Le 17 décembre 2019  — 

Selon les données publiées par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), la part des dépenses publiques consacrée aux médicaments onéreux continue d’augmenter au Canada. 

En 2018, 40 % des dépenses des régimes publics d’assurance médicaments étaient attribuables à seulement 2 % des bénéficiaires. De ces bénéficiaires, 3 sur 5 utilisaient une pharmacothérapie coûtant 10 000 $ ou plus par année. Dans la plupart des cas, il s’agissait d’un médicament antiviral contre l’hépatite CReference1 ou d’un médicament biologique utilisé pour traiter des affections telles que la polyarthrite rhumatoïde et la maladie de Crohn. 

Les dépenses globales augmentent, mais certaines catégories de médicaments font exception

Les dépenses publiques en médicaments se sont élevées à 14,5 milliards de dollars en 2018, soit 7 % de plus que l’année précédente. Environ la moitié de cette hausse est attribuable aux modifications apportées au Programme de médicaments de l’Ontario. En janvier 2018, le gouvernement de cette province a élargi l’admissibilité à tous les Ontariens de 24 ans et moinsReference2. Lorsqu’on exclut ces nouveaux bénéficiaires de l’Ontario, les dépenses au pays ont augmenté d’environ 3 %.

Les dépenses liées aux inhibiteurs de protéines kinasesReference3 — médicaments souvent utilisés pour traiter différents types de cancer — ont connu la plus forte hausse, atteignant 421,7 millions de dollars en 2018. Ces dépenses ont presque triplé depuis 5 ans. Les 3 hausses les plus importantes visaient des médicaments dont le coût annuel moyen s’élève à 10 000 $ ou plus.

Les économies réalisées grâce aux médicaments génériques et aux réductions de prix négociées par l’Alliance pancanadienne pharmaceutique (APP) ont continué à contrebalancer en partie la hausse des dépenses. De plus, les dépenses liées aux médicaments d’usage courant, tels que ceux utilisés dans le traitement de l’hypertension artérielle, de l’insuffisance cardiaque, de l’hypercholestérolémie et du reflux gastro-œsophagien, ont considérablement diminué. 

L’utilisation des médicaments génériques est demeurée élevée. Toutefois, l’adoption des biosimilaires s’est révélée beaucoup plus faible, n’atteignant que 12 % là où ces médicaments étaient disponibles. Un médicament biosimilaire est une substance très semblable au médicament biologique de référenceReference4. Il est commercialisé une fois le brevet sur ce dernier expiré. Jusqu’à présent, l’adoption des biosimilaires est plus lente au Canada que dans certains pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Dépenses en médicaments : autres points saillants

  • En 2018, 28 % des Canadiens (y compris 79 % des personnes âgées) ont reçu des indemnisations au titre d’un régime public d’assurance médicaments.
  • Parmi les personnes dont les indemnisations s’élevaient à 10 000 $ ou plus, une sur 4 prenait au moins 15 catégories de médicaments.
  • Les médicaments utilisés pour traiter des affections telles que la polyarthrite rhumatoïde et la maladie de Crohn représentaient, pour la septième année consécutive, la plus importante part des dépenses (8 %), suivis des médicaments antiviraux contre l’hépatite C (5 %).
  • Les dépenses consacrées à l’ensemble des opioïdes ont connu une baisse, passant de 281,1 millions de dollars en 2017 à 265,2 millions de dollars en 2018. Cette baisse s’explique en grande partie par le recul du nombre de nouveaux utilisateurs d’opioïdes et de personnes qui prennent des opioïdes à long terme.

Citation

La part des dépenses publiques consacrée aux médicaments onéreux continue d’augmenter. Même si les nouveaux médicaments et la hausse de l’utilisation des médicaments en général stimulent les dépenses, certains facteurs tels que les politiques de tarification et une adoption accrue des biosimilaires pourraient permettre de réaliser des économies. Il sera important de continuer à surveiller ces tendances. Il faut également se rappeler qu’une hausse des dépenses en médicaments peut entraîner des économies dans d’autres secteurs de dépenses de santé. Michael Gaucher, directeur, Services d’information sur les produits pharmaceutiques et la main-d’œuvre de la santé

À propos de l’ICIS

L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) est un organisme autonome sans but lucratif qui fournit à tous les Canadiens de l’information essentielle sur la santé.

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Références

1.
Retour à la référence 1 dans le texte
Les dépenses consacrées aux antiviraux visant à traiter l’hépatite C à l’Île-du-Prince-Édouard ne sont pas incluses dans l’analyse.
2.
Retour à la référence 2 dans le texte
Le 1er avril 2019, le gouvernement de l’Ontario a apporté des modifications à l’Assurance-santé Plus, qui s’adresse désormais aux résidents de 24 ans et moins qui ne sont pas couverts par un régime privé.
3.
Retour à la référence 3 dans le texte
Les dépenses consacrées aux médicaments contre le cancer en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique ne sont pas financées par des régimes publics d’assurance médicaments et ne sont pas incluses dans l’analyse. Les dépenses liées aux inhibiteurs de protéines kinases dans ces provinces sont sous-estimées.
4.
Retour à la référence 4 dans le texte
Les médicaments biologiques sont des produits provenant de sources vivantes.