Bien qu’on porte toujours un certain intérêt à la mise en œuvre d’une classification internationale des interventions pour accompagner la CIM-10, particulièrement dans les pays plus petits, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient tout juste de commencer à mettre à l’essai une classification internationale des interventions en santé (CIIS) qui contient environ 600 codes. La révision d’initiatives et de la documentation internationales indique que l’application de classifications des interventions varie grandement d’un pays à l’autre. La disponibilité et l’évolution rapide de la technologie varient aussi selon le pays. Ce facteur engendre le besoin d’effectuer une mise à jour constante des normes de classification afin de s’assurer qu’elles sont toujours pertinentes et utiles. Par conséquent, de nombreux pays élaborent une ou plusieurs classifications des interventions pour divers milieux. Ce fait souligne l’importance de mettre au point une nouvelle classification des interventions qui réponde aux besoins des Canadiens et dont la mise à jour nécessaire est effectuée par des Canadiens afin de refléter les progrès médicaux et de la technologie. L’ICIS a entrepris cette tâche dans le cadre de son mandat lié à la gestion et au maintien en œuvre de normes nationales d’information sur la santé.

Portée et contenu améliorés

Lorsque l’on a créé la CCA dans les années 1970, on l’a conçue pour l’utiliser principalement dans les milieux de soins de courte durée pour les patients hospitalisés. Sa portée penche nettement en faveur des interventions chirurgicales. De plus, on n’assurait pas la classification des interventions diagnostiques et thérapeutiques, particulièrement celles pratiquées par le personnel non médical.

La nouvelle CCI fournit une étendue globale des interventions qui tient compte de la large gamme de dispensateurs et des diverses applications possibles dans le continuum des services de soins de santé.

La structure de la CCA actuelle et celle de la section sur les interventions de la ICD-9-CM sont relativement peu flexibles et empêchent la mise à jour complète de la classification qui permettrait d’y intégrer de nouvelles interventions et techniques. Au cours des dernières années, on a commencé à pratiquer de plus en plus de protocoles opératoires de façon effractive minimale, au moyen d’approches endoscopiques ou de lasers, par exemple. De tels progrès techniques signifient que l’on peut maintenant pratiquer un plus grand nombre d’interventions comme chirurgies d’un jour plutôt que comme hospitalisations, ce qui entraîne des changements dans les ressources utilisées. Le manque d’espace dans la structure de codification existante entrave la saisie systématique de ce détail. La CCI identifie ce type d’information. Elle comprend également des améliorations et des ajouts considérables dans le secteur des services diagnostiques et thérapeutiques.

Structure et présentation

En 1993, Statistique Canada et le Hospital Medical Records Institute (l’un des organismes fondateurs de l’ICIS) ont examiné les meilleures façons d’aborder l’ensemble de la structure de codification de la nouvelle classification. On a finalement adopté une approche qui comportait l’utilisation d’un préfixe pour définir les grands types d’interventions (p. ex. diagnostiques, thérapeutiques). Ce préfixe fait partie intégrante de chaque code d’intervention.

Cette approche présente l’avantage de permettre le développement et la publication des sections et des modules de la classification indépendamment des autres tout en conservant l’uniformité de l’ensemble de la structure de codification.

En raison du niveau de précision supplémentaire de la CCI (plus de 18 000 codes, comparativement à 4 000 dans la CCA), on fournit la possibilité de faire des recherches électroniques pour en faciliter l’utilisation. Sa structure hiérarchique intégrée permet aussi l’agrégation et l’analyse des données à un niveau difficile à atteindre avec les classifications précédentes.

Élaboration et validation

L’élaboration de l’ébauche de la classification, qui a commencé au début de 1996, s’est terminée à la fin de 1997. On a révisé diverses sections de la classification pour faire suite aux commentaires reçus au cours d’un processus de révision externe. Ce processus de révision incluait divers utilisateurs ou parties intéressées, y compris les cliniciens, le personnel chargé des dossiers de santé, les gouvernements et les chercheurs.

De plus, on a formé un groupe consultatif national pour fournir plus de directives à l’équipe de projet de la CCI et on a tenu un certain nombre de forums de discussion et de rencontres avec différents groupes de professionnels de la santé. Ces forums ont fourni des conseils sur l’élaboration de la CCI, en assurant que la classification réponde aux besoins des utilisateurs en matière d’information, ce qui comprend la gestion de l’utilisation, des révisions de la qualité et la recherche.