Avril 2018 — Moins de Canadiens qu’il y a 3 ans ont subi en 2017 une chirurgie de la cataracte ou un remplacement de la hanche ou du genou dans les délais recommandés, d’après une analyse de l’ICIS. Cependant, les temps d’attente pour les interventions les plus urgentes, comme la radiothérapie et la réparation d’une fracture de la hanche, sont demeurés stables sur la même période.

« Nous savons que les Canadiens se préoccupent des temps d’attente — ils veulent avoir accès à des chirurgies et des diagnostics le plus rapidement possible », précise Kathleen Morris, vice-présidente, Recherche et Analyse, à l’ICIS. « Les temps d’attente représentent une difficulté constante pour les systèmes de santé, et plusieurs facteurs influent sur la capacité d’offrir des soins rapidement. »

Parmi ces facteurs, 2 se démarquent : le besoin d’une chirurgie et le nombre de chirurgies pratiquées. Le vieillissement de la population canadienne pourrait faire accroître le besoin d’arthroplasties et de chirurgies de la cataracte; l’augmentation de l’incidence et de la prévalence de certaines maladies pourrait aussi avoir un effet. L’évolution des pratiques, des interventions et des appareils chirurgicaux entraîne aussi une hausse du nombre de personnes admissibles à la chirurgie. Par ailleurs, le nombre de chirurgiens disponibles, les programmes incitatifs offerts et les ressources en établissement, telles que les heures en salle d’opération et le nombre de lits postopératoires, peuvent influer sur le nombre d’interventions.


5 % moins de Canadiens ont subi leur arthroplastie de la hanche dans le délai recommandé en 2017 qu’en 2015.

Au pays, 76 % des patients ont subi leur arthroplastie de la hanche dans le délai recommandé de 182 jours (6 mois), comparativement à 81 % en 2015. Le nombre d’interventions pratiquées a augmenté de 7 % pendant cette période; c’est donc dire que si certains Canadiens attendent plus longtemps pour une arthroplastie de la hanche, ils sont plus nombreux à subir l’intervention.

Pendant cette période de 3 ans, 6 provinces ont connu une baisse de leur proportion de patients ayant subi une arthroplastie de la hanche dans le délai recommandé.


8 % moins de Canadiens ont subi leur arthroplastie du genou dans le délai recommandé en 2017 qu’en 2015.

69 % des patients ont subi leur arthroplastie du genou dans le délai recommandé de 6 mois en 2017, comparativement à 77 % en 2015. Le nombre d’arthroplasties du genou pratiquées au Canada a augmenté; en effet, on observe une augmentation de 6 % du nombre d’interventions en 2017 par rapport à 2015. Le pourcentage de patients traités dans le délai de référence a baissé dans toutes les provinces sauf 3 pendant la période de 3 années.


Dans 7 provinces sur 10, les temps d’attente pour une chirurgie de la cataracte ont augmenté de 2015 à 2017.

Les temps d’attente pour une chirurgie de la cataracte ont eux aussi été plus longs. En 2017, 71 % des Canadiens ont subi une chirurgie de la cataracte dans le délai recommandé de 16 semaines, une baisse de 5 % depuis 2015. La proportion de patients ayant subi une chirurgie de la cataracte dans le délai de référence a baissé dans 7 provinces pendant la période à l’étude. Le nombre d’interventions a augmenté de 3 % sur 3 ans.


87 % des Canadiens ont subi une réparation d’une fracture de la hanche dans le délai recommandé en 2017.

Ce n’est pas pour toutes les interventions que les Canadiens ont dû attendre plus longtemps. La proportion de Canadiens ayant subi une réparation d’une fracture de la hanche dans le délai recommandé de 48 heures est demeurée stable à 87 % en 2017 — comme en 2015.

Une réparation rapide d’une fracture de la hanche est associée à une réduction du taux de mortalité, une réduction de la durée du séjour à l’hôpital, une amélioration du rétablissement en général et une baisse des risques de complications Référence 11.


97 % des Canadiens ont reçu leur radiothérapie dans le délai recommandé en 2017.

