Le 18 décembre 2018— De nouvelles données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) révèlent une différence significative entre la transplantation et la dialyse sur le plan des résultats pour les patients au stade terminal de l’insuffisance rénale (STIR). Une analyse décennale des résultats montre que 16 % des Canadiens en dialyse survivent plus de 10 ans, alors que 74 % des Canadiens ayant subi une transplantation rénale ont un rein encore fonctionnel après 10 ans. Les résultats, tant pour la transplantation rénale que pour la dialyse, se sont améliorés dans la dernière décennie.

L’âge, l’état de santé général et la cause du STIR influencent les résultats de façon significative. Les jeunes patients obtiennent généralement de meilleurs résultats que les patients âgés, quel que soit le traitement. Selon les données :

  • 51 % des Canadiens de 18 à 44 ans qui commencent la dialyse survivent plus de 10 ans, comparativement à 12 % pour les 65 à 74 ans. 
  • Jusqu’à 80 % des 18 à 44 ans et jusqu’à 64 % des plus de 65 ans au Canada ont un rein encore fonctionnel 10 ans après la transplantation.
  • Un rein provenant d’un donneur vivant fonctionne généralement plus longtemps qu’un rein provenant d’un donneur décédé.

Les résultats pour les receveurs d’une transplantation sont liés à la survie des organes greffés, tandis que les résultats des traitements par dialyse sont liés au taux de survie des patients; la distinction entre ces deux types de résultats est importante. Lorsque le rein transplanté cesse de fonctionner normalement, le patient peut se tourner vers la dialyse. Le patient qui dépend de la dialyse ne peut envisager aucun autre traitement, et pourrait ne pas être admissible à une transplantation ou en recevoir une à temps.

La transplantation, un don de vie

Donna Fleming de Toronto, Ontario, née avec un seul rein fonctionnel, a subi une transplantation en 1973 à l’âge de 16 ans. Elle a reçu des traitements par dialyse avant sa transplantation et 45 ans plus tard, soit en mai 2018, elle a commencé la dialyse nocturne, qui l’oblige à passer 3 nuits par semaine à la clinique.

« Après avoir joui d’une très bonne santé pendant 45 ans grâce à ma transplantation rénale, retourner à la dialyse a été une des choses les plus difficiles que j’ai eues à faire dans ma vie. Heureusement, nous avons la dialyse pour nous garder en vie jusqu’à la prochaine transplantation, peu importe le temps que ça prend. »

— Donna Fleming, receveuse d’une transplantation rénale

Donna Fleming subit actuellement des examens devant déterminer si sa santé est suffisamment stable pour qu’elle reçoive une seconde transplantation.

Le STIR en hausse constante au Canada

Le Canada (à l’exclusion du Québec) compte plus de 38 800 personnes au STIR, ce qui représente une hausse de 35 % depuis les 10 dernières années. 1 771 transplantations rénales ont été réalisées au pays en 2017. À la fin de l’année, 3 253 Canadiens attendaient une transplantation rénale. 

« Pour les Canadiens au stade terminal de l’insuffisance rénale, la transplantation rénale présente plusieurs avantages. Elle offre un meilleur taux de survie et une meilleure qualité de vie que la dialyse. Du point de vue du système de santé, la transplantation rénale peut être plus rentable que la dialyse à long terme. Mais le nombre croissant de Canadiens qui ont besoin d’un nouveau rein et le manque de donneurs d’organes font en sorte que certains patients ne recevront jamais de transplantation. »

— Greg Webster, directeur, Services d’information sur les soins ambulatoires et de courte durée, ICIS

De 2008 à 2017, le taux de dons d’organes de personnes décédées a augmenté de 51 %. Il s’agit là d’une tendance encourageante, surtout qu’un donneur décédé peut fournir jusqu’à 8 organes. Toutefois, les données de l’ICIS montrent qu’en moyenne, les reins provenant de donneurs vivants fonctionnent plus longtemps. De 2008 à 2017, le taux de dons d’organes de personnes vivantes — par exemple d’un rein ou d’un foie partiel — a diminué de 11 %.

Les dons d’organes en chiffres

La publication annuelle du Registre canadien des insuffisances et des transplantations d’organes de l’ICIS donne de l’information sur tous les dons d’organes pour une transplantation rénale, cardiaque, pulmonaire, hépatique, pancréatique et intestinale. Voici les points saillants de 2017 :

  • 2 930 transplantations ont été réalisées — 95 de plus que l’année précédente.
  • Il y a eu 803 donneurs d’organes décédés au Canada — 43 de plus qu’en 2016. On a dénombré par ailleurs 535 donneurs vivants — 9 de moins qu’en 2016.
  • Il y a toujours pénurie d’organes au Canada : 4 333 patients sont en attente d’une transplantation.
  • 242 Canadiens en attente d’une transplantation d’organe sont décédés.

Les systèmes de santé canadiens comptent sur le don d’organes pour sauver la vie de ceux qui en ont besoin. La publication des données de l’ICIS sur les dons d’organes rappelle à tous les Canadiens qui souhaitent devenir donneurs l’importance de s’inscrire dans les registres et de faire connaître leur volonté à leurs proches. Découvrez comment devenir donneur.

À propos de l’ICIS

L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) est un organisme autonome sans but lucratif qui fournit de l’information essentielle sur les systèmes de santé du Canada et sur la santé des Canadiens.

Nous fournissons des données et une information comparables et exploitables qui favorisent une amélioration rapide des soins de santé, de la performance des systèmes de santé et de la santé de la population dans tout le Canada. Nos intervenants utilisent dans leurs processus décisionnels notre vaste gamme de bases de données, de mesures et de normes sur la santé, en parallèle avec nos rapports et analyses fondés sur des données probantes. Soucieux de protéger la vie privée des Canadiens, nous assurons la confidentialité et l’intégrité des renseignements sur la santé que nous fournissons.

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