Le 22 juin 2017 — L’an dernier, environ 77 000 hospitalisations au Canada étaient dues à des affections entièrement attribuables à l’alcool et 75 000 hospitalisations, à des crises cardiaques.

Le nouveau rapport Méfaits de l’alcool au Canada : hospitalisations entièrement attribuables à l’alcool et stratégies de réduction des méfaits, publié aujourd’hui par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), examine les hospitalisations qui sont entièrement attribuables à une consommation abusive d’alcool. Cela comprend, par exemple, les patients hospitalisés pour une intoxication alcoolique, un sevrage alcoolique ou une maladie du foie induite par l’alcool.

En moyenne, 212 Canadiens ont été hospitalisés chaque jour l’an dernier pour une affection entièrement attribuable à l’alcool. Ce chiffre ne tient pas compte des personnes qui ont été traitées à l’urgence sans être admises à l’hôpital.

Faits saillants

  • Les hommes de 20 ans et plus affichaient des taux de forte consommation et d’hospitalisations plus élevés que les femmes du même groupe d’âge. Toutefois, dans le groupe des 10 à 19 ans, le taux d’hospitalisations était plus élevé chez les filles (63 par 100 000 habitants) que chez les garçons (45 par 100 000 habitants).
  • La majorité des hospitalisations étaient associées à la santé mentale et aux dépendances. En effet, les troubles de santé mentale et les dépendances comptaient pour près de 3 hospitalisations sur 4 entièrement attribuables à l’alcool.
  • En moyenne, il y a eu davantage d’hospitalisations dans les territoires que dans les provinces en raison des méfaits entièrement causés par l’alcool. Exception faite de la Nouvelle-Écosse, les taux d’hospitalisations étaient plus élevés dans les provinces de l’Ouest que dans celles de l’Est.
  • Les groupes à faible revenu consomment moins d’alcool, mais ils affichent des taux d’hospitalisations plus élevés, ce qui est paradoxal. Le taux d’hospitalisations pour des méfaits entièrement causés par l’alcool était 2,5 fois plus élevé dans les quartiers à faible revenu que dans les quartiers à revenu élevé. Cependant, le taux de forte consommation d’alcool était généralement plus faible chez les groupes à faible revenu.

Les politiques et interventions varient à l’échelle nationale

Les politiques relatives à l’alcool varient considérablement d’une province et d’un territoire à l’autre. Il existe également une grande variation quant à la densité de détaillants d’alcool et à la proportion de détaillants d’alcool qui appartiennent à l’État.

Les politiques de fixation des prix de l’alcool constituent les options les plus efficaces et les plus rentables de réduction de la consommation d’alcool et de ses méfaits. Bien que la plupart des provinces et territoires imposent des prix minimums, de nombreuses autorités compétentes n’ajustent pas ces prix en fonction de l’inflation. Par ailleurs, peu de provinces et de territoires rajustent leurs prix minimums en fonction de la teneur en alcool, une politique qui permet d’empêcher que les produits contenant un haut pourcentage d’alcool ne se vendent à bas prix. Par exemple, la vodka serait plus chère que la bière.

Citation

Notre rapport montre que les méfaits de l’alcool sont un grave problème au Canada. Le nombre d’hospitalisations pour des affections entièrement attribuables à l’alcool varie grandement d’une province et d’un territoire à l’autre. Le fait qu’il y ait plus d’hospitalisations pour des affections attribuables à l’alcool que pour des crises cardiaques en étonnera sûrement plusieurs.

— Kathleen Morris, vice-présidente, Recherche et Analyse, ICIS

C’est frappant de voir qu’autant de Canadiens se retrouvent à l’hôpital à cause de l’alcool, et ces chiffres ne sont que la pointe de l’iceberg. Il est prouvé que des politiques robustes peuvent être efficaces pour réduire les méfaits de l’alcool. Les politiques efficaces comprennent le maintien de prix minimums élevés pour l’alcool, la fixation des prix en fonction de la teneur en alcool et la limitation des heures de vente d’alcool et du nombre de détaillants d’alcool. Des études comme celle-ci peuvent aider les décideurs à déterminer les régions ou les populations qui ont besoin de politiques plus robustes.

— Tim Stockwell, directeur, Centre for Addictions Research of BC, Université de Victoria 

À propos de l’ICIS

L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) est un organisme autonome sans but lucratif qui fournit de l’information essentielle sur les systèmes de santé du Canada et sur la santé des Canadiens. La santé mentale et les dépendances est l’un des thèmes prioritaires de l’ICIS, comme décrit dans notre plan stratégique.

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