La grande majorité des Canadiens continuent de recevoir leur radiothérapie dans le délai recommandé; la proportion est demeurée stable de 2015 à 2017. Dans toutes les provinces, plus de 90 % des patients ont été traités dans le délai recommandé de 28 jours.

Il est important de recevoir rapidement une radiothérapie, car un retard dans le traitement peut entraîner de mauvais résultats. Par exemple, une récente étude fait une corrélation entre de longs temps d’attente pour une radiothérapie et un risque accru de récurrence pour certains types de cancer du sein Référence 22.

Temps d’attente pour une chirurgie du cancer

Les temps d’attente pour une chirurgie du cancer étaient plus courts pour certaines formes de la maladie. Il n’existe pas de délai de référence convenu à l’échelle pancanadienne pour évaluer ces temps d’attente. C’est plutôt le point auquel la moitié des personnes (médiane) et 90 % des personnes (90e percentile) ont subi leur chirurgie qui sert à évaluer les temps d’attente.

Pour en savoir plus sur les temps d’attente pour une chirurgie du cancer et d’autres interventions, comme la tomodensitométrie et l’imagerie par résonance magnétique, consultez l’outil Web de l’ICIS sur les temps d’attente.


Complément d’information sur les temps d’attente

L’analyse des données actuelles sur les temps d’attente ne tient pas compte du cheminement complet des patients; par exemple, les temps d’attente pour consulter un spécialiste ne sont pas inclus. Selon l’Enquête internationale de 2016 du Fonds du Commonwealth sur les politiques de santé réalisée auprès d’adultes de 11 pays, c’est au Canada que les temps d’attente pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste étaient les plus élevés. D’après les résultats, 30 % des Canadiens ont attendu 2 mois ou plus pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste Référence 33 Référence 44. Ces difficultés d’accès ressortent aussi dans les résultats de l’Enquête internationale de 2017 du Fonds du Commonwealth sur les politiques de santé auprès des adultes âgés (65 ans et plus), publiés récemment Référence 55.

Le temps passé à l’urgence peut aussi compter grandement dans l’attente d’un patient, surtout pour la réparation d’une fracture de la hanche. De récentes données de l’ICIS montrent d’ailleurs que la durée du séjour des patients à l’urgence avant leur admission à l’hôpital a continué d’augmenter ces dernières années Référence 66. L'outil Web de l’ICIS sur les temps d’attente contient aussi de l’information sur la réparation d’une fracture de la hanche qui inclut le segment urgence dans 3 provinces Référence 77.

 

Ressources

 
 

Références

1.
Retour à la référence 1 dans le texte
Institut canadien d’information sur la santé. Indicateurs de santé 2007. 2007.
2.
Retour à la référence 2 dans le texte
Shurell E, Olcese C, Patil S, McCormick B, Van Zee KJ, Pilewskie ML. Delay in radiotherapy is associated with an increased risk of disease recurrence in women with ductal carcinoma in situ . Cancer. 2018.
3.
Retour à la référence 3 dans le texte
Institut canadien d’information sur la santé. Résultats du Canada : Enquête internationale de 2016 du Fonds du Commonwealth sur les politiques de santé réalisée auprès d’adultes de 11 pays. 2017.
4.
Retour à la référence 4 dans le texte
Fonds du Commonwealth. Waited two months or more for specialist appointment, 2016 . Consulté le 13 février 2018.
5.
Retour à la référence 5 dans le texte
Institut canadien d’information sur la santé. Résultats du Canada : Enquête internationale de 2017 du Fonds du Commonwealth sur les politiques de santé auprès des adultes âgés. 2018.
6.
Retour à la référence 6 dans le texte
Institut canadien d’information sur la santé. Les temps d’attente à l’urgence toujours en hausse au Canada. Consulté le 13 février 2018.
7.
Retour à la référence 7 dans le texte
Institut canadien d’information sur la santé. Outil Web sur les temps d’attente > Patients traités dans le délai de référence pour une réparation d’une fracture de la hanche. Consulté le 13 février 2018.