment de choisir un traitement qui va changer leur vie. Comme l’illustre le rapport, l’approche du Canada est loin d’être uniforme à cet égard.

À lire : Chirurgies pour le traitement du cancer du sein au Canada, 2007-2008 à 2009-2010.

Pour en savoir davantage sur le PCCC, cliquez ici.