À la recherche de nouveaux moyens de payer pour les soins

L'ICIS travaille avec les provinces afin de trouver des méthodes pour en faire davantage avec les dépenses de santé

En raison de la hausse des coûts et de l'argent de moins en moins affluent, il faut trouver de nouveaux moyens de financer les soins de santé au Canada. Plus que jamais, les provinces mettent l'accent sur l'efficacité, la responsabilisation et l'optimisation des ressources. Étant donné que les temps d'attente et l'accès aux soins font encore la une des nouvelles, plusieurs provinces sont à évaluer si des changements dans le modèle de financement peuvent répondre à certaines de leurs préoccupations.

Actuellement, la plupart des provinces financent les hôpitaux à même les budgets globaux. En d'autres termes, les hôpitaux reçoivent une somme d'argent au début d'un exercice pour couvrir tous les services qu'ils dispensent au cours de cet exercice. Le montant est basé sur les habitudes de dépenses et ne tient pas compte nécessairement du type ni de la complexité des patients traités. Des problèmes peuvent également surgir lorsque la demande change et que les dépenses hospitalières dépassent le budget attribué.

Pour ces raisons et bien d'autres, plusieurs provinces se sont demandé si le financement par activité  (FPA) a un rôle à jouer. Dans le cadre du FPA, la province paie les hôpitaux pour chaque patient traité, c'est-à-dire qu'au lieu d'engendrer des dépenses, les patients génèrent un revenu.

Le remboursement est basé sur les coûts approximatifs associés au traitement d'un cas précis. L'établissement de ces coûts dépend considérablement des systèmes de groupes clients. Ces derniers permettent de classer les épisodes des patients dans des groupes présentant des caractéristiques cliniques et une consommation de ressources similaires, et d'établir le profil des cas moyens et des coûts qu'ils devraient engendrer.

L'ICIS a mis sur pied une équipe pour aider toutes les provinces et tous les territoires souhaitant adopter le FPA et utiliser nos systèmes de groupes clients pour établir les coûts. Il fournira en outre l'expertise en ce qui concerne la conception, la surveillance et l'évaluation des nouveaux modèles de financement, tout en échangeant des connaissances à l'échelle des provinces.

Comme le FPA permet de payer pour un patient typique engendrant des coûts précis, il y a motivation d'utiliser les meilleures pratiques de soins.

Selon Jeff Hatcher, conseiller principal et chef d'unité du FPA à l'ICIS : « Et si vous payez pour chaque patient traité, il y a volonté de traiter plus de patients et ainsi réduire les temps d'attente. »

Mais si l'on gagne de l'argent en prenant plus de patients, y a-t-il risque pour les autres secteurs? Y a-t-il risque à prendre plus de patients trop rapidement? Est-ce que la qualité des soins en souffrira? Pourrons-nous améliorer l'accès et améliorer l'efficacité?

« Il y a tant de questions, mais ça vaut certainement la peine d'essayer pour connaître les secteurs qui en tireraient des avantages. Il faut y aller prudemment et apprendre à mesure qu'on avance », ajoute Jeff Hatcher.

Le Canada est en retard, car l'Allemagne, l'Angleterre et l'Australie utilisent le FPA depuis 10 à 15 ans. Toutefois, cela est à notre avantage selon J. Hatcher, car nous pouvons apprendre de leurs expériences.

« Nous ne connaissons pas l'étendue de l'adoption du FPA dans les provinces, mais étant donné toutes les pressions qui pèsent sur les budgets des soins de santé, les provinces et les territoires pensent sérieusement aux possibilités de changer leur façon de faire et de réduire les coûts. »