Un rapport présente de nouvelles mesures de la performance du système de santé pour ce qui est des services de santé mentale
Le 8 juin 2011 — Selon un nouveau rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), en 2009-2010, environ 17 500 Canadiens, ou 45 personnes par jour, ont été admis à l’hôpital après une tentative de suicide ou après s’être volontairement infligé une blessure.
Le rapport Indicateurs de santé 2011 montre qu’en 2009-2010, la méthode la plus courante de blessure auto-infligée menant à une hospitalisation était l’intoxication (85 %), suivie par la coupure ou le perçage (10 %) et la suffocation (2 %).
Les jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans sont celles qui ont le plus tendance à s’infliger des blessures. Le taux d’hospitalisation à la suite d’une blessure auto-infligée chez les femmes de ce groupe d’âge était de plus de 140 sur 100 000, soit plus que le double du taux chez les hommes de la même catégorie d’âge. Toutefois, les hommes étaient trois fois plus susceptibles de mourir de blessures auto-infligées. En 2007, 16 hommes sur 100 000 sont décédés à la suite de blessures auto-infligées, en comparaison avec 5 femmes sur 100 000.
« Les taux de blessures auto-infligées peuvent être perçus comme étant un indicateur de l’accès aux soins communautaires », a affirmé Kira Leeb, directrice, Performance du système de santé, à l’ICIS. « Malgré le fait que le suicide et les comportements d’automutilation sont très complexes, ils sont considérés comme étant grandement évitables lorsque des stratégies d’intervention communautaires efficaces et accessibles sont mises en place. Les renseignements qui peuvent servir à mieux déterminer et comprendre quels groupes sont le plus à risque pour ce qui est de la blessure auto-infligée peuvent nous aider à établir des stratégies de prévention ciblées. »
Les taux de blessures auto-infligées, variables d’une région à l’autre du pays, étaient plus élevés dans les territoires que dans les provinces. Le rapport de l’ICIS montre que pour la plupart (70 %) des hospitalisations à la suite d’une blessure auto-infligée, le patient avait aussi un diagnostic de maladie mentale. Les troubles de l’humeur ont été responsables d’environ un quart (23 %) de ces diagnostics, suivis des troubles de toxicomanie (12 %) et des troubles anxieux (11 %).
Le rapport de l’ICIS met aussi en lumière les mesures de la performance par rapport aux services de santé mentale. En 2009-2010, environ une hospitalisation sur neuf (11,4 %) en raison d’une maladie mentale a été suivie d’une réadmission dans les 30 jours suivant la sortie. Pour les besoins de cette étude, la maladie mentale comprend les troubles anxieux, les troubles de l’humeur, les troubles de personnalité, la schizophrénie et les troubles liés à la consommation de drogues, d’alcool et d’autres substances.
« Les indicateurs liés à la santé mentale ne nous renseignent pas seulement sur l’utilisation des services hospitaliers en général, mais aussi sur l’accès élargi aux soins et au soutien dans l’ensemble du système », explique Chantal Couris, chercheure principale, Performance du système de santé, à l’ICIS. « Les taux de réadmission, par exemple, sont des mesures de la coordination et de la continuité des services de santé mentale. Les réadmissions ne peuvent pas toutes être évitées, mais le fait de s’assurer que des services communautaires sont offerts aux personnes qui quittent l’hôpital peut aider à éviter les hospitalisations successives des personnes vivant avec une maladie mentale. »
Deux réadmissions sur cinq (41 %) en santé mentale se sont produites dans les 7 jours suivant la sortie, et environ les deux tiers (64 %) ont eu lieu dans les 14 jours. La réadmission était plus probable lorsque la cause de l’hospitalisation initiale était la schizophrénie (13,2 %) ou un trouble de la personnalité (13,1 %) que lorsqu’il s’agissait d’un trouble anxieux (8,9 %). Dans les régions où des données complètes du service d’urgence étaient disponibles, au moins 70 % des réadmissions étaient précédées d’une visite au service d’urgence.
L’étude de l’ICIS porte en outre sur le nombre de personnes qui ont été hospitalisées trois fois ou plus par année en raison d’une maladie mentale. En 2008-2009, environ un patient hospitalisé en raison d’une maladie mentale sur neuf (11 %) a été hospitalisé plusieurs fois sur une période de 12 mois. Ces patients représentaient 28 % de toutes les hospitalisations en santé mentale et 27 % du nombre total de jours-patients.
« Cette attention portée sur les indicateurs liés à la santé mentale indique une occasion d’examiner des façons d’améliorer le système actuel de santé mentale au Canada. », déclare Carol Adair, professeure agrégée adjointe aux départements de psychiatrie et des sciences de la santé communautaire de l’Université de Calgary. « Le fait de s’assurer que la transition de l’hôpital à des services de soins et de soutien communautaires efficaces s’effectue sans heurts aidera ces personnes à rester à l’écart des hôpitaux et à atteindre une qualité de vie et un niveau de santé mentale optimaux. »
Le rapport annuel Indicateurs de santé de l’ICIS, produit en collaboration avec Statistique Canada, présente plus de 40 mesures comparables de la santé et de la performance du système de santé selon la région sanitaire, la province et le territoire. Le rapport présente pour la première fois cette année une section sur la santé mentale, notamment de nouveaux indicateurs de la performance qui fournissent de l’information sur le système de santé mentale au Canada. Il contient des exemples d’autres indicateurs, dont les mesures de la performance associées aux soins cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux, les taux de césariennes et les mesures de l’état de santé.
Benoit Laplante
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