Le 05 décembre 2019  — 

En 2018, 2 782 transplantations d’organes ont été réalisées au Canada, selon les dernières données publiées par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Même si le nombre de transplantations a augmenté de 33 % depuis 2009, on constate encore une pénurie d’organes au Canada. À la fin de 2018, 4 351 personnes figuraient sur une liste d’attente pour une transplantation (2 890 sur la liste d’attente immédiate et 1 461 sur la liste d’attente non immédiate1). De plus, 223 personnes sont décédées au cours de l’année alors qu’elles attendaient une transplantation. Le nombre croissant de Canadiens ayant reçu un diagnostic de stade terminal de l’insuffisance rénale, lequel a augmenté de 32 % au cours de la décennie étudiée, explique en partie le besoin accru de transplantations d’organes.

« Grâce à l’amélioration des pratiques en matière de dons d’organes au Canada, le nombre de transplantations a augmenté de 33 % en 10 ans. Malgré tout, plus de 4 000 Canadiens figurent encore sur une liste d’attente pour une transplantation et un grand nombre de personnes meurent chaque année en attente d’une transplantation, explique Greg Webster, directeur des Services d’information sur les soins ambulatoires et de courte durée à l’ICIS. Nous savons que les transplantations d’organes sauvent des vies. Pour la plupart des organes, le taux de survie des patients après 5 ans dépasse 80 %. »

L’ICIS fournit aussi des renseignements sur les types de donneurs. L’an dernier au Canada, il y a eu 555 donneurs vivants (personnes qui ont fait don d’un rein ou d’un lobe du foie) et 762 donneurs décédés. Le nombre de donneurs décédés a augmenté de 56 % entre 2009 et 2018, alors que le nombre de donneurs vivants est demeuré stable.

Des changements au niveau du système se traduisent par une hausse des dons après décès cardiocirculatoire

Vu la pénurie d’organes, bon nombre de pays ont élargi leurs pratiques en matière de dons d’organes provenant de donneurs décédés qui, en plus des donneurs après diagnostic de décès neurologique (DDN), comprennent désormais les donneurs après diagnostic de décès cardiocirculatoire (DDC) — c’est-à-dire les donneurs dont le cœur a cessé de battre. Au Canada, on accepte les donneurs après DDC depuis 2006. Le nombre d’organes transplantés provenant de donneurs après DDC est ainsi passé de 42 en 2009 à 222 en 2018, ce qui représente une hausse de près de 430 %.

Le nombre de donneurs après DDC augmente au Canada. Toutefois, le type d’organes transplantés varie considérablement : une proportion moindre, voire nulle, de foies, de cœurs et de pancréas provenaient de donneurs après DDC, comparativement aux reins et poumons.

« De nombreux facteurs entrent en jeu lorsqu’il faut déterminer quels organes peuvent être transplantés chez un patient. Puisqu’il y a davantage de donneurs après DDC, le nombre total de donneurs au Canada a connu une hausse significative, ce qui a permis de réduire les temps d’attente, particulièrement pour les transplantations rénales et pulmonaires », indique le Dr Jagbir Gill, néphrologue transplantologue et professeur agrégé de médicine à l’Université de la Colombie-Britannique. « Les transplantations d’autres organes provenant de donneurs après DDC, le cœur par exemple, sont plus sujettes aux variations, car le processus visant à déterminer la compatibilité de l’organe à transplanter est complexe. À mesure que nous gagnons en expérience dans ce domaine, nous espérons voir une amélioration des transplantations de tous les groupes d’organes provenant de donneurs après DDC, de même qu’une amélioration de l’accès à la transplantation. »

Le nombre de donneurs après DDN (ou mort cérébrale) s’améliore aussi, leur nombre ayant augmenté de 21 % entre 2009 et 2018. Il s’agit là d’une tendance encourageante puisqu’un donneur décédé peut fournir jusqu’à 8 organes.

Les dons d’organes en chiffres

Ces renseignements proviennent du rapport annuel du Registre canadien des insuffisances et des transplantations d’organes de l’ICIS. Ce rapport présente des statistiques sur tous les dons d’organes aux fins de transplantations rénales, cardiaques, pulmonaires, hépatiques, pancréatiques et intestinales. Voici les points saillants de 2018 :

  • Les reins (1 706) et le foie (533) sont les principaux organes transplantés, suivis des poumons (361), du cœur (189) et du pancréas (57).
  • Au 31 décembre 2018, les patients étaient plus nombreux à attendre pour un rein (3 150) ou un foie (527), que pour un poumon (270), un cœur (157) ou un pancréas (156).
  • 60 % des 762 donneurs décédés étaient des hommes. 63 % des 555 donneurs vivants étaient des femmes.
  • En moyenne, 3 organes utilisés pour une transplantation ont été prélevés chez les donneurs tous âges confondus et 4 chez les donneurs âgés de 39 ans et moins.

Les systèmes de santé canadiens comptent sur le don d’organes pour sauver des vies. La publication des données de l’ICIS sur les dons d’organes rappelle à tous les Canadiens qui souhaitent devenir donneurs l’importance de s’inscrire à titre de donneur d’organes et de faire connaître leur volonté à leurs proches. Découvrez comment devenir donneur Lien externe qui ouvre dans une nouvelle fenêtre.

 

1. Patients figurant sur la liste d’attente pour une transplantation, mais qui, pour une raison médicale ou autre, ne peuvent pas recevoir de transplantation pendant une courte période.

À propos de l’ICIS

L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) est un organisme autonome sans but lucratif qui fournit à tous les Canadiens de l’information essentielle sur la santé.

En collaboration avec des partenaires et des intervenants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux de partout au Canada, l’ICIS recueille, regroupe et diffuse de l’information qui éclaire les politiques, la gestion, les soins et la recherche, entraînant des résultats pour la santé qui sont meilleurs et plus équitables pour tous les Canadiens.

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