Le 19 septembre 2018 — La plupart des Canadiens (75 %) souhaitent mourir chez eux, et selon un nouveau rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), les personnes qui ont accès à des soins palliatifs à domicile durant leur dernière année de vie sont 2,5 fois plus susceptibles de voir cette volonté respectée.

Les données du rapport Accès aux soins palliatifs au Canada indiquent également que les Canadiens en phase terminale qui reçoivent des soins palliatifs précoces sont moins susceptibles de visiter les unités de soins intensifs et le service d’urgence.

« Nos données révèlent que l’intégration précoce des soins palliatifs, en particulier à domicile, peut améliorer la qualité de vie des personnes atteintes d’une maladie qui limite l’espérance de vie. Elle leur apporte un soutien durant leurs derniers jours à l’endroit où elles se sentent le plus à l’aise. »

— Kathleen Morris, vice-présidente, Recherche et Analyse.

Le confort en soins palliatifs

Les soins palliatifs désignent les traitements et les services destinés à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes d’une maladie qui limite leur espérance de vie (p. ex. cancer à un stade avancé, insuffisance organique ou maladie dégénérative) et celle de leur famille. Ils sont plus efficaces lorsqu’ils sont offerts par une équipe intégrée de spécialistes (médecins, personnel infirmier, travailleurs sociaux, etc.) et qu’ils comprennent différents volets, tels que le soulagement de la douleur, et le soutien psychologique et spirituel.

Bien qu’on estime que jusqu’à 89 % des Canadiens pourraient bénéficier des soins palliatifs durant leur dernière année de vie, seulement 15 % des personnes décédées en 2016-2017 ont reçu des soins palliatifs à domicile financés par le secteur public (d’après les données de l’Ontario et de l’Alberta uniquement).

Lorsqu’ils sont offerts au bon moment, les soins palliatifs peuvent améliorer la qualité de vie des personnes en phase terminale et des membres de leur famille en réduisant leur stress et en les soulageant.

« J’étais étonnée de voir à quel point ces soins sont réconfortants, raconte Ing Wong-Ward, une Torontoise de 45 ans atteinte d’un cancer du côlon inopérable. Tout à coup, nous avions l’impression de reprendre le contrôle de la situation. Depuis longtemps, les crises se succédaient en montagnes russes. Puis soudainement, j’étais assise dans un bureau avec quelqu’un qui, pendant une heure, m’a écoutée parler de mes préférences, de mes objectifs, d’où j’en étais rendue. En gros, elle m’a expliqué que son travail consistait à me guider pendant la période la plus difficile de ma vie. Au bout du compte, ça m’a vraiment rassurée. »

Même si le récit d’Ing Wong-Ward illustre l’importance de l’intégration précoce des soins palliatifs, les soins dispensés varient d’une province, d’un territoire ou d’une région à l’autre, ce qui entraîne une variation de l’expérience des Canadiens. Pour certains mourants et leurs proches, cette expérience peut être particulièrement pénible.

En bref

Il s’agit du premier rapport complet de l’ICIS sur l’accès aux soins palliatifs dans l’ensemble des milieux de soins. Il fournit des renseignements de base sur ce que nous savons au sujet des services de soins palliatifs reçus durant la dernière année de vie.

Entre autres points saillants, les données révèlent ce qui suit :

  • Peu de Canadiens (15 %) profitent d’un accès précoce aux soins palliatifs dans la collectivité.
  • Pour 62 % des Canadiens qui ont reçu des soins palliatifs, ces derniers ont été dispensés uniquement dans un hôpital de soins de courte durée et surtout durant leur dernier mois de vie.
  • Près de la moitié (47 %) des patients en soins palliatifs dans les hôpitaux canadiens qui attendaient un transfert vers un milieu plus approprié (centre de soins palliatifs résidentiels ou domicile avec soutien) sont décédés entre-temps.
  • Les Canadiens atteints du cancer sont 3 fois plus susceptibles de recevoir des soins palliatifs que ceux qui sont atteints d’autres types d’affections, même si les bienfaits des soins palliatifs sont reconnus pour les personnes atteintes entre autres d’insuffisance cardiaque, de démence et de maladies pulmonaires obstructives chroniques.
  • Les Canadiens de 45 à 74 ans sont plus susceptibles de recevoir des soins palliatifs que les adultes plus jeunes ou plus âgés.
  • Au Canada, 3 médecins de soins primaires sur 5 ne se sentent pas assez bien préparés pour aider les personnes ayant besoin de soins palliatifs.

À propos de l’ICIS

L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) est un organisme autonome sans but lucratif qui fournit de l’information essentielle sur les systèmes de santé du Canada et sur la santé des Canadiens.

Nous fournissons des données et une information comparables et exploitables qui favorisent une amélioration rapide des soins de santé, de la performance des systèmes de santé et de la santé de la population dans tout le Canada. Nos intervenants utilisent dans leurs processus décisionnels notre vaste gamme de bases de données, de mesures et de normes sur la santé, en parallèle avec nos rapports et analyses fondés sur des données probantes. Soucieux de protéger la vie privée des Canadiens, nous assurons la confidentialité et l’intégrité des renseignements sur la santé que nous fournissons.

Ce rapport cadre avec l’engagement de l’ICIS, conformément à son plan stratégique, à améliorer l’information sur les enjeux touchant les personnes âgées au pays.

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