Bilan comparatif des médicaments

Bilan comparatif des médicaments

Chaque médicament prescrit a une fonction qui lui est propre et chacun d’eux doit être mis en contexte : toute décision relative à un médicament doit s’appuyer sur tous les aspects qui touchent le patient. Le présent article aborde l’aspect pharmaceutique.

Le bilan comparatif des médicaments désigne le processus officiel qui consiste à dresser la liste de tous les médicaments pris par un patient et à utiliser cette liste pour lui fournir les bons médicaments à chaque point de transition des soins. Le principal objectif du bilan comparatif des médicaments est d’assurer la sécurité des patients en réduisant les complications et les effets secondaires. Voilà une façon organisée de réduire le coût annuel des hospitalisations liées aux médicaments qui s’élève à 2,6 milliards de dollars.

En novembre, un rapport unique sur le bilan comparatif des médicaments a fait surface, dans lequel on brossait un portrait général de la question. Agrément Canada a dirigé le projet, mené en partenariat avec l’ICIS, l’Institut canadien pour la sécurité des patients et l’Institut pour l’utilisation sécuritaire des médicaments du Canada, afin d’illustrer de quelle façon une bonne communication au sujet des médicaments favorise une meilleure sécurité des soins.

Gestion de plusieurs médicaments
Les données de l’ICIS ont aidé à démontrer que le bilan comparatif des médicaments joue un rôle de premier plan dans la prévention des incidents liés à la sécurité des patients. En particulier, le bilan comparatif des médicaments peut réduire le nombre de visites aux services d’urgence et de réadmission dans les hôpitaux canadiens. En effet, plus de 180 000 patients sont retournés à l’hôpital dans les 30 jours suivant leur sortie en 2010. Le bilan comparatif des médicaments, qui permet de prévenir les interactions médicamenteuses et les effets secondaires, contribue à garder les patients hors de l’hôpital.

Le bilan comparatif des médicaments revêt une importance particulière pour les 6,8 millions de Canadiens qui présentent des conditions propices aux soins ambulatoires telles que l’asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique, le diabète, l’hypertension et les maladies du cœur. Les données de l’ICIS montrent que 58 % des patients qui présentent au moins une de ces conditions ont examiné leurs médicaments avec leur médecin de famille, tandis que 40 % d’entre eux ont dit que leurs médicaments n’étaient pas bien gérés.

Vient ensuite la question du vieillissement des baby-boomers. Les personnes âgées prennent déjà plus de médicaments (jusqu’à quatre fois plus de médicaments en vente libre) que quiconque. La bonne gestion des médicaments prend sa valeur réelle quand on considère que 63 % des personnes âgées prennent au moins cinq médicaments et que 23 % d’entre elles en prennent au moins 10. Le quart des personnes âgées canadiennes prennent des médicaments pour traiter au moins trois conditions.

Nous nous améliorons
Même si la question est en pleine émergence et que, selon les études, le bilan comparatif des médicaments est efficace, Jonathan Mitchell, d’Agrément Canada, indique qu’il existe toujours des possibilités d’amélioration.

« Il est évident que les taux du bilan comparatif des médicaments ont augmenté au cours des années passées, déclare M. Mitchell. Des progrès considérables ont été accomplis, mais le bilan comparatif des médicaments présente encore l’un des plus faibles taux de conformité parmi les pratiques organisationnelles requises d’Agrément Canada. »

Il n’en demeure pas moins que chez les organismes canadiens, le taux de conformité du bilan comparatif des médicaments est passé de 61 % en 2010 à 77 % en 2011. Dans les hôpitaux, le taux de conformité du bilan comparatif des médicaments à l’admission est passé de 47 % à 60 % au cours de la même période, et celui au moment du transfert ou de la sortie de 36 % à 50 %.

Alliance importante
Ce premier rapport conjoint a été élaboré par quatre organisations qui possèdent des données distinctes. M. Mitchell indique que ce précieux rapport illustre divers points de vue sur la question et, par-dessus tout, jette la lumière sur le bilan comparatif des médicaments.

Maintenant, quelles sont les prochaines étapes? Des ressources sont en place afin de pousser plus loin le bilan comparatif des médicaments et d’en faire une priorité d’un bout à l’autre du pays. Dans le cadre d’une stratégie nationale relative au bilan comparatif des médicaments, un programme à l’intention des professionnels de la santé est en cours d’élaboration. Il sera accompagné d’outils, de ressources et d’aides technologiques.

Il est possible de consulter, par exemple, cette carte interactive des ressources novatrices liées au bilan comparatif des médicaments au Canada. Puisque le bilan comparatif des médicaments concerne tout le monde, y compris les patients, une nouvelle application pour iPhone et iPad lancée en 2012, MédiCarnet, permet aux Canadiens de gérer leurs médicaments de façon sécuritaire et pertinente.

Peu importe où les patients transitent dans le continuum des soins de santé, la liste des médicaments qu’ils prennent actuellement devrait les suivre.