Les aînés et le système de santé

Voir autrement la population vieillissante du Canada

Les premiers baby-boomers ont célébré leur 65e anniversaire de naissance cette année, signe que le vieillissement de la population canadienne s’accélère.

Cette situation attise les discussions et débats publics sur la façon dont le système de santé doit répondre à leurs besoins et des répercussions sur le système.

Une telle perspective a bien sûr donné lieu à des exagérations, comme cette « vague de têtes grises » qui risque d’anéantir bientôt tout espoir de maintenir les soins de santé tels qu’on les connaît.

Le contexte prime, d'où l'importance des données de qualité.

Notre étude intitulée Facteurs d'accroissement des coûts des soins de santé : les faits., a révélé que, contrairement à la croyance populaire, le vieillissement de la population n’a pas été le facteur le plus important d’accroissement des dépenses au cours de la dernière décennie. En réalité, les données démontrent que le vieillissement est responsable de seulement 0,8 % des augmentations annuelles entre 1998 et 2008.

Bien qu’on ne puisse ignorer l'effet du vieillissement, d’autres facteurs, comme la croissance démographique et la rémunération versée aux professionnels de la santé, ont joué un plus grand rôle dans la hausse des dépenses au cours de cette période.

« Notre étude sur les facteurs d’accroissement des dépenses nous a permis d’affirmer que, somme toute, le vieillissement n’a pas porté grande atteinte à la viabilité de notre système de santé », déclare John Wright, président­directeur général de l'ICIS. « Nous sommes toutefois d'avis que cette importante question méritait d’être étudiée plus en profondeur et que l’étude sert de base solide à une discussion. »

Des données de qualité sont également essentielles à la préparation du système de santé pour l’avenir.

Le rapport Les soins de santé au Canada 2011 : regard sur les personnes âgées et le vieillissement brosse un portrait détaillé de la façon dont les personnes âgées utilisent le système de santé de nos jours et des mesures à prendre pour le façonner afin qu'il réponde à leurs besoins.

Même si les Canadiens de 65 ans et plus sont plus en santé que jamais et qu’ils représentent à peine 14 % de la population, ils utilisent tout de même 40 % des services hospitaliers au Canada. Ils sont aussi à l’origine de 45 % de toutes les dépenses provinciales et territoriales de santé. Comme on s’attend à ce que ce groupe d'âge représente le quart de la population d’ici 2036, la réforme du système de santé doit commencer tôt si l'on veut remédier à cette situation.

« Il est tout à fait légitime que les planificateurs et les dispensateurs des soins de santé cherchent des moyens de répondre aux besoins d'un nombre croissant de personnes âgées », affirme John Wright. « Pour atteindre cet objectif, ils doivent connaître les écarts et canaliser les efforts au bon endroit pour faire en sorte que les Canadiens continuent de bénéficier d’un système solide. »

Notre rapport propose plusieurs idées qui permettraient au système de santé de répondre aux besoins changeants des Canadiens. Il faudrait, entre autres, améliorer l'intégration des soins dans l'ensemble du continuum, se concentrer davantage sur la prévention, ainsi qu’adopter et utiliser à bon escient de nouvelles technologies. 

Cela dit, certaines provinces ont une population plus âgée que d'autres et elles ressentiront donc les effets du vieillissement plus tôt. Par ailleurs, les ententes de financement entre les gouvernements fédéral et provinciaux devront être renouvelées au cours des prochaines années.

Il est donc primordial de comprendre les besoins de la population et de connaître les facteurs d'accroissement des dépenses de santé. La planification de l’avenir du système de santé doit reposer sur des données fiables.