Les dépenses de santé des gouvernements provinciaux et territoriaux
devraient croître de 3,1 % — la plus faible hausse depuis 1997

Quoi : Tendances des dépenses nationales de santé, 1975 à 2012


Le 30 octobre 2012 — Le total des dépenses de santé devrait s’élever à 207 milliards de dollars en 2012, environ 5 948 $ par habitant. Le rapport Tendances des dépenses nationales de santé, 1975 à 2012, publié aujourd’hui par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), montre que la croissance est en baisse.

La faible croissance économique et les déficits budgétaires ont un effet modérateur. Pour la troisième année consécutive, la croissance des dépenses sera inférieure à celle de l’économie. La portion du produit intérieur brut (PIB) du Canada consacrée à la santé sera de 11,6 % cette année, représentant une baisse par rapport au ratio de 11,7 % enregistré en 2011 et au sommet inégalé de 11,9 % atteint en 2010.

« Les gouvernements provinciaux et territoriaux mettent présentement l’accent sur le contrôle des coûts des soins de santé », explique John Wright, président-directeur général de l’ICIS. « Plutôt que de couper des programmes, comme par le passé, ils cherchent maintenant à augmenter la productivité, à réduire les coûts généraux, à contrôler la rémunération et à mettre en place des initiatives rentables. »

Ralentissement de la croissance des dépenses consacrées aux hôpitaux, médicaments et médecins

Les hôpitaux (29,2 %), les médicaments (15,9 %) et les services dispensés par les médecins (14,4 %) représentent toujours la majeure partie des dépenses de santé.

La rémunération du personnel de santé est l'un des principaux facteurs d'accroissement des dépenses consacrées aux hôpitaux et aux médecins. Les hausses de rémunération, en raison d'une plus forte demande et d'un plus grand nombre de travailleurs hospitaliers et de médecins, ont contribué à cette croissance au cours des 10 dernières années. Les gouvernements ont priorisé le contrôle des dépenses liées aux services des professionnels et à l'évolution des champs de pratique. En 2012, la hausse des dépenses consacrées aux hôpitaux sera de 3,1 %, alors que celle des dépenses consacrées aux médecins sera de 3,6 %. Il s'agit des taux de croissance les plus faibles depuis la fin des années 1990.

Le taux de croissance des dépenses consacrées aux médicaments ralentira et sera de 3,3 % en 2012, par rapport à 4 % en 2011. Il est d'ailleurs en baisse depuis 10 ans, ce qu'on peut sans doute attribuer au fait que depuis, peu de nouveaux médicaments ont été mis en marché. Les brevets de plusieurs médicaments de marque sont arrivés à échéance et les provinces et territoires ont commencé à contrôler le prix des médicaments génériques.

« Quelques provinces et territoires, aux prises avec le contrôle de leurs dépenses de santé, se concentrent sur la rémunération », explique Jean-Marie Berthelot, vice-président, Programmes, ICIS. « La gestion des dépenses passe nécessairement par d'autres initiatives, comme les projets d'optimisation visant à accroître l'efficacité de la prestation des soins et la modification des politiques régissant le coût des médicaments génériques. »

Variations des dépenses de santé des gouvernements provinciaux et territoriaux

Les dépenses provinciales et territoriales de santé combinées devraient atteindre 135 milliards de dollars en 2012, ce qui représente 65 % du total des dépenses de santé au pays. Elles continuent de varier d'un bout à l'autre du pays : les dépenses par habitant de Terre-Neuve-et-Labrador et de l'Alberta devraient être les plus élevées, soit de 5 190 $ et 4 606 $, respectivement, et celles du Québec et de la Colombie-Britannique les plus faibles, soit de 3 513 $ et 3 690 $.

« Les différences quant aux besoins de la population en matière de santé, à la structure du système de santé et à la rémunération des professionnels de la santé peuvent avoir une incidence sur les dépenses de santé des provinces et territoires. », précise M. Berthelot.

Bien que le vieillissement de la population soit d'une importance modérée pour ce qui est de l'accroissement des dépenses, il a représenté 0,9 % de la croissance annuelle moyenne des dépenses de santé de 2000 à 2010. Ses répercussions ont varié d'une province à l'autre, et de façon plus notable dans celles de l'Atlantique et au Québec qu'en Ontario et dans les provinces de l'Ouest.

En 2011, la dernière année pour laquelle les données sont disponibles, les soins de santé se chiffraient à environ 38 % des dépenses des gouvernements provinciaux et territoriaux, une proportion relativement stable depuis plus de cinq ans. Cependant, en 2011, cette proportion a varié d'une province à l'autre, passant de 30,1 % au Québec et 35,8 % en Saskatchewan à 44,3 % au Manitoba et 47,9 % en Nouvelle-Écosse.

Au cours de la dernière décennie, les dépenses de santé par habitant des gouvernements ont augmenté en moyenne de 5 % par année. En 2012, les taux de croissance provinciaux iront toutefois de 4,9 % à l'Île-du-Prince-Édouard et 4,1 % à Terre-Neuve-et-Labrador à 0,7 % au Nouveau-Brunswick et 1,2 % en Ontario.

Autres faits saillants

  • Les décideurs du système de santé auront la difficile tâche de déterminer les meilleures façons de fournir des soins aux aînés. Ils devront entre autres assurer l’accessibilité, la pertinence, la qualité des soins, et leurs coûts. En 2010, la dernière année pour laquelle on dispose de données réparties par groupes d’âge, les dépenses de santé par habitant consacrées aux personnes âgées ont augmenté selon l’âge : 6 223 $ pour les personnes de 65 à 69 ans, 8 721 $ pour celles de 70 à 74 ans, 12 050 $ pour celles de 75 à 79 ans et 20 113 $ pour celles de 80 ans ou plus.

  • Depuis plus de 10 ans, le secteur public représente environ 70 % du total des dépenses de santé et le secteur privé, 30 %.

  • Parmi les 30 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dont les systèmes comptables étaient comparables en 2010, soit la dernière année pour laquelle on dispose de données, les États-Unis occupaient toujours le premier rang quant aux dépenses de santé par habitant (8 233 $ US). Le Canada figurait dans le quartile supérieur des pays à ce chapitre, affichant des dépenses (4 445 $ US) similaires à celles de plusieurs autres pays membres de l’OCDE, notamment le Danemark (4 464 $ US), l’Autriche (4 395 $ US) et l’Allemagne (4 338 $ US).

 


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Figures

Figure 1

Dépenses totales de santé, Canada, de 1975 à 2012 (figure 1 du rapport)

Figure 2

Total des dépenses de santé, taux de croissance annuelle en dollars constants de 1997, Canada, de 1976 à 2012 (figure 2 du rapport)

Figure 3

Total des dépenses de santé par habitant, Canada, de 1975 à 2012 (figure 5 du rapport)

Figure 4

Total des dépenses de santé en pourcentage du produit intérieur brut, Canada, de 1975 à 2012 (figure 7 du rapport)

Figure 5

Dépenses totales de santé par habitant, en dollars américains, 30 pays sélectionnés, 2010 (figure 44 du rapport)


À propos de l’ICIS

L’ICIS recueille de l’information sur la santé et les soins de santé au Canada, l’analyse, puis la rend accessible au grand public. L’ICIS a été créé par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en tant qu’organisme autonome sans but lucratif voué à la réalisation d’une vision commune de l’information sur la santé au Canada. Son objectif : fournir de l’information opportune, exacte et comparable. Les données que l’ICIS rassemble et les rapports qu’il produit éclairent les politiques de la santé, appuient la prestation efficace de services de santé et sensibilisent les Canadiens aux facteurs qui contribuent à une bonne santé